De l’obligation d’être masqué dans une République qui interdit de l’être

Politiquement, depuis quelques semaines, il se passe vraiment des choses extraordinaires en France. L’une d’entre elle, qui me concerne de très près et m’amuse énormément, c’est le changement radical de paradigme concernant l’approche du visage. L’injonction républicaine, pesante et omniprésente, à avoir le visage découvert , est en passe d’être abandonnée pour l’injonction à avoir le visage masqué. L’obligation du visage couvert est en train de se substituer à l’obligation d’avoir un visage découvert ! « La République à visage découvert », leitmotiv incluant une idéologie laïque clairement islamophobe et anti black blocs, va être remplacée par « la République à visage masqué »!

Du fait de la loi de 2010, j’étais jusqu’à présent illégal dans l’espace public français, je précise français, car en Europe, ce n’était nullement le cas en Allemagne en Italie en Espagne ou en Angleterre; pays où je suis allé régulièrement; loi de 2010 stipulant l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. Loi et mesures répressives approfondies et aggravées avec de nouvelles lois en 2018 pénalisant et criminalisant encore davantage les personnes transgressant cette règle. J’ai été souvent poursuivi et menacé par des agents des forces de l’ordre pour cette raison, jusqu’à vivre dans une peur quasi permanente de croiser la police, dès que je sortais.

Depuis la crise du coronavirus, le gouvernement français se débat avec cette histoire politique et répressive complexe, toujours fort encombrée avec le masque, allant même jusqu’à recommander, au coeur de la crise, de ne pas en mettre, pour justifier l’absence criminelle de matériel disponible, mais aussi peut-être parce que certains de ses membres sont désemparés devant l’obligation d’opérer un changement de paradigme législatif. Comment encourager, voire obliger de porter un masque, alors qu’on ne cesse depuis des années de poursuivre de traquer et de verbaliser les citoyen·ne·s pour qu’iels ne portent rien qui cache leur « visage » ?!

C’est vrai que nos législateurs doivent se sentir proches d’une forme de schizophrénie angoissante, devant à la fois soutenir cette loi, maintenir son implacable et horrible slogan « la République se vit à visage découvert » et se préparer dans le même même temps à soutenir que le port du masque est obligatoire. Alors on tente d’inventer pour cela des noms ou de nouveaux slogans, comme « le masque grand public » ou « Aux masques citoyens! » L’obligation du port du masque dans l’espace public est en effet imminente : L’assemblée Nationale de Médecine a écrit un rapport le recommandant dès maintenant, dont voici un extrait :

« Malgré l’évidente nécessité d’une telle mesure, malgré son acceptabilité attestée par l’anticipation de nombreuses personnes qui ne sortent que masquées, des objections de principe retardent sa mise en œuvre et favorisent la persistance d’une transmission du virus dans la communauté. Restreindre le port du masque dans les seuls transports en commun, c’est négliger tous les espaces publics où le risque demeure. Subordonner cette obligation à la fourniture gratuite de masques par l’État, c’est conforter la population dans une situation d’assistance et de déresponsabilisation. Enfin, attendre la date du 11 mai pour faire porter le masque aux Français, c’est accorder 3 semaines de répit au SARS-CoV-2 pour qu’il continue de se transmettre, c’est accepter plusieurs milliers de nouvelles infections, donc plusieurs centaines d’hospitalisations et plusieurs dizaines de morts supplémentaires. »

J’avais pris l’habitude de sortir muni de mon drapeau protestateur, où figure la loi de 2010 stipulant l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. Ci-dessous, c’était à Paris, lors de la Marche pour la dignité et contre les violences policières en 2017, photographié par Chill okubo.

Par provocation ou esprit contestataire et self defense, je crois qu’au moment du déconfinement je vais le sortir quand même, juste pour semer le trouble, ou le doute, dans l’esprit des fonctionnaires de police.

Peut-être même que le happening en sera encore plus intéressant !?

À DORA

À DORA adoré.e à la troisième personne du passé simple je te connais presque depuis que je suis né à la première personne du passé composé. Tu as quitté la planète terre alors que la super lune éclairait le monde. Tu as quitté la planète terre alors que le monde baignait dans cette lumière surnaturelle qui abolissait les frontières du jour et de la nuit. Tu as commencé un voyage interstellaire déconfiné en nous laissant toutes confinée·e·s et abasourdi·e·s de ta disparition. Les 7, 8 et 9 avril la planète terre était illuminée d’une lumière céleste ardente et mystérieuse qui a fait éclater durablement les limites et les frontières mortifères de notre confinement.Tu es partie le mercredi 9 avril. Tu es partie alors qu’il n’y avait plus de nuit. J’ai commencé à écrire ce texte le jour de ta mort, je n’ai pas réussi à le finir, j’ai vu depuis d’incroyables photos que tes proches ont publiées de toi et puis j’ai lu le post de Crame qui lui aussi parle de la lune et se demande si tu l’as vue avant de mourir. J’ai eu envie de t’écrire et de rassembler mes souvenirs, minuscules fragments de mémoire de soirées et de dancefloors, qui au fil des lignes et des années forment une topographie nocturne

FAMILY QUEER

Tu dessinais et j’aimais beaucoup tes dessins, que tu publiais sur ton site internet. Je les ai à mon tour publiés sur mon blog en 2012. J’aimais particulièrement celui-ci, son enfance et sa joie sauvage, petit groupe que j’ai eu envie de baptiser Family queer. Je m’y reconnaissais, je t’y reconnais, à gauche, et je reconnaissais notre famille queer. Quand je t’ai demandé en 2016 si tu dessinais encore tu m’as dit que non que tu ne supportais plus bien ton crayon. Parce que moi je l’aimais, je republie la Family queer et ce coeur oeil fléché qui te va si bien.

Dora Diamant

CHEZ MOUNE , TRAVLATORS, c’est dans ce vieux et mythique club lesbien de Pigalle que nous nous sommes rencontré·e·s la première fois, en décembre 2011 et en janvier 2012, Guido Minisky y organisait des soirées mémorables, il invitait plein de queer et de gouines pour en organiser, et c’est là que je me suis lié et que j’ai rencontré ma communauté, qui s’est étendue de soirées en soirées et de dancefloor en dancefloor. A cette époque, la nuit je sortais uniquement à pieds et en velib, alors je restais très concentré autour de Pigalle, naviguant entre Chez Moune et La Wet For Me à la Machine du Moulin Rouge. Nous nous rencontrons avec les Travlators et les Travlators c’est une énergie incroyable, une poésie punk du dancefloor, une fête queer. À partir de ce moment là, je te rencontre et je te rencontrerai souvent plus tard avec Hélena avec Esmée avec Clara avec Tabata avec Léopold avec Yassin avec Clément avec Niz avec Pepi avec Jeremia avec Roger de La Société. Je te rencontre aussi avec Audrey/ AZF et Léonie, à la soirée Corps Versus Machine. Il y a là aussi Jasmin, Chill Okubo, Marie, Léa, Naila, future Parfait.e future binôme des Stéréotypes qu’elles vont fonder avec AZF.

Tu me plais immédiatement pour ta liberté et ton énergie. Tu me reconnais tout de suite sans jamais me poser de question. Il y a comme une évidence pour toi. Tu es et tu resteras cette personne mutante de Pigalle et de Château Rouge que je croise la nuit et qu’il m’arrive de voir aux terrasses des cafés, attablée à la Chope, ou dans la rue, dansant dans ce vieux bar vitrine aux escaliers transparents, à l’angle de la rue Poulet et de la rue de Clignancourt, dont j’ai oublié le nom.

FLASH-COCOTTE à l’ESPACE Pierre Cardin, c’est la soirée que je découvre en 2012, grâce à Léonie chez laquelle je rencontre un soir Anne-Claire, on doit être en février 2012, on revient de Chez Raymond club, je suis monté sur le scooter de Léonie sans casques et on est assez fiers de cette petite transgression. Anne-Claire me demande si je connais la Flash Cocotte. Je réponds que non. Elle m’y invite. La première fois que j’y vais c’est je crois le 13 juillet 2012, il fait très chaud et il tombe ce soir là une interminable pluie d’été, comme dans le film de Marguerite Duras au titre éponyme. Je tombe sous le charme et dans les bras de Clément Giraud qui se déclare mon fiancé, il m’adopte et me défend contre toutes les agressions. Comme Jasmin il me défend for Ever. Ces soirs là, je te croise, et je te verrai danser toutes les fois où je vais à la Flash Cocotte : déchaînée. Comme dans ce film de lovers réalisé par Stephane, où tu apparais, flamboyante à 1.42

SOCIAL-CLUB, HOUSE OF MODA / STEREOTYPES / TRAGEDY… le social club, c’est le nom disparu aujourd’hui du club où je te croise et je te vois dans tes apparitions splendides. Je me souviens d’avoir partagé avec toi une folle House of Moda de voguing avec Crame en jupette. En 2013. Une année avant, c’est là aussi que je rencontre pour la première fois Rebeka Warrior après une petite intervention de Sexy Sushi. Ce soir là aussi, pour la première fois je rencontre Chassol. À l’époque, il n’est pas encore très connu, il n’a pas encore sorti son album X-Pianos et commence à peine à mettre en jeu et en scène ce qui deviendra son identité, l’ultrascor. J’écoute en boucle Russian Kids que j’ai découvert sur son site, sa petite mélodie s’est infiltrée durablement dans mon esprit, alors je vais le voir sur le dancefloor et je lui chantonne la mélodie à l’oreille, il est étonné et heureux. Quand je le revois, il me dit qu’il a regretté n’avoir pas filmé mon petit chant murmure, que je fredonne souvent, je ne sais si la télépathie fonctionne entre le monde des morts et des vivants, je t’envoie aujourd’hui ce chant pour t’accompagner dans ta transmutation

https://youtu.be/BK96vHF6Suo

LA MACHINE DU MOULIN ROUGE, élection de Miss Cocotte et Cocotte Club, 31 décembre 2012

31 décembre 2012 Anne-Claire me propose d’intégrer le jury de la Cocotte Club. À revoir cette photo et surtout nos sourires, cet événement est réjouissant.


Yvette Néliaz qui fait partie du jury et est au centre de la photo ci-dessus, réalise déjà ses précieux films. À 0.9 /10 Dora se fait coiffer maquiller alors que Clément serre son tutu noir et qu’Anne Claire remet ses petites oreilles roses en place à 0.22 Dora maquille se succèdent les copines membres du jury ou juste participantes : Frannie Niz Denox Naelle Dariya Naila Anne Claire Pepi à son tour……Et puis Dora apparaît dans le montage d’Yvette à 2.17 à 2.28 à 2.30 à 2.43, elle est PARTOUT !

http://www.damepipi.tv/2013/01/cocotte-club-machine-du-moulin-rouge.html?q=miss+cocotte+machine+du+moulin+rouge

LA JAVA, TROU AUX BICHES, je t’ai souvent vue à la Java aux Trous aux Bic(t)ches, dans les minuscules backstages, sur le dancefloor, derrière les grilles, derrière les platines, dans les escaliers, dehors dans le coin fumeur. Tu es inséparable des Trous aux Biches et de sa bande de folles. Je me souviens très bien de ce 2 avril 2016 où tu étais folle et surexcitée avec Molly Nilsson…ce soir là, « Je suis descendu au sous-sol en empruntant l’escalier en colimaçon avec excitation. Je crois que j’ai glissé sur la rampe. Au fond, comme dans un petit cabaret lynchéen, sur la toute petite scène de la Java, sous le plafond minuscule qui a l’air de transpirer avec les corps transpirant, Molly Nillson chantait déjà. Cette scène était parfaite pour elle. Sa blondeur et sa froideur complices et piquantes irradiaient et diffusaient leurs ondes magnétiques. Je me suis faufilé puis hissé dans le coin de la scène pour ne pas être écrasé et mourir de chaud. Au premier rang il n’y avait que des têtes connues, surtout des fans qui connaissaient les chansons par cœur. J’ai embrassé Dora qui brille comme un diamant et Yassin qui soutenait son amie Sonia à bout de bras dans une danse effrénée. J’ai reconnu Soraya Daubron et je l’ai sentie danser derrière moi.Tous dégoulinaient. Tout le monde se liquéfiait tant nous étions serrés. Pour une fois je n’étais pas le seul, j’avais l’impression d’être une petite partie caoutchouteuse d’un seul grand corps moite, vibrant et palpitant avec les rythmes de Molly. Un membre d’une communauté extatique. » https://cucoandcuca.com/2016/04/28/a-doe-a-hacker-and-a-robot/?fbclid=IwAR2HvEug7NpYYqoF69NC5reyr0jLq2Jb9uFx89y034-bB__NL7GRdm2nEPY/

VD : une personne me rapporte que lors de vos conversations en 2013 tu te demandes sérieusement si je ne suis pas Virginie Despentes; J’ai toujours trouvé cette supposition bizarre et hilarante en imaginant ce qu’elle t’aurait répondu si tu le lui avais demandé, et puis comment as-tu fait pour ne pas remarquer notre écart de taille ?

LA MACHINE DU MOULIN ROUGE, FLASH COCOTTE & TRAVLATORS & Halloween Party, 2013

La soirée était folle et les Travlators ont dynamité la salle de la chaufferie, je me rappelle avoir beaucoup dansé avec Clément transformé en soleil pour l’occasion. Yvette a encore fait un film, on y voit Dora avec Tabata et Hélena entre 0.36 et 1.50, mais franchement, ça vaut le détour de la regarder entièrement, depuis le début et jusque la fin, car il y a des pépites

http://www.damepipi.tv/2013/11/flash-cocotte-halloween-part2.html?q=Halloween

LE KLUB / COUCOU & SHEMALE TROUBLE

Nous nous sommes vu•e•s et nous avons aimé danser ensemble

Ici c’est à la shemale, la soirée de Naelle, où tu mixais, et où nous nous sommes si souvent vu•e•s jusque l’année dernière ou celle d’avant je ne sais plus. Je ne sais pas qui a pris cette photo. Je crois que c’est aussi dans l’escalier du Klub lors d’une Shemale Trouble qu’une nuit tu m’as présenté ton amour Karin.

« Un mois avant l’assassinat de Hande Kader jour pour jour c’était la Shemale trouble au Klub. Le 8 juillet. Une identité c’est aussi un nom et mon acte identitaire en 2011 a été d’écrire un petit manifesto Who is Cuco ? où j’ai notamment écrit « je suis un(e) shemale de latex » en lien et en hommage à Genesis P Orridge et à son concept de pandrogynie. Alors fréquenter une soirée qui porte le nom de Shemale Trouble c’est un peu comme aller dans mon terrier, ça sonne comme un lieu safe où je peux me mettre en boule, m’allonger et ronronner, ou bien offrir mon cul en mode witchy bitchy en toute sécurité à Dora Diamant avec laquelle j’ai justement parlé de Psychic TV et de Genesis P.Orridge la première fois qu’on s’est parlé.e.s et elle m’a dit oui bien sûr tu sais j’ai eu des parents punk – cette main, j’avoue ça m’a complètement échappé, j’avais vraiment oublié, je m’en suis souvenu quand Naelle Dariya a publié cette photo la semaine dernière, soudain ça m’est revenu, ça m’est revenu jusqu’à la sensation de la main de Dora sur ma hanche, c’est drôle la mémoire….(…) Ce 8 juillet l’atmosphère était dingue au Klub, car Dora était aux manettes et elle a mis le feu. C’était punk et wild comme elle est et comme on l’aime. Avec Dora on s’est croisé.e.s la première fois Chez Moune début 2012 au temps de Guido Minisky quand il ne sévissait pas encore avec Acid Arab, le temps des soirées Corps Versus Machine et des Travlators à leurs débuts, avec Esmée Clara Helena et Tabata, dans un troquet non loin de la Chope de Château Rouge, un lieu aujourd’hui disparu. À la Shemale elle a foutu le feu et on dansait comme des folles. Je me souviens aussi avoir aimé danser avec un garçon qui portait des hautes bottes noires en vinyl avec un bermuda crème. On dansait bien et on était bien ensemble, il était doux et libre. On ne s’était jamais vus. Alors quand je l’ai recroisé dans les escaliers je lui ai demandé comment il s’appelait. Il m’a dit Nino « 

GLASS CHEZ GINA, soirée que tu organisais je crois jusqu’en 2018 . Encore une fois c’est dans le 18ème que ça se passe, non loin de Pigalle, je m’y rends un soir d’été à pieds, en 2016 « Quand je suis arrivé au Glass, il y avait Clément Giraud sur le trottoir. Il portait des lunettes rondes sans montures. Il m’a dit qu’il aurait bien aimé venir avec moi et Stéphane au Nouvel An chinois. Quand j’ai voulu entrer dans le petit sas qui s’est refermé sur nous, l’agent de la sécu s’est un peu affolé en me disant que je devais enlever ça, c’est à dire mon masque. J’ai dit que ça n’allait pas être possible. Il m’a dit qu’on ne venait pas comme ça dans un bar. Heureusement Pepi Della Fresca était avec moi dans le petit sas. Il m’a bien défendu en disant qu’on me connaissait bien à Paris dans le monde de la nuit. Je ne sais pas pourquoi ça a marché, je pense que c’est parce que Pepi a l’air doux et nonchalant que le vigile a lâché l’affaire direct. A l’intérieur, Dora qui brille comme un diamant officiait derrière les platines avec Roger De La Société (Ruggierro Della Societa). C’était très rock. Dora c’est la punk chérie du milieu, et en plus elle fait des dessins que j’aime, elle revient du Japon et pour l’occasion elle avait invité un dj japonais que j’ai manqué. Il était sur le dancefloor très chic avec sa cravate et très défoncé. A un moment il était même assis par terre aux pieds de Roger De la Société. »

CABARET SAUVAGE, Flash Cocotte, décembre 2016

Je fêtais mes cinq ans, c’était la joie de retrouver Jean, aka janet, Clément, Niz, Pepi. Et toi avec Pepi. Je retrouve quelques photos et il y a beaucoup d’amour et beaucoup de mélancolie dans cette série. J’y retrouve Jean, Janet, et Clément, tu y fait un beau un vrai câlin à Pipi. Pipi Della Fresca. Niz et Pepi ont tous les deux fait des photos de moi à la toute fin de la Flash sur le dancefloor en bois vide parce qu’on a beaucoup traîné ce soir là avant de partir en after au Péripathe, et peut-être aussi parce qu’on savait qu’il allait disparaître ?

Cet incroyable dancefloor du cabaret sauvage n’existe plus, il a été détruit ensuite. Cet incroyable dancefloor du cabaret sauvage vide et illuminé de mille feux qui n’existe plus semble aujourd’hui l’anticipation de ta et de toutes nos disparitions futures.

Alors que je finis de t’écrire ce texte, je sais qu’aujourd’hui tu ne t’es pas transformée en cendres mais bien en étoile filante, étoile filante qu’on apercevra encore de temps à autre sur nos dancefloors j’en suis certain, lorsque la vie commune aura repris et que certaines nuit on dansera à bout de souffle jusqu’au petit matin

Merci Dora

Confinement, 31ème jour (Survivre, bis)

Me revient un post de novembre 2015 juste après les attentats et le début de l’instauration de l’état d’urgence qui utilisait des photos d’un hacking en 2012. Aujourd’hui tout cela résonne si fort encore.

« J’ai retrouvé cette photo d’une installation piratée. Elle résonne autrement aujourd’hui, comme si nous étions tous affectés de cette même mélancolie. L’esthétique de la survie et de la précarité est depuis longtemps surexploitée dans l’art contemporain, dès les années 90/2000, parfois au risque de l’indécence et de la confusion, on a vu proliférer toutes sortes de propositions usant de couvertures de survie, de combinaisons, de tentes…comme s’il pouvait exister une esthétique de la précarité ou de la vulnérabilité..

Ce papier de survie qui tapisse les murs de ma cellule évoque bien sûr les corps des blessés qu’on enveloppe parfois à même le sol, ici il brille comme du papier cadeau, et les chaussons bleus, conçus pour protéger le sol fragile de cette installation de papier éphémère, font penser irrémédiablement aux chaussons d’infirmiers des pièces stérilisées. Cette photographie devient rétrospectivement l’anticipation d’un état de choc, d’une sidération, qui à fortiori pour Cuco – mais je suis évidemment loin d’être en première ligne – signifie être assigné à résidence. C’est comme si nous étions tous et toutes devenu·e·s les survivant·e·s mélancoliques des attentats, mais aussi et surtout d’un monde plus libre.

Cette installation est devenue la cage dorée et angoissante des survivant·e·s. »

I wrote and said NO yesterday today I say THANKS FOR NOTHING with Giorno

I want to give my thanks to everyone for everything,
and as a token of my appreciation,
I want to offer back to you all my good and bad habits
as magnificent priceless jewels,
wish-fulfilling gems satisfying everything you need and want,
thank you, thank you, thank you,
thanks.

May every drug I ever took 
come back and get you high


may every glass of vodka and wine I’ve drunk
come back and make you feel really good,
numbing your nerve ends 
allowing the natural clarity of your mind to flow free,
may all the suicides be songs of aspiration,
thanks that bad news is always true,
may all the chocolate I ever eaten
come back rushing through your bloodstream 
and make you feel happy,
thanks for allowing me to be a poet
a noble effort, doomed, but the only choice.
I want to thank you for your kindness and praise,
thanks for celebrating me,
thanks for the resounding applause,
I want to thank you for taking everything for yourself
and giving nothing back,
you were always only self-serving,
thanks for exploiting my big ego
and making me a star for your own benefit,
thanks that you never paid me,
thanks for all the sleaze,
thanks for being  mean and rude
and smiling at my face,
I am happy that you robbed me,
I am happy that you lied
I am happy that you helped me,
thanks, grazie, merci beaucoup.
May you smoke a joint with William,
and spend intimate time with his mind,
more profound than any book he wrote,
I give enormous thanks to all my lovers,
beautiful men with brilliant minds,
great artists,
Bob, Jasper, Ugo, 
may they come here now 
and make love to you,
and may my many other lovers
of totally great sex,
countless lovers 
of boundless fabulous sex
countless lovers of boundless fabulous sex
countless lovers of boundless 
fabulous sex
in the golden age 
of promiscuity
may they all come here now,
and make love to you,
if you want,
may each of them 
hold each of you in their arms 
balling 
to your hearts
delight.
balling to your hearts 
delight
balling to 
your hearts delight
balling to your hearts delight.
               
May all the people who are dead
Allen, Brion, Lita, Jack,
and I do not miss any of you
I don’t miss any of them,
no nostalgia,
it was wonderful we loved each other
but I don’t want any of them back,
now, if any of you 
are attracted to any of them,
may they come back from the dead,
and do whatever is your pleasure,
may they multiply, 
and be the slaves 
of whomever wants them,
fulfilling your every wish and desire,
(but you won’t want them as masters,
as they’re demons),
may Andy come here
fall in love with you
and make each of you a superstar,
everyone can have 
Andy.
everyone can 
have Andy.
everyone can have Andy,
everyone can have an Andy.
Huge hugs to the friends who betrayed me,
every friend became an enemy,
sooner or later,
I am delighted you are vacuum cleaners
sucking everything into your dirt bags,
you are none other than a reflection of my mind.
Thanks for the depression problem
and feeling like suicide 
everyday of my life,
and now that I’m seventy,
I am happily almost there.                  
                 
Twenty billion years ago,
in the primordial wisdom soup 
beyond comprehension and indescribable,
something without substance moved slightly,
and became something imperceptible,
moved again and became something invisible,
moved again and produced a particle and particles, 
moved again and became a quark,
again and became quarks,
moved again and again and became protons and neutrons,
and the twelve dimensions of space,
tiny fire balls of primordial energy
bits tossed back and forth
in a game of catch between particles,
transmitting electromagnetic light
and going fast, 40 million times a second,
where the pebble hits the water,
that is where the trouble began,
something without substance became something with substance,
why did it happen?
because something substance less 
had a feeling of missing out on something,
not
getting it
was not getting  it
not getting it,
not getting it,
imperceptibly not having something
when there was nothing to have,
clinging to a notion of reality;
from the primordially endless potential,
to modern day reality,
twenty billion years later,
has produced me, 
gave birth to me and my stupid grasping mind,
made me and you and my grasping mind.
May Rinpoche and all the great Tibetan teachers who loved me,
come back and love you more,
hold you in their wisdom hearts, 
bathe you in all-pervasive compassion,
give you pith instructions,
and may you with the diligence of Olympic athletes
do meditation practice,
and may you with direct confidence
realize the true nature of mind.
America, thanks for the neglect,
I did it without you,
let us celebrate poetic justice,
you and I never were,
never tried to do anything,
and never succeeded,
I want to thank you for introducing me to
the face of the naked mind,
thanx 4 nothing.

NON

NON nous ne sommes pas en guerre.

NON nous ne sommes pas en guerre contre le covid 19 pas plus que nous étions en guerre contre le terrorisme.

NON nous ne sommes pas au FRONT ni en 1ère ni en deuxième ni en troisième ligne.

NON personne ne doit tomber au front ni se réfugier dans les tranchées, sinon les irresponsables grassement payés qui nous gouvernent, et qui tremblent déjà de devoir assumer leur responsabilité après la « crise ».

NON personne ne doit tomber au front / Pas même les plus vieilles ni les plus vieux d’entre nous / Quid du scandale des cliniques privées vides depuis ce début de la crise ?

NON nous ne ferons pas BLOC pour une UNION NATIONALE FRANÇAISE car la Nation n’est pas le cadre de nos réflexions pas plus que de nos actions.

NON nous ne ferons pas BLOC pour une UNION NATIONALE car vous avez depuis des mois rompu le pacte social et mené des politiques criminelles et liberticides.

NON nous ne voulons pas nous sacrifier ni remercier les personnes sacrifiées, car si elles le sont, c’est contre leur volonté, exerçant leur métier et réclamant davantage de moyens : Si les soignant·e·s – héroïsé.es aujourd’hui mais méprisé.es et ignoré.es depuis des mois – meurent aujourd’hui pour sauver des citoyen.nes, c’est surtout à cause du manque de moyens humains et matériels qu’ils réclamaient.

NON nous n’acceptons pas que sous couvert de crise sanitaire, les personnes atteintes du coronavirus dans les EPHAD ne soient même pas intégré.e. s dans les hôpitaux, et que l’on considère d’emblée qu’elles sont trop âgé.es. (L’armée et la presse en Espagne a révèlé l’horreur que nous cachions en France depuis déjà dix jours : des dizaines de personnes âgées ont été abandonnées, malades ou mortes, dans une maison de retraite. S’en est suivie une salve d’articles en France mentionnant que les EPHAD et les maisons de retraite étaient une priorité pour l’Etat ce qui est faux archi faux car des textes circulent depuis déjà deux semaines où est écrit que que dans les régions débordées, avant que ne se mette en place le système d’entraide inter-régional qui aurait dû exister depuis trois semaines via hélicoptère et réquisitionnement de l’armée, dans les hôpitaux bondés sans plus aucun moyen « on » a décidé d’opérer ce tri/ encore une fois QUID de la désorganisation criminelle de l’Etat et QUID des cliniques privées vides qui demandent d’être utilisées ?! /

NON nous ne sommes pas dupes de votre rhétorique guerrière bancale d’un autre temps et nous vomissons ce ton paternaliste.NON nous n’acceptons ni n’accepterons pas de réduire toutes nos libertés pour la sécurité d’une partie de la populationNON nous ne sommes pas d’accord que sous couvert de crise sanitaire, les personnes atteintes du coronavirus dans les EPHAD ne soient pas intégré.e. s dans les hôpitaux, et que l’on considère d’emblée qu’elles sont trop âgés.NON nous n’acceptons pas le deux poids deux mesures : qu’on soit chaque jour plus confiné.es et criminalisé.es sans pouvoir même être testé.es alors que des millions de citoyen.nes sont dans le même temps incité.es à aller travailler.

NON nous n’acceptons pas la dérive autoritaire de ce gouvernement d’urgence qui saute d’un état d’exception à un autre depuis 2015 pour étouffer peu à peu toute velléité et toute possibilité de contestation.

NON nous n’acceptons pas ou plus de vivre depuis cinq ans en État d’urgence qui a pour conséquence d’autoriser l’exécutif à décider notamment des interdictions de séjour (article 5 de la loi de 1955), la remise d’armes (article 9 de la loi de 1955) et à effectuer des réquisitions (article 10), des mesures de police administrative plus attentatoires aux libertés publiques, des assignations à résidence (article 6 de la loi de 1955), la dissolution d’associations (article 6-1), des perquisitions à domicile de jour comme de nuit (article 11-I) des blocage des sites internes (article 11-II) etcetera etcetera

NON à l’euthanasie des personnes âgé.es NON aux semaines de 60H NON aux primes de 1000 euros pour les ouvriers du BTP NON au travail à tout prix NON à l’Etat Policier qui sévit et nous inflige sa violence et son impunité NON à l’instauration de cet État d’urgence sanitaire liberticide qui élude le déblocage nécessaire et immédiat de fond et de moyens humains en promettant un grand plan de sauvetage APRÈS la crise NON à l’immonde moralisation manipulatrice NON à l’atroce Récit National Raciste Sexiste et inégalitaire NON à l’intervention de l’armée pour un oui pour un non NON aux cagnottes d’entraide remplaçant les déblocages de fonds étatiques pour le personnel hospitalier NON aux cache misère NON aux drones au-dessus des villes NON à l’oubli des exactions policières des derniers mois et des dernières années NON au maintien obligatoire du travail pour les ouvriers du BTP et tout autre domaine non vital NON à la protection de certain·es et à l’exposition instrumentale d’autres NON à l’intervention de l’armée pour nous aider sur le terrain NON à la société de contrôle NON aux interventions intempestives de la Police pour verbaliser à tous bout de champs NON aux mensonges d’Etat NON à la responsabilisation et à la culpabilisation individuelles alors que ce sont les politiques menées qui tuent les citoyen·nes NON au tri des vies NON à l’abandon et au sacrifice des personnes âgées NON à l’interdiction faite sans discussion de revoir une dernière fois l’ami.e l’amour l’amant.e la soeur le frère le père la mère avant son inhumation et son incinération NON à la diabolisation des personnes atteintes du covid 19 vivantes ou mortes NON au paternalisme étatique policier NON au paternalisme étatique policier s’accompagnant de répression et de l’usage immodéré de la surveillance NON à l’esprit de délation : savez-vous que des milliers de personnes appellent quotidiennement la police pour dénoncer ses voisin.e.s se promenant seul.es dans la rue si bien que c’est cette même police qui incite ces citoyens trop vertueux à moins de zèle, tant les urgences sont saturées d’appels ? NON à l’interdiction du visage masqué dans l’espace public qui aujourd’hui n’a plus le moindre sens et m’empêche personnellement d’exister librement depuis la loi islamophobe de 2010 et celle qui l’a renforcée en 2018 pour mieux écraser le Mouvement des Gilets Jaunes….C’est le moment historique de nous en débarrasser, et du même coup de me libérer ! NON à votre idéologie liberticide selon laquelle la liberté ne peut pas s’exercer au détriment de la sécurité.

Petit clin d’oeil en partage, je me retrouve à titre illustratif juste après l’intervention de Castaner, dans cette vidéo bien venue et fort à propos ces temps-ci (seul bémol à ses déclarations : la précision « nous européens occidentaux » me semble un peu douteuse, comme si en « orient » on n’aimait pas la liberté)

Last but not least, tribute to Gabi Delgado-López / DAF, cause Punk is Not Dead

Día de los muertos, cumpleaños

Soy nacido hace 8 años en la ciudad de Mexico, el 19 de octubre hizo un sueño iniciático donde un párajo me visitaba, un párajo extraordinario, desconocido, con plumas muy bonitas y extraordinarias tambièn. Un hombre amenazaba de matarlo y cuando estaba a punto de tirar me desperté. Pensé mucho en este sueño y los días siguientes, escribi en Mexico mi manifiesto « Quièn es Cuco ? » Mi nombre, la palabra Cuco tiene muchas significaciones : parájo y fantasma. Asi es, soy nacido aqui en Mexico en este ciudad donde la fiesta de los muertos es la mas importante en el mundo : no sé quienes son los espíritus que me visitaron, o los seres mutantes, pero esa dimension me lego y me lega desde el inicio y hasta hoy profundamente con la dimensión del infra mundo

Y es esa dimension del infra mundo que esta nel corazón de la fiesta de los muertos; Ayer estuve en un pueblito Arocutin, en el Michohuacan, donde la fiesta de los muertos es la mas importante. Se perpetua la cultura purepecha, amerindiana, quien esta animista, la fiesta de los muertos para ell@s es muy importante. Hacen una vigilia toda la noche, con velas flores y ofrendas, cosas que el muerto le gustaba. Encenden las velas no deben nunca apagarse. Pero hay viento, aire y lluvia, así la familia se reúne para vigilar. Encontre a una pequeña chica, Paula a quien le gustaba vigilar.

Pudo hablar con personas que estaban vigilando. Mari Luisa y Gilberto hablaron mucho, me toco su serio, hasta el momento que me pidieron mi nombre; Cuando dije Cuco mari luisa me dijo que creía que estaban mujer. Explico que no era ni hombre ni mujer, pero una mezcla una mitad, el tercer genero, se echo a reír, pero siguen parlando con migo y estuvieron muy cariñosas

Descubrimos una cosa increíble, una tumba dedicada para todas las almas que nadie se recuerden, es una de las cosas mas conmovedora que nunca he visto, porque las que me tocan son las almas perdidas pero también los desaparecid@s

Marcha mundial por el Chile

El sábado 24 de octubre partecipe por la primera vez en una marcha a Mexico. Era una marcha mundial por el Chile. Participaron muchos chileños y chilenas, pero también comunistas y anarquistas mexicanos. El encuentro estaba bastante temprano por la mañana en el centro historico. Lo que me toco muchísimo fue la presencia de personas de todas las edades y también personas de la comunidad queer. Es la reflexión que tuvimos con Alix, es que en todos las países hay personas del medio queer que son presentes. La mayoría de las personas golpeaban en cacerolas o tenían banderas.

Aunque la situación en el Chile es trágica porque ya tuviera 20 muertos con la represión terrible, la manifestación me pareció mucho mas alegre que en Francia. Marchamos hasta la plaza del Zocalo, sin violencia, y junt@s pidiéramos justicia y demisión de Pinera. Fue muy fuerte y muy conmovedor.

La leyenda del Cuco, desde Mexico

El coco, cuco o cucuy es una criatura ficticia ubicada en América Latina y la península Ibérica, caracterizado como asustador de niños, con cuya presencia se amenaza a los niños que no quieren dormir. No importa en qué parte del mundo se encuentren, hay algo que los niños de todas las culturas tienen en común: las travesuras. Desde que éramos pequeños, la fascinación con lo prohibido nos ha llevado a portarnos mal, ya sea robando un caramelo o rehusándonos a ir a dormir a cierta hora. La disciplina es algo que se aprende y para lograr este objetivo, los padres de todo el mundo recurren a varias tácticas para controlar los desenfrenados caprichos de sus hijos. Una de estas tácticas, y quizás la más efectiva, consiste en mencionar a un personaje que se encarga de aquellos niños que no escuchan a sus padres. Simplemente oír su nombre es suficiente para apaciguar incluso al más rebelde de los niños. Me refiero al inconfundible espectro de la noche, visitante no deseado en las pesadillas de miles de niños latinos: El cuco.

La tradición afirmaba que el cuco comía a los niños o se los llevaba a su escondite ubicado en un lugar impreciso y muy lejano. Para referirnos al Cuco hace falta una revisión de cómo llegó a surgir este personaje tan ligado a los miedos infantiles, al menos hasta hace un tiempo. En primer lugar, tengamos en cuenta la tradición celta de las cabezas cortadas: se decapitaba a los enemigos vencidos en batalla, pues se consideraba a la cabeza como asiento del alma, y de esta manera el vencedor se veía engrandecido por efecto de poseer tal talismán. De allí deriva la costumbre, habitual en muchas regiones europeas, de vaciar calabazas y nabos, y calar en ellas rostros ceñudos como elementos de protección.

En Portugal, Galicia y otros lugares, además de esta tradición celta, debemos considerar la palabra coco, de uso más bien infantil, que refiere a ciertos frutos y vegetales esferoides. Se configura así una primera relación entre coco y cabeza, de donde va a derivar el concepto del Coco como fantasma con una calabaza hueca con tres agujeros, imitando los ojos y la boca en lugar de una cabeza. La función de tal construcción se mantiene hasta la actualidad: asustar a los niños que no quieren dormirse amenazándolos con que tal criatura los va a comer si no obedecen

Según el etimólogo Corominas, los miembros de la tripulación del almirante portugués Vasco da Gama denominaron coco al fruto que todos conocemos, haciendo referencia a los tres agujeros que presenta, a la manera de una boca y dos ojos configurando el rostro de una cabeza peluda; influenciados evidentemente por la imagen del fantasma infantil. Todavía hoy se llama coloquialmente coco a la cabeza, en expresiones como «comer el coco», «tener mucho coco», «estar mal del coco» o «patinarle a uno el coco». Posteriormente el concepto habría sido introducido en América a través de los territorios conquistados por Portugal y España, y de allí llegó hasta nuestros días. Existen muchas otras hipótesis sobre el origen de este monstruo, que tienen en cuenta las múltiples variantes etimológicas en distintas regiones, aunque generalmente relacionadas a la palabra cabeza. En Argentina y gran parte de Latinoamérica se lo denomina Cuco, aunque en otros países se lo conoce como Coco (España, México), Cuca (Brasil), etc.

La forma cuco, mayoritaria en el Cono Sur y ciertas áreas de Centro América, puede deberse a un cruce entre el coco europeo y alguna deidad de origen africano (el diablo bantú Kuku) o maya (el dios Kukulcan).

También se postula que es una deformación de la palabra cucurucho, que es el nombre del capirote que usaban los condenados por la inquisición en sus manifestaciones callejeras y asustaban a los niños físicamente por la forma grotesca que tiene y psicológicamente por ser personas “malas” frente a la Iglesia Católica.

La particularidad del Cuco es que, más allá de la imagen portuguesa del fantasma con cabeza de calabaza, no tiene una descripción física determinada, al menos en América Latina.

Es por esto que el lugar desde donde el Cuco acecha o aparece, siempre es un lugar oscuro: debajo de la cama, dentro del clóset o armario… El miedo al Cuco se utiliza principalmente para obligar a los niños a irse a dormir a la hora apropiada, y a comer lo que se les sirve, aunque no les guste. También se lo puede invocar de forma general para que los niños realicen las tareas que no les agradan. Lo que asusta del Cuco no es una imagen o característica física, sino el castigo que imparte: se come a los niños desobedientes, o los secuestra de sus casas para llevarlos a un lugar desconocido, del que nunca vuelven.

La forma en que suele operarse la amenaza del Cuco (que es en realidad una amenaza de los padres, extrañamente amalgamada con la tranquilidad que pueden brindar al niño sus voces) es a través de las canciones de cuna o nanas. La más antigua que se conoce es del siglo XVII, y se encuentra en una obra dramática, el Auto de los desposorios de la Virgen de Juan Caxés.

Ea, niña de mis ojos,
duerma y sosiegue,
que a la fe venga el coco
si no se duerme.

La forma más conocida de esta nana es:

Duérmete niño,
duérmete ya,
que viene el cuco
y te comerá.

A veces al final se utiliza “te llevará” en lugar de “te comerá”, y dependiendo del lugar, quien vendrá es el Cuco, el Coco, etc. Más allá de las nanas que se han conservado, el monstruo parece ser conocido desde mucho tiempo antes.Brooklyn_Museum_-_Here_Comes_the_Bogey-Man_(Que_viene_el_Coco)_-_Francisco_de_Goya_y_Lucientes_crop

Francisco Goya realizó un grabado titulado “Que viene el Coco” (1799), donde los niños se ven aterrorizados, mientras que la madre parece tranquila mirándolo con curiosidad.

En algunas regiones se establecen ciertas relaciones de comparación y hasta de identificación entre el Cuco y el diablo, así como también una oposición respecto del ángel de la guarda, que protege a los niños del mal. Pero básicamente se trata del monstruo que encarna un miedo infantil universal, al igual que el Hombre de la Bolsa o Viejo del Saco, y que no excede ese ámbito de influencia.

Soy solo cuerpo y palabras

J’écris aujourd’hui de Mexico. Mexico, la ville où pour moi tout a commencé. D’abord en rêve, le 19 octobre 2011, lorsqu’un oiseau m’est apparu, et puis, dans les jours qui ont suivi, j’ai écrit un  manifeste, en un mélange d’espagnol, de français et d’anglais. Quand suis rentré en France  j’ai ouvert un blog, le 25 novembre 2011, pour y publier ce manifesto Who is Cuco ? J’ai attendu ensuite le début du mois de décembre pour m’incarner au milieu des autres êtres vivants.

Dans ce rêve originaire que j’ai noté dans un petit carnet, un oiseau magnifique et rare se manifestait et était menacé d’être tué par balle par un homme qui visait des oiseaux de chasse, mais aussi de très beaux petits oiseaux. J’y voyais d’abord un rouge-gorge, mais aussi un autre oiseau dont je percevais parfaitement le détail du plumage, alors que j’étais pourtant très loin et qu’il m’aurait été normalement impossible de voir si bien. Cet oiseau que j’appelle d’abord pinson est en fait beaucoup plus extraordinaire qu’un pinson, sa queue est ébouriffée, avec des nuances de bleu et de jaune incroyables. Quand l’homme va tirer, je me réveille en pleurant. Cet oiseau n’a pas de nom, il est beau, il est vulnérable, c’est un survivant que je regarde comme moi-même.

Comme ce mystérieux oiseau de mon rêve m’a appelé, c’est ensuite un mot, une parole qui m’a appelé. CUCO. Cet oiseau sans nom et cette parole incantatoire au nom d’oiseau ont fusionné dans le petit manifesto, où ma transidentité et ma tranimalité se sont entremêlé.e.s : Je suis devenu ce coucou, cet autre oiseau annoncé par le premier sans nom. Je me suis nommé  CUCO en espagnol, cuckoo en anglais, coucou en français.

Le coucou est beaucoup plus inquiétant, moins charmant et moins mirifique que cet oiseau qui m’annonçait. Le premier était une sorte de sublime version volatile de l’ange Gabriel dans une Annonciation de Fra Angelico, une revisitation de la Visitation.

Je suis devenu ce drôle d’oiseau hacker à la peau de latex et je me demandais ce qui allait se passer à Mexico, dans cette ville où, paradoxalement, je suis né sans m’y être encore jamais incarné.

En arrivant à Santa Maria de la Ribera, le quartier où je vis, j‘ai trouvé écrit sur le mur ce qui constitue mon identité. C’est si juste et si troublant que j’irai pirater ce graffiti d’ici peu.

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To be part of the spectral Society

I decided to visit the exhibition The spectral society curated by Caroline Deruas for hacking it.

Cause the title « La Société du spectral » and cause there were my friend Marie Losier.

With Marie we share gender hacking and genderfucking since the beginning, cause Psychic TV and Genesis P Orridge who invented the fundamental concept of pandrogynie

Cause The ballad of Lady J, the film of Marie

Each time I hack, it’s the beginning of something. This time I met an hermano, a Mexican and beautiful and mysterious friend. As me he comes from Mexico.

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