le bateau ivre

Bateau ivre

Cuco est descendu du taxi au milieu de la nuit sur le Pont de Tolbiac

Dans ce coin de la ville où le vieux Paris a disparu, de hautes tours s’érigent, donnant à la vieille ville des allures new-yorkaises

A l’entrée du Batofar où avait lieu la soirée CurryWurst, comme la fille de l’accueil n’avait plus de monnaie, Cuco a attendu et eu le temps de se rendre compte qu’à cette heure tardive, les gens étaient si défoncés qu’ils ne le voyaient même pas.

Cuco a aimé descendre les escaliers du bateau, découvrir les gens danser sur le dancefloor, et puis ressentir l’impression grisante d’une foule tanguant dans les cales.

Cuco s’est fait attraper de suite par la belle Sally qui l’a conduit sur scène où sévissaient encore les Smash Tv, avant de laisser la place à Alan Aaron. L’atmosphère était surchauffée, la sauvage SZ venait de danser presque nue, aux rythmes de Martin Werner Landsky, d’Axelle Lavaivre Roch et des Smash tv

Cuco s’est laissé entraîner dans le backstage, où il a découvert dans une petite pièce, attablée, une très sympathique assemblée franco-berlinoise aux allures de contrebandiers.  Comme dans un vieux rade portuaire, les gens serrés les uns contre les autres discutaient à bâton rompu.

Cuco a aimé danser avec la délicieuse Hélène Salluste et l’adorable Atef Abidi aux rythmes du djAlan Aaron

Cuco n’est pas prêt d’oublier la logorrhée obscène de Sally sur la mise en doute de l’épilation intégrale,  sa classification des chattes en terme de quantité de poils ou de non poils / je ne reprendrai pas ici ses exemples / ni non plus sa diatribe sur les femmes fontaine et sa découverte ingénue de l’éjaculation féminine, ni non plus les visages effarés et hilares de Axelle Lavaivre Roch, Chill O et Hélène Salluste quand Sally décrivait par le menu la mécanique orgasmique éjaculatoire à la portée de toutes, comme le dit presque le fameux article du net accompagné d’une vidéo  que Cuco connaissait déjà avant que Sally n’en parle. La version lesbienne des magazines féminins…

Cuco a fait plein d’allers et retours entre la scène et le petit réduit

Plus tard, Cuco a partagé les réflexions éthyliques de Sally sur « entre par effraction » qu’elle a retenu de Who is Cuco ? Cuco se souvient parfaitement de ce moment lors d’une soirée à la Machine du Moulin Rouge, où, affalée sur le plancher du dancefloor, elle l’avait interpellé en criant Cuco ! Cuco ! Tu entres par effraction ! Par effraction ! (rajoutant au passage, Cuco tu as un beau cul !)

/ Et c’est en discutant avec Sally que je me suis rendue compte à quel point Cuco est entré par effraction dans ma propre vie. /

Sally a parlé des émotions que Cuco suscitait dans son environnement, qu’on les voyait, qu’on les nommait, mais qu’en revanche, on ne savait pas ce que Cuco ressentait ni ce qu’il pensait. Cuco a tenté d’expliquer que c’était peut-être une vision partielle, que cette expérience de travestissement n’avait rien à voir avec le masque entendu comme une seconde peau qui cacherait quelque chose de plus vrai. Cuco pense qu’il n’y a rien derrière, ou plutôt rien dedans, le masque n’étant pas un contenant où l’essentiel résiderait dans ce qui est caché

Cuco se tient juste au bord.

Ce masque, et au-delà, cette expérience partagée de travestissement est davantage une expérience de relation et de l’inconnu, encore une fois, partagée – parfois jusqu’au refus du partage – qu’une expérience de dissimulation et de secret.  Et aujourd’hui 13 juin, je reçois une photographie de Elodie Benguettat qui résonne avec ce qui précède, avec Hélène Salluste, les mains de la douceur

Cuco a aimé voir le jour par le petit hublot et écouter du backstage le son des basses résonner. Il a cru, pendant un court temps, qu’on avait largué les amarres et qu’on était en route pour le pays lointain, et qu’il n’y avait pas d’heure pour accoster

« Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais. »

Assurément son âme de pirate s’est éveillée dans ce bateau ivre. Homme aux semelles de vent, Cuco a arpenté le bateau jusqu’à l’aube comme s’il y avait trouvé un territoire intime, il se sentait heureux en compagnie de cette communauté extatique.

Et c’est  bien l’âme de pirate errant de Cuco que Chill O a saisi dans cette photographie où les cales du bateau ivre ressemblent étrangement au mur d’un squat New-Yorkais

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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