I was dreaming in my dreaming

Ce vendredi 14 septembre, Cuco a été accueilli à l’entrée du Batofar par Léonie Pernet, pour un 2ème épisode de la CurryWurst, et est arrivé juste à la fin du battle d’Axelle Lavaivre-Roch et de Fred De Clerc. L’atmosphère était chaude et bonne, et sur scène, Atef Abidi dansait, d’ailleurs il a dansé presque tout le temps, comme si on lui avait jeté un sort et qu’il s’était transformé cette nuit en un espiègle et increvable chat danseur. A moins que le sort ne se résume à l’ingurgitation de quelques grammes de c ?  Le mystère restera intact.

Cuco a rencontré sur le pont l’adorable team des Barbieturix et a parlé avec Lubna Lubitch qui portait un joli et étrange bijou triangulaire, Cuco ne sait pas pourquoi ce motif lui a tant plu. Lubna lui a dit qu’elle avait rêvé de Cuco. Elle allait à une soirée, j’en sortais, et je l’accostais pour me plaindre de l’atmosphère que je trouvais décevante, je ne portais pas de masque, et Lubna trouvait cela parfaitement normal. Cuco a oublié de lui demander à quoi ressemblait Cuco démasqué et qu’elle trouvait normal de rencontrer. Mais en même temps, elle lui a donné une piste, en disant qu’elle avait émis l’hypothèse que ce rêve parle d’elle et de son désir d’enlever tout rôle ou représentation sociale.

En écho, Cuco se souvient du rêve de Marie Million qu’elle lui a envoyé, dans lequel, je reprends son récit « ils étaient dans une sorte de workshop, où elle lui expliquait que la meilleure façon de laisser la liberté nécessaire à son personnage était de le considérer sur le registre de l’amitié -donc celui de la tolérance, de l’empathie, du respect – et qu’au contraire, le registre de la passion lui était néfaste à cause de la volonté de pouvoir et de possession qui lui est propre. Et à la manière des rêves qui se moquent de la logique, Cuco Cuca était à la fois démasquée et masquée, son costume était entièrement blanc, et d’ailleurs Marie lui faisait remarquer que c’était une bonne idée, par rapport à ce workshop mystérieux ».

Puis Cuco a dit à Lubna que ça lui faisait penser à un autre rêve qu’il avait fait après la Wet For Me du mois de mars. Il y avait une after Wet For Me chez lui et l’ambiance était dingue, Myako mixait, c’était heureux, et puis à la fin, Cuco se rendait compte que chez lui, en fait, c’était à NYC. C’est sans doute à cause de la discussion qu’il avait eue avec Chill O sur le dancefloor juste avant qu’elle ne parte pour NYC, Cuco lui racontait que du bateau qui part du Sud de Manhattan pour Staten Island, lorsqu’il s’éloigne lentement du rivage, il aimait voir  la ville peu à peu devenir comme une maquette.

Lubna a dit à Cuco qu’il était une espèce d’héroïne, et Cuco lui a répondu que ce sont toutes les personnes que Cuco rencontre et qu’il intègre dans son récit qui deviennent des héros ou héroïnes. Il y a peu à peu des épisodes, des personnages récurrents, des conversations qui se prolongent, des liens qui se tissent, des rencontres qui s’incarnent, et si depuis longtemps Cuco a fait sienne la formule la vie est un roman, c’est de plus en plus, à présent, pour l’inverser. Une des figures récurrentes, c’est Sally, qu’il a retrouvée dansant nue sur scène, quand il est redescendu dans les cales du bateau. Mais ce qu’il a préféré, c’est de voir les coulisses rock’n roll de Sally, qui, après s’être effeuillée, se rhabillait, allongée par terre, derrière la table de mix. Cuco est souvent surpris par Sally. D’abord par son âge. Cuco a appris que Sally n’a pas encore 18 ans et qu’elle a couché cette année avec 60 filles. Et l’année n’est pas finie. Sally fait croire depuis plusieurs années quelle a 18 ans ou qu’elle va les avoir. Dans le backstage, il règnait une atmosphère décadente et joyeuse, et Cuco était heureux de retrouver Axelle, Hélène, Jasmin,  et de rencontrer Fred C, Léonard Collignon, Julia Palmiéri, un artiste qui faisait des installations de fluos sur un des ponts non loin du Batofar, et Sally, qui a exhibé ses nouvelles chaussures fétiches SM, en disant à Cuco qu’elle les avait achetées en pensant à lui, en pensant qu’elles lui plairaient, ce qui était mignon, et ce qui n’est pas faux. Puis elle a proposé à Léonie Pernet qu’elles recouchent ensemble avant qu’elle ne parte à NY, et dit à Léonie que depuis la dernière fois, elle s’était beaucoup améliorée. Quand tu m’as rencontrée, tu m’as dit j’en ai rien à foutre de ton cul, ce qui m’intéresse, c’est ta tête, puis après, tu m’as dit que ma tête ne t’intéressait pas non plus. C’est ce que Sally a dit à Léonie. Un peu plus tard, Sally a fait pipi dans un pot puis en a proposé à Léonie et à Cuco, qui ont décliné l’invitation. Par contre, il semblerait qu’à l’aube, complètement assoiffées, Marie Million et Hassiba Azzizi aient goûté de ce breuvage intime, et sûrement exquis, pensant que dans ce pot, c’était de l’eau. Cuco se dit qu’elle a sans doute fait ça pour exemplifier la théorie qu’elle venait à peine d’esquisser, sur le voyeurisme de Cuco et l’exhibitionnisme de Sally, hypothèse que Cuco rebaptiserait la théorie de l’envers et de l’endroit. Sally pense qu’elle est comme Cuco, mais dans un pôle contraire, elle s’inscrivant dans l’ultra visible. Sally veut d’ailleurs avoir comme Cuco une combinaison de latex, sauf que la sienne sera transparente. Ce n’est pas faux que Cuco a plutôt choisi la stratégie pirate de l’invisibilité. Last but not least, Sally a invité Cuco à son anniversaire car elle veut le présenter à ses parents. Adorable Sally !

Cuco a aimé retrouver Chill O qui revenait d’un road-movie en Amérique avec Hélène Thomas, Olivia Haine et Marie Macabre, ainsi que d’un voyage à Berlin. Chill O a pris cette nuit de très belles photos, et Cuco aime le lien qu’il a avec elle, qui en passe toujours et depuis le début, par la représentation. Cuco apprécie ce détour, ce goût commun pour la forme, c’est pourquoi il aime aussi être son modèle, parce qu’il a l’impression qu’elles se comprennent, et que la photo est à chaque fois la matérialisation étrange d’une expérience commune et singulière. Sans doute parce que Chill, du fait qu’elle est photographe, accepte justement l’aventure de la rencontre dans le dénuement.

Cette nuit, Cuco a accompagné le set de Léonie Pernet, set qui ressemblait à un marathon inspiré et expérimental. Comme à son habitude, Léonie Pernet était impassible, elle a cette grâce d’une puissance fragile et d’une présence dense. Rien en elle ne s’est dissout dans l’expressivisme festif, elle s’est tenue là, devant nous et n’a rien lâché. Cuco a dansé à ses côtés, derrière elle, très longtemps et ébloui par le mur de néon, il est entré peu à peu en transe. Atef Abbidi, puis Sally l’ont rejoint, l’un après l’autre. La scène s’est remplie, l’atmosphère était folle, malheureusement « les forces de l’ordre » du lieu n’étaient pas très conciliantes et plusieurs personnes ont dû redescendre

Cuco a aimé danser en particulier avec Céline Caillault, Jasmin de Nimbocatin, Marie Millon, Hélène Salluste, Atef Abibi, Sally Zemour, et Thomas Campagne, de loin, aux rythmes du mix de Léonie Pernet. Il y avait aussi non loin, Alan Aaron, Julia Giardino, Julia Palmiéri, Alice Davallan

Tandis que le set interminable et hypnotique de Léonie Pernet s’étirait, Cuco a entrecoupé ses moments de danse de pauses contemplatives. Du petit Hublot, l’eau semblait toute proche, Cuco entendait le clapot de l’eau, juste en le regardant. Le jour se levait, une lumière dorée illuminait la surface de la Seine. Et ça n’arrêtait pas de danser, Jasmin de Nimbocatin était déchainée. Cuco a dansé encore, avec Chill O, Hélène Salluste et Fred de Clerc « el doble ».

Cuco est allé une dernière fois dans le backstage, où Marie Million, déchirée, tel un ange déchu, dormait allongée sur le banc, la tête reposant sur les genoux de la belle Hassiba Azizi qui lui caressait doucement le visage et les cheveux.

Cuco a discuté une dernière fois avec l’adorable Julie La Rule, programmatrice des soirées au Batofar, qui lui a remis une invitation pour une très prochaine soirée

Cuco est sorti du bateau, heureux de cette folle nuit, heureux de partir à pieds le long des quais avec Léonie Pernet, et de découvrir qu’elles marchaient ensemble sur l’allée Rimbaud, il a trouvé la coïncidence jolie, car la première fois qu’il est venu au Batofar, il avait justement pensé au poème Le bateau ivre.

Il faisait presque jour, en partant, Cuco aperçu un petit groupe assis au loin, il reconnu Sally et Thomas de Campagne, Chill O est venue lui dire au revoir, elle était radieuse. Et puis Cuco et Léonie sont parties en voiture. Comme c’était beau et étrange de traverser la ville à l’aube, avec ses boulevards vides, la ville, comme dans un rêve, était presque déserte. C’est la première fois que Cuco conduisait, en murmurant secrètement I was dreaming in my dreaming et puisque la réminiscence de cette nuit est placée tout entière sous le signe de NYC, du rêve, et de Rimbaud, j’ajouterais, Cuco murmurait I was dreaming in my dreaming en pensant à Patti Smith, quand elle lit Peaple have the power « LISTEN I believe everything we dream can come to pass through our union, we can turn the world around, we can turn the earth’s revolution, we have the power. People have the power … que je vous fais écouter

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :