Gender queer and lesbians performances à La Machine du Moulin Rouge

Ces deux dernières semaines tout s’est passé à Pigalle pour Cuco, en particulier à la Machine du Moulin Rouge. Mila Aragon a proposé à Cuco de venir  le samedi 22 septembre à la Machine pour « foutre le bordel sur scène »  à l’occasion du mix de Guido Minisky pour le Nouvel An belge. Cuco est arrivé à 2h30 à l’entrée, Mila était déjà là, avec Johanna De Pute, Guido Minisky, Alice Davallan, et Sally qui a annoncé à Cuco qu’elle avait ouvert une première enveloppe anniversaire et qu’elle avait trouvé dedans un billet coloré avec la question suivante: qu’est-ce qui nous réunit ?  La règle du jeu anniversaire de Cuco consiste à proposer à SZ d’inventer  une réponse sous forme d’action ou de proposition. Cette soirée, où elles n’étaient pas censées se retrouver, constituait déjà en soi une forme de réponse, mais Sally a glissé à l’oreille de Cuco qu’il avait intérêt à être réceptif, car elle avait quelques idées de réponses.

Cuco a accompagné ce petit groupe dans les loges, avec Crame en plus, où un certain chaos éthylique régnait, normal vue l’heure avancée et la foule présente. Il a assisté  à la préparation de Mila Aragon, véritable opération de travestissement, et a pu mesurer une nouvelle fois toute la proximité qu’il a avec le monde du show, mais aussi tout l’écart qui l’en sépare. Mila Aragon et Sally sont bien sûr du côté du show sexy. Toutes les fois qu’elles dansent, elles jouent des codes érotiques hétéronomés, et, telles des drag queens, surlignent les signes et surjouent les codes de la féminité.

Un nuit, alors qu’il regardait des danseuses de pole dance au club Les filles de Paris, Cuco s’était dit alors qu’il n’était pas touché par ce genre de performance, parce qu’il voyait trop la mécanique des corps, la stéréotypie instrumentale des gestes et dans le regard de ces filles qui le faisaient, comme certaines actrices pornos, une absence à elle-même. Cuco avait constaté que ce soir là en tous cas, ça ne marchait vraiment qu’avec les hommes hétérosexuels. `

La question et la nature de la subversion  se déplace évidemment en fonction de l’historicité des codes de représentation. Dans le cas de Mila et de Sally, lesbiennes lipstick  ultra fem, ça pose autrement la question, et puis elles diffèrent dans leur style. Mila Aragon, avec son corps magnifiquement tatoué, opère une transmutation qui défait le pur côté fem. Même s’il ne suffit pas de l’écrire pour y être ou en être, elle arbore un tatoo textuel QUEER sur le ventre, dans son cas cet acte tautologique fonctionne. Quant à Sally Zemour, elle surjoue la jeune femme libérée et endosse volontiers le rôle de la bitch ingénue ou de la nympho montrant systématiquement ses seins, ou mimant une fellation, comme justement ce soir là, avec un garçon et une bouteille en plastique, élevant le show à la dimension parodique. En tous cas, Cuco a aimé danser avec ces deux faux queens d’un « genre » différent, mais aussi avec Crame, Johana Depute, Alice Davallan, Guido Minisky, et à la fin – car son set s’est terminé avec une foule sur scène – avec Flowinbxl, Hassiba Hazizi, Julia Tyrannia, et Jasmin De Nimbocatin qui a enfilé les chaussures rouges à talons aiguilles de Mila Aragon, la même Mila qui a envoyé à Cuco cette jolie photo qu’elle a intitulée Apparition

Pict by Mila, Machine du Moulin Rouge

Pour ce nouvel an belge, Cuco a rencontré une belge avec laquelle il a poursuivi sa dérive nocturne aux Folies Pigalle, où elles ont dansé jusque tard le matin, au milieu d’une assemblée queer majoritairement constituée de gouines, de pds, de trans, de travs, et de putes. Qu’on se le dise, il n’y a donc pas que NY, Berlin ou Londre pour offrir une vraie scène queer et des backrooms lesbiens.  Cuco a aimé aussi re-croiser Chärly-Nelly Adäms, dansant dans toute sa blonde splendeur sur le dancefloor des Folies Pigalle qui a inscrit sur son profil facebook une devise que Cuco a faite complètement sienne depuis sa naissance : « Oh la nuit c’est mon monde, c’est la nuit qui est flatteuse, dans la nuit, pas de contrôle, je vis dans la forêt de mon rêve, je vis parmi les créatures de la nuit, je dois croire en quelque chose, alors je me persuade de croire que la nuit ne finira jamais ».

An other crazy-and-unlimited-night-with-many-crazy-girls-and-boys c’était la WET FOR ME organisée par la super team des Barbieturix le samedi 29 septembre, nuit de pleine lune. Avec Léonie Pernet, elles sont tombées directement sur G.Atger qui revenait d’Angleterre, c’était festif, puis Cuco a croisé Ragnhild Lafon, djette et créatrice des Barbieturix, dragkinguée et très sexy avec son petit short noir, qui lui a dit qu’elle était la veille au concert de Breton et qu’elle l’avait vu dans un film. Cuco était surpris et heureux d’apprendre que les images filmées en mai étaient déjà utilisées, cette rencontre avec Roman Rappak est une jolie histoire de lune aussi, un jour il m’a dit qu’il voulait me filmer, on s’était vu une fois chez Moune, j’ai dit d’accord faisons une dérive et Roman a demandé : What does it mean a derive ? Le récit de cette virée dans un post de juin what-does-mean-a-derive.

Cuco a passé une merveilleuse soirée et a aimé danser jusqu’à l’aube aux rythmes de  Dinky, de Lady Jane, et de Ragnhild Lafon, avec un garçon vu à la Flash, mais dont il a oublié le nom, avec Thomas De Campagne, Chill O, Hélène Jennox, Céline Caillault, Julia Tyrannia, Olivia Van Der Vinck, Marie Millon, Géraldine Atger, Olivia Haine, Marie Macabre, Jasmin de Nimbocatin, Lubna Lubitsch, Hassiba Azizi, Marie Million, qui avait ce soir là un incroyable look de chevalière queer et un amour anglais en bandoulière

De nouveau, la question transgenre a surgi avec toutes ces lesbiennes butch ou autres dragkings travestis en femmes présentes à la soirée. Ainsi Jasmin de Nimbocatin, titillée depuis la semaine dernière par l’emprunt des chaussures à talons de Mila, habituellement dragkinguée, s’est dragqueenée. Cuco, dont l’adage premier est « Cuco is Cuca et vice et versa » n’a pu qu’apprécier ce redoublement créateur qui signe l’artificialité définitive de l’inscription genrée, mais aussi manifeste sa libre fluctuation, dans ces inscriptions polymorphiques.

Cuco a passé du temps dans le backstage en très bonne compagnie dans une atmosphère digne d’une Wet For Me avec pleine lune

C’était l’aube, personne ne voulait rentrer, alors un grand troupeau s’est mis en mouvement pour une improbable street after Wet For Me.  » Quand on pense que les gens croient qu’ils peuvent dormir avec les barbieturix, ils se trompent » c’est une phrase prononcée dans le dernier film d’Alain Resnais, Vous n’avez encore rien vu.

D’ailleurs, il y a une belle série de photographies de la soirée par Chill O ici : WFM_29_09_12, qui a réalisé, comme toujours, un portrait de Cuco très juste

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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