Before cheveux au Musée du Quai Branly

Cuco s’est rendu au Quai Branly pour la before cheveux le vendredi 9 novembre,  il a croisé Esmé Sous-entendue dans les escaliers, en a déduit qu’il avait manqué le show des Travlators, mais plus tard, il  a retrouvé Nue Elle Nahr Sade, Clara Pacotte et Dora Diamant sur le dancefloor désert, où ils ont dansé un petit peu ensemble. Malheureusement, la musique s’est arrêtée avant que Cuco n’ait eu le temps de s’accrocher aux longues et fantastiques nattes de Dora Diamant. Ce qui est joli avec ces nattes, c’est qu’elle s’en sert gracieusement, comme une petite fille d’une corde à sauter.

Dans la file d’attente, j’ai rencontré Taz, une styliste anglaise installée à Paris depuis 2 ans, qui, immédiatement, a été très à l’aise avec moi. Taz me parlait comme si tout était absolument normal, elle m’a simplement demandé si j’étais habillé comme ça parce que je faisais quelque chose ce soir, ou juste parce que ça me plaisait. Taz pensait que j’existais tout le temps, le matin, la nuit, le jour, bref, que j’existais comme tout le monde, dans une continuité temporelle ordinaire. Elle était déçue et même surprise qu’il n’en soit pas ainsi. Quand je lui ai expliqué que j’étais un agent double, elle s’est demandée si elle était vraiment chanceuse de m’avoir rencontré, car  peut-être que l’autre personne était formidable et valait plus la peine d’être connue que Cuco. Ni moi ni elle n’auront jamais la réponse.

Comme je n’avais pas encore compris que l’exposition avait lieu au 2ème étage, j’ai erré longtemps dans le hall où il y avait des animations, dont un atelier d’essayage de perruques ou de coiffes extravagantes, plus loin, Paolo Ferreira, le styliste des cheveux  et son équipe, transfiguraient les personnes ordinaires avec leurs créations végétales extraordinaires. Je n’avais à priori pas l’intention de me faire coiffer, étant donnée ma constitution, mais quand il m’a vu, Paolo a voulu tout de suite s’occuper de moi. Il a regardé ce qui conviendrait, a hésité un peu, puis nous avons choisi ensemble une sculpture végétale volumineuse dans un style échevelé, avec une tonalité verticale. Pour la première fois, Cuco était chevelu. Merci Paolo Fereira.

Je me suis assis comme chez le coiffeur, j’avais une voisine stressée, qui, en découvrant ce que le styliste lui avait mis sur la tête – sorte de petite architecture végétale discrète mais avec une grosse fleur – a décrété que ce n’était pas portable, ça. Il lui a répondu : « Vous avez vu ce que vous avez à côté de vous ? ». Là elle m’a vu, et elle s’est tue.

Après, j’ai rencontré Farid du Fox Crew qui m’a indiqué qu’il y avait bien une exposition là-haut, alors je suis monté à l’étage, apparemment j’ai pris l’exposition dans le mauvais sens et ai commencé par la fin, me suis retrouvé déambulant au milieu de parures, de trophées, de scalpels, de masques et autres talismans aux fonctions magiques ou sacrées. Comme des objets transitionnels, certaines créations avaient une charge poétique et énergétique puissante. Force est de constater que Cuco n’était qu’une sorte de prolongement naturel, présent et vivant, de tout ce qui était exposé dans les vitrines, et peut-être grâce à cette coupe de cheveux, je ne me sentais pas incongru du tout.

Un inconnu m’a photographié et m’a envoyé la photo, trace d’une rencontre et d’une action improvisée et partagée avec Paolo Ferreira. Tout comme sa sculpture végétale, ma présence est éphémère. Cuco aime participer à ce mouvement des invisibles qui perturbe le processus de muséalisation généralisé.

A la fin de l’exposition, un homme est venu me parler et m’a demandé si j’étais nu là-dessous. J’ai répondu que oui bien sûr, puis j’ai quitté le Musée, marché dans les rues, traversé le pont de l’Alma, il faisait déjà bien nuit, quelques voitures ralentissaient quand les phares m’éclairaient.  Me suis engouffré dans la première rame de métro, deux petite filles sont venues me voir, elles souriaient timidement, n’osant même pas me parler, elles ont demandé à leur maman pourquoi je faisais ça, je crois qu’elle a répondu que je faisais ça pour m’amuser.

La soirée ne s’est pas arrêtée là, puisque c’était une before, Cuco écrira bientôt la suite de ses aventures échevelées…

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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