Il fait toujours nuit sinon on n’aurait pas besoin de lumière

Le dernier jour du mois de janvier 2013, c’était la FURIE au Social Club, avec la promesse d’émotions cosmiques, d’apparition et de couronnement de la Vierge, non, ça c’est au Louvre et c’est grandiose, je voulais dire d’apparition de COMÈTES !

Comme une queue de comète, Cuco est arrivé vers 3h30 du matin, Yuksek faisait son djset, comme ça faisait longtemps que Cuco n’avait pas parcouru un dancefloor,  il ressentit une petite griserie, un sentiment d’ivresse monta, comme une avidité perdue et retrouvée. L’atmosphère était étrange, flottante, erratique. Le doux visage de Yuksek revenait régulièrement sur un moniteur suspendu au-dessus du bar, parce qu’au Social, l’espace est compartimenté, tu peux vivre le live sans le voir, et sans même croire qu’il y a un live. Comme il était tard, les gens étaient ivres, Cuco se sentait décalé mais heureux, et en levant la tête, il découvrit cette phrase de Telémonious Monk écrite sur le mur :

Il fait toujours nuit, sinon on n’aurait pas besoin de lumière

Cuco se demanda si c’était juste une histoire d’interrupteur, l’énoncé devenant alors pléonastique, pouvant être remplacé par « N’éteins pas la lumière » ou bien par « Allume la lumière ».

Ou si, au contraire, cette phrase avait une portée métaphysique. Est-ce que ce n’était pas une thèse gnostique teintée de pessimisme platonicien, voire même de catharisme dépréciant le monde terrestre et son obscurité, accompagné d’une croyance en un arrière-monde ?

Est-ce que ce n’était pas tout simplement une trouée mystique qui corroborait une nouvelle fois son hypothèse que la nuit est une  initiation et une révélation continuelle ? Cuco se dit qu’il y reviendrait plus tard, et pensa soudain à son amie Brigitte Fontaine qui aurait sûrement choisi la version Interrupteur.

Cuco et Stephane Von Brach sont tombés dans les bras l’un de l’autre. Beau avec sa nouvelle coupe, cheveux bleus, ou gris, je ne me rappelle plus très bien à cause de la lumière, ou de la nuit justement, il dansait non loin du bar, avec les charmants Brice Rambinaising, Eric Benchétrit et Ahmed Abdouni. Me suis avancé pour découvrir le live, c’était une foule bien compacte qui dansait, en revenant j’ai croisé Hassiba Azizi et Diane Douceur qui trouvaient que la soirée ramait un peu, et tandis qu’on parlait tranquillement, on m’a embêté tout de suite pour prendre des photos, ou me demander des choses aussi absurdes que vulgaires. Alors que je conversais, une fille me touchait la tête de manière insistante, comme si j’étais une poupée inanimée, quand je me suis retourné, elle m’a demandé si c’était bien une fermeture éclair. J’ai dit qu’en effet j’avais bien une fermeture éclair sur la tête, j’aurais dû ajouter que j’en avais plein d’autres, et surtout, que ne les ouvrait pas qui veut. C’est alors qu’un garçon est arrivé pour me demander si je l’avais payé cher, mon costume, parce qu’il était super.  Hassiba Azizi m’a dit qu’elle ne remarquait plus mon masque tellement elle était habituée. Puis j’ai rencontré les chères Olivia Haine et Marie Macabre qui faisaient aussi un peu la moue, avec des pseudos pareils il faut dire que ça prédestine un peu, elles aussi m’ont dit quelles n’étaient plus habituées à ce genre d’atmosphère, presque classique, de boîte de nuit. C’est vrai que la petite tribut queer semblait perdue, peut-être parce qu’il manquait Dactylo avec sa quotidienne saturday night fever ?

Pourtant quelque chose s’est passé, quelque chose a pris ! Je ne sais pas à quel moment mais quand je suis retourné sur la piste, Niz Denox était aux commandes, accompagné en danse par Esmé Sous Entendue qui cette fois ne parodiait pas Patti Smith mais dansait, dans une version gymnase et presque burlesque. Adoptant le côté naturiste de la danse libre, elle arbore seins nus, poils sous les aisselles, lunettes aux verres épais, et elle subvertit assurément les codes de la sexitude hétéronomés. D’ailleurs ça marche, un type qui collait Cuco a voulu s’en faire complice en critiquant la belle Esmée. Ce n’est pas possible, cette fille là, elle est vraiment chelou, en plus elle s’y croit. Cuco a répondu que personnellement il aimait, et bien sûr il s’est éloigné poliment. Et puis quand Pepi della Fresca est apparu aux côtés de Niz Denox et d’Esmée, c’était évident : c’était le hippie revival, pas dans la version Pink Floyd, non, plutôt un style d’inspiration champêtre et bon enfant. Et toute la fin de soirée était pleine de grâce, le dancefloor s’était un peu vidé, et avec SV B, Dani, nous avons follement dansé. Il y avait aussi Brice Rambinaising, et Eric Benchétrit. Un barman m’a proposé de m’offrir un verre si j’enlevais mon masque, j’ai décliné l’invitation et suis parti quand la fête battait encore son plein et que Dani l’inconnue ivre voulait absolument m’entrainer dans une danse proche d’un vieux rock be bop intenable et m’inviter à prendre un shot de wiskey avec elle. Elle m’a supplié d’accepter le shot la prochaine fois qu’on se verrait, peut-être à la Trou aux biches. (Sur la photo, le trio Hippie and happy revival)

_mg_1319-copie-1

En effet Cuco l’a retrouvée à la Trou, mais elle semblait avoir oublié sa promesse et de toute façon, Cuco avait déjà assez bu. Les biches étaient dans l’ensemble ivres et déchainées quand je suis arrivé à la Java. Leur poil tiède et humide collait aux tempes.

Ce qui est bien à la Trou aux biches, c’est que la douceur de l’animal totem exerce une influence remarquable sur les êtres. C’est chamanique en fait, si l’on se met en lien avec la Trou aux biches, on éprouve inévitablement un devenir-biche, c’est à dire un mélange de grâce et de douceur. Même s’il y a toujours quelques récalcitrant(e)s. Et ce soir là, c’était particulièrement queer parce JD SAMSON était l’invité d’honneur, et si l’on connaît le mythique groupe new-yorkais Le Tigre, on ne peut pas ne pas être particulièrement ému. Cuco et JD Samson ont d’ailleurs beaucoup dansé ensemble, sans que Cuco ne se rende vraiment compte que c’était s/he; sans doute parce que cette phrase du Social Club l’a poursuivi et le poursuit encore. Cuco a aimé aussi danser avec Mohamed Saïdi, avec Lucie Kayser revenue du Mexique, avec Raya Martini, Stephane Von Brach. Aimé aussi revoir Dani, Esmé Sous Entendu, Jeremias Ghinzu Boulanger, Tattie Queen Mum. Et tous les autres, connu(e)s ou inconnus. L’atmosphère était douce et bienveillante, Valentin Jordan-Watrelot a joué les chevaliers servants pour aider Cuco à retrouver son manteau avec les clefs qui étaient tombées sous la banquette en se servant de son téléphone pour éclairer. Oui décidément il fait toujours nuit, sinon on aurait pas besoin de la lumière. Last, but not least,  je ne résiste pas à reparler d’une soirée de l’année dernière, parce que je découvre une photo d’Elora Thévenet, avec Mila Aragon, quand elle m’avait prêté sa casquette, elle m’a d’ailleurs entretemps rebaptisé Cuco Cucasquette. C’était à la Flash Cocotte du 15 décembre.

Cuco Cucasquette de Mila

Et je découvre aussi un joli petit film de cette même Elora Thévenet, que je partage. L’atmosphère est folle, à 1.18, c’est le baiser de Cuco je l’avais oublié…. et tout ça se termine dans le voile du marié, une célébration d’un authentique mariage gay, lesbien, so queer

https://vimeo.com/55927258

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :