petit compte rendu d’un rdv tranquille entre élites de la nation à Barbès

Cuco est arrivé tard à ce mystérieux rdv dont l’initiative et l’intitulé viennent de Marie Million et Céline Caillault. Léonard Collignon était un des hôtes généreux qui devrait essuyer plus tard les dommages collatéraux de cette réunion au sommet. C’est Jasmin De Nimbocatin qui a ouvert la porte et qui m’a accueilli. Une si douce habitude entre nous maintenant. C’était heureux de retrouver cette joyeuse assemblée. Marie Million était avec son jeune frère Ferdinand, double au masculin, être aussi charmant, juvénil et poétique que sa soeur. D’ailleurs ils dansent de la même manière et Cuco a beaucoup aimé danser avec Ferdinand qui lui a dit les yeux brillants tu m’intrigues …Sally était gentiment assise sur un banc aux côtés de Géraldine Atger.  Depuis sa chute, elle se doit d’être sage et elle joue aux petites filles modèle, ce qui lui sied parfaitement. Bien sûr Cuco a pris des nouvelles de sa santé, le scoop de sally-aux-urgence ayant vite circulé sur le web, c’était difficile de passer à côté, même sans être à la soirée. Maintenant je connais la version officielle: SZ s’est pris une pinte dans le cul, ça ne doit pas être pour te déplaire puisque tu fais l’apologie du fist. Ah non ce n’est pas pareil, je parlais du fist vaginal. Rooh …tu n’es pas très queer Sally, le pur vaginal est inactuel, surtout après la vague d’articles anti-naturalistes qui a déferlé sur la vieille France. Caroline-de-Bonton-qui-ne-le-cultive-pas est alors brusquement sortie de sa torpeur – dans laquelle elle avait sombré depuis quelque temps déjà sur son canapé – et a beaucoup ri. Plus tard, j’ai dû moi aussi me faire réparer le cul par Léonard Collignon qui a découpé un petit bout de gaffeur noir et l’a collé avec ses mains délicates. Non parce que le lieu de rdv des élites de la nation s’était transformé en fistinière mais parce que Cuco est d’une constitution fragile. Mais les petites réparations ne sont jamais définitives.

Et puis il y avait là Hassiba Azizi,  Léa Le, Diane Douceur, Jess.S, Julio Tyrannio, Adrienne, de charmants inconnu(e)s bien sûr,  Margaux Balagny, Céline Cee, Carlotta Fiorin, Camille Matinal,  Thimotée Cervaux, et surtout, Yuki de Nimocatin, le chat mascotte ! Dans le couloir, un garçon m’a demandé en quelle matière était mon vêtement, je lui ai dit que c’était de l’angora sans poils, si on connaît bien l’angora à poils longs à cause des lapins d’appartement, en revanche on connait beaucoup moins l’angora sans poils. Cuco est à l’espèce humaine ce qu’un sphinx est à l’espèce féline : une bizarrerie aussi séduisante que repoussante. Le sphinx n’a pas de poils, il est toujours chaud et tiède et dort sous la couette comme un être humain.  J’ai rencontré Luc Angelini, un garçon vif et curieux. Excessivement même puisqu’un peu ivre il s’est approché à 5 centimètres de moi pour tenter de voir un peu ce qu’il y avait en dessous de mon masque. Leonard C, chevalier servant en chef, est intervenu aussitôt pour qu’il ne m’embête pas. Nous nous croisons souvent sur le dancefloor mais nous ne nous étions jamais parlé. C’est ce que Luc m’a dit. Je vois souvent des filles t’embrasser alors qu’elles ne te connaissent même pas. Je n’ai rien répondu, mais j’ai manqué de répartie, car maintenant que j’y réfléchi, il y a beaucoup à dire. D’abord je connais beaucoup de gens qui s’embrassent sans se connaître, c’est d’ailleurs parfois ce qui fait le charme ou l’excitation du baiser.  Ensuite, il n’y a pas que des filles, mais aussi des trans, ou des pds queers. Ensuite, oui Cuco pose concrètement et socialement la question de la connaissance de l’autre, et en ça Cuco est une subversion définitive. Je le dis car c’est concret, je le ressens pour moi-même, c’est toujours une expérience troublante d’être au monde et d’être dans le monde. Et puis faut-il  nécessairement être capable de décliner l’état civil, le métier, l’adresse de quelqu’un pour pouvoir dire qu’on le connaît ? Il n’y a qu’à repenser à cette époque pas si lointaine où il n’y avait ni téléphone, ni internet, où n’existaient ni le cinéma, ni la photographie, ni la voiture, ni l’avion, ni les trains, une époque où les êtres parfois s’écrivaient, espéraient se voir, sans finalement jamais se voir

Géraldine Atger m’a demandé quel serait d’après moi le futur de Cuco. NO FUTURE. Avec ses airs de punkette et de baby Genesis P Orridge, cette réponse ne pouvait que lui plaire.
A propos d’élites de la nation, en fait c’était plutôt peaple / young peaple.
D’abord, Sally a annoncé à Cuco qu’elle allait voir sa photo dans le New York Times.
Puis, avec Lubna Lubitsch on a discuté de son nouveau statut de star d’inrock. Car Lubna est devenue la nouvelle égérie lesbienne. Comme sur la photo des Inrocks, elle était jolie, avec la même coupe de cheveux bombée, un peu au bol, la peau juste un peu moins immaculée, et surtout, il n’y avait pas écrit sur son visage Sale Gouine, entre autre parce que les élites de la nation ici réunies étaient tou(te)s trans pds gouines, quoique l’homophobie puisse exister entre gens de même orientation sexuelle, et peut même exister avec soi-même. En tous cas, dans cette atmosphère révolutionnaire qui règne depuis quelques mois, grâce aux efforts de la LGBT, des collectifs Oui oui oui et de Gouine comme un camion, elle peut être fière d’être devenue un des visages de la lutte, d’autant qu’elle l’incarne et la représente réellement, au-delà d’elle-même, en tant que rédactrice en chef des Barbieturix.
 Ne manquait plus que Léonie Pernet, qui a elle aussi fait dernièrement une couverture, celle de Snatch, avec Dick Rivers en plus.  Pendant que nous brûlions follement notre petit et précieux temps de vie Boulevard Barbès, de l’autre côté de l’Atlantique, à Brooklyn, elle finissait de concocter son mix sorti hier, 12 février, sur Brain, juste à point nommé pour fêter non mardi gras, mais l’adoption à l’assemblée de la loi du Mariage pour Tous et rendre hommage à Christiane Taubira, notre grande héroïne politique. Celle qui suscite tant d’amour et celle que Cuco remercie à son tour, car grâce à elle, et pour la première fois en France, la cause des minorités « raciales » et celle des minorités sexuelles ont été réunies. C’est bien forte de ce passé identitaire, post-colonialement engagé, farouchement anti-républicain, qu’elle a pu porter haut et fort ce discours sur l’égalité des droits. C’est cette base anti-universaliste qui l’a menée à dire avec autant de fermeté que la différence ne suppose pas l’inégalité


. Enfin de la vraie politisation du débat transcendant l’esprit de chapelle !

Sinon, Julio Tyrannio portait un magnifique sweet avec un grand visage de cerf. S’il venait avec à la Java, il deviendrait vite une des nouvelles icônes de la Trou aux biches.

Axelle Lavaivre Rock, Olivia Haine et Marie Macabre ont débarqué au beau milieu de la nuit, de très bonne humeur, avec des copains d’anniversaire apportant leur énergie renversante….Il était temps parce que dans la pièce d’à côté ça dégénérait en soirée baba cool avec Jasmin De Nimbocatin à la guitare sèche et tout le monde autour chantant et reprenant les refrains.

Céline Caillault m’a mis doucement de son rouge à lèvre en s’appliquant et en s’efforçant de ne pas m’en mettre partout.

On a dansé sur des vieux tubes du Tigre

La neige tombait doucement sur le Boulevard Barbès

Léa Le et Caroline De Bonton ne cessaient de dire qu’elles allaient partir mais elles ne partaient jamais.

Caroline De Bonton avait envie de vomir, mais comme ça ne va pas avec son nom altier, elle s’en empêchait. Vaillamment, elle est restée élégante et nauséeuse jusqu’au bout, assise sur une table, les jambes dans le vide, rieuse, avec cette aura brésilienne au-dessus de la tête

Au cours de la soirée, Romain Merle est venu se présenter à Cuco en lui disant qu’ils avaient dansé ensemble. Oui et c’était un très beau moment je me souviens. Et puis Romain m’a dit qu’il avait vu que je faisais des performances. Mais ce n’est pas vrai, car ni l’action, ni la présence de Cuco ne supposent de spectateurs, ni n’implique d’en convoquer nécessairement. A la limite, c’est l’esprit du happening revisité au XXIème siècle, comme lors de la Rhata Yata Khrisna, ou dans n’importe quelle soirée, et lorsque Cuco a piraté l’espace de la performeuse Yahoi Kusama au Centre Pompidou, c’était précisément un pied de nez à l’institutionnalisation sacralisante de la performance.

Cuco pirate, sinon, quand il est convié ou invité et que cela l’inspire, il se contente de passer et de participer, comme ce soir . Ne rien faire de spécial. Etre là. Au présent. Peu de temps avant l’aube, Léa Le a invité Cuco à poser. Elle m’a aussi proposé une expérience avec Sally. Que nous nous enlacions. http://lanuitsansfin.tumblr.com/

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :