There is no band, but yet there is a band (Cuco au Silencio)

Cuco descendit l’escalier du Silencio. Comme il était anormalement long, quand il arriva au sous-sol, son rapport à l’espace avait changé.

There is no band. No hay banda ! And yet we hear a band

Presque comme s’il était chez lui, Cuco déambula dans cet espace labyrinthique du sous-sol où le réel avait rejoint définitivement la fiction. Oui, bien sûr la fiction précède la réalité, Cuco le sait bien. Dans ce décor des années 50, au plafond doré et sculpté, dans cet endroit mystérieux qui n’échappe pas à sa réplique de décor de film, Cuco entendait, par bribes, la bande son de Mulholland Drive.

Il n’y a pas d’orchestre. C’est une illusion !

Pourtant, ce soir là, Cuco ne venait pas seulement revisiter ni ajouter une couche de fiction à la fiction. Ce soir là, c’était le premier concert de Léonie Pernet, avant qu’elle n’intervienne en mai à la Cigale, en avant-première de Gesaffelstein. Cuco croisa G.Atger à l’entrée, autour du bar étaient réunis les amis proches et le cercle étroit, dans une atmosphère de contrebandiers de luxe. Cuco ne connaissait pas tout le monde, il reconnut et retrouva avec bonheur Léa Le, Chill O, Régina Demina, Jasmin De Nimbocatin, Marie Million, Léala-Rain Shonaiya, Léonard Collignon. Cuco but du wiskey japonais qu’il proposa à Chill O qui déclina l’invitation. Cuco rencontra Camille et Fleur, ils parlèrent de Corps VS Machine. C’était quand même là, Chez Moune, dans ce petit club de Pigalle au moins aussi mythique que le Silencio, que tout avait commencé en décembre 2011. L’atmosphère était aussi feutrée que joyeuse. Il y avait là Kill The DJ, Stéfanie Frichard et Fanny Racaillou, toute une petite faune gay et lesbienne qui venait directement de la mairie où on avait fêté l’adoption du mariage pour les couples homosexuels. D’ailleurs, Cuco reçut ce soir là sa première demande en mariage. Qu’il honora.

Dans le petit salon devant la scène du Silencio, Cuco s’assit derrière Guido Minisky du x ( et de chez Moune) et sa compagne. Il aperçut les visages de Julio Tyrannio, de Jess Soussan, de Nina Droz, de Vainui De CastelBajac, de Juliana Giardino, qui, assises par terre, regardaient vers la scène. Léonie Pernet entra en scène. Cuco la regardait et entendit une voix. No hay banda ! Non ce n’était pas elle, ce ne pouvait pas être elle qui disait ça. Elle commença par un solo de batterie. Debout derrière la batterie, elle était belle, elle avait cette allure frêle et juvénile, se dégageait de sa présence une fragilité qui coexistait avec une force et une puissance physique dont on se demandait à quelle source mystérieuse elle puisait. C’était une entrée en matière intense et contenue, tout au long du concert l’atmosphère était magique, nous étions tous serrés les uns contre les autres, dans une attention extrême et précieuse. Léonie chanta Mister A, et puis quand elle chanta Blue is Dead, tout à coup, sa voix s’arrêta, elle ne tomba pas au sol comme dans le film, on voyait juste son double dans le miroir continuer à chanter, la musique était très lointaine, comme un murmure, comme si on avait mis le son dans des baffles en fond de scène, rendant la scène excessivement lointaine, si bien que le son ne nous parvenait pas. On entendit de nouveau : There is no band, but yet there is a band !

Après le concert, dans un recoin, il aperçut Chassol, revenu d’Inde, qui raconta à Maud Geffray et à d’autres comment nous nous rencontrâmes une nuit au Social Club et comment Cuco lui avait chanté la mélodie de Russian Kids sur le dancefloor. Il ne dit pas qu’un jour Cuco assista à son concert avec un nom d’emprunt que Chassol lui avait trouvé. Comme le mariage avait été décidé entre Léa et Cuco, il fallait immortaliser cette cérémonie. Nous passâmes dans le petit salon pour cela. Nous étions un peu émues et légèrement intimidées, comme sur la photo. Ni Léa ni moi-même n’avons évoqué les closes précises de notre contrat de mariage, mais je pense que nous nous accordons sur le principe libéral de base : le polyamour.

léa le et Cuco au Silencio

Cuco croisa Léonie avec des coupes de champagne, c’était l’anniversaire de Marie Million qui partait à l’aube dans le Perche. Dans les années 2000, le Perche était devenu une destination pour les parisiens, et ce mouvement s’était radicalisé dans les années 2010. Sûrement à cause de la nostalgie des sommets.

A la fin, les voix reprirent. Go with me somewhere. C’est comme ça que le film avait commencé. Go with me somewhere. C’est comme ça que les deux filles arrivaient au Silencio dans le film. Go with me somewhere. C’est comme ça que la soirée se prolongea non loin du Canal, dans un after Cuco-Chill O, où quelques rescapés du Silencio s’étaient réunis.

Cuco au Silenzio photo-6

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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