Cuco kidnappé

Ce soir là, nous étions le 4 mai, et Cuco avait cédé à l’appel de la soirée masquée « je suis bonne je suis une femme », Axelle-Lavaivre-Roch mixait, et puis il y aurait Janine Rostron. La soirée sonnait comme une promesse. Il arriva à la Bellevilloise vers 1h30, Planningtorock était justement aux commandes. L’atmosphère était inhabituelle, la soirée avait des allures légèrement carnavalesques avec des personnes masquées. Une majorité d’inconnus n’ayant pas l’habitude de croiser des activistes queer, ou autres créatures, était rassemblée, si bien que Cuco subit de nombreux assauts de questions, mais surtout de regards et d’attouchements difficiles à supporter. Il n’y avait que peu de têtes connues, les gouines et les pds étaient déjà à la kidnapping, ou bien se réservaient pour le marathon The Knife + Trou aux biches-à-La Java qui avait lieu le lendemain. Heureusement, il retrouva Luc Angelini, avec lequel il dansa longuement, ce fut, ce soir là, le protecteur de Cuco et nous partageâmes notre goût commun pour Planningtorock, qu’il avait vus en live à Berlin. Aifol Raster était l’autre bonne surprise, nous dansâmes aussi longtemps ensemble. Axelle me présenta à un couple gay, dont un mexicain, elle me parla de leur bel amour, m’expliqua qu’ils s’écrivaient : c’était un amour à distance, inactuel, qui durait dans le temps. Cuco aima cette histoire autant qu’Axelle l’aimait. Cuco aime bien qu’on lui raconte des histoires sur le dancefloor. Je dansai encore un peu en regardant Janine Rostron, qui me touche toujours beaucoup, elle fit un très bon set, puis je filai dans la nuit, espérant arriver à temps à la Kidnapping qui avait lieu à la scène Bastille, pour écouter Scratch Massive et voir Léonie Pernet à la batterie qui les accompagnait. Quand il arriva, le concert venait de se terminer. C’était le chaos total sur la scène. Léonie P rangeait ses machines, et derrière les platines, une ribambelle de filles toutes plus déjantées les unes que les autres, s’activaient. Juliana Giardino était transformée en religieuse et levait les jambes, comme si elle se prenait pour une danseuse de French Cancan. Voilà, c’était donc ça la mythique kidnapping dont Cuco entendait parler depuis longtemps ! L’atmosphère était plus proche d’une boum lesbienne, ou d’un carnaval, que d’une simple fête. Comme d’habitude, Jasmin De Nimbocatin vint l’accueillir. Cuco vit Hélène Jennox pour la première fois aux commandes. Depuis quelque temps, Hélène Jennox, dit Le Poulpe – parce qu’elle arbore un costume de poulpe,  rendant sans doute hommage par là à son pays natal – officie sur les scènes des soirées lesbiennes et queer. Puis un grand mouvement de foule a eu lieu, sorte de reflux de la scène vers le dancefloor, vidant d’un coup la scène.

Cuco rencontra Sadie Von Paris qui fêtait son anniversaire avec des amies. Toutes étaient aussi ivres que charmantes et Sadie me photographia. Etant donné le climat d’ivresse avancé, j’avais peur du résultat, et j’ai été agréablement surprise. Dans cette photographie, dont j’aime l’intimité et le cadrage, le frottement peau, cheveux et latex, produit un effet étrange d’inversion érotique, où le masque disparaît comme masque, pour révéler un visage et un devenir peau du latex.

kidnapping by Sadie Von Paris
kidnapping by Sadie Von Paris

Et puis je rencontrai Sheena Galant, qui me dit que je lui faisais penser à Diabolik, un film  de Mario Bava, réalisateur et univers que je ne connaissais pas. Films où on trouve des meurtriers masqués et gantés de cuir à la lame brillante. Bien sûr ça ne pouvait que me faire fantasmer.

Cuco aperçut Sophie Morello qui mixait, commandant de bord déluré à souhait. Rieuse, elle dégageait une énergie incroyable. Enfin il retrouva Léa Le, Chill O, Léonard Collignon avec lequel il parla de voyage, Hélène Jennox attendait des amis bretons, elle m’offrit un verre qu’on me vola aussitôt. Léa me dit que j’avais illuminé sa soirée, en même temps, c’est normal, nous sommes mariés depuis la soirée d’avril au Silencio, nous nous devons mutuelle assistance et bienveillance, et ce, toutes les fois que nous pouvons. Nous sommes les mariées du dancefloor, jamais nous ne fêterons ça au grand jour.

Cuco finit cette dérive en dansant sur un vieux morceau de rock hard core, avec Chill O et Hélène Jennox. Décidément, la kidnapping est une drôle de fête, sorte de grande boum fracassante et décomplexée, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler par moment l’atmosphère keupon des concerts de la Mano Negra ou des Négresses Vertes où ça pogotte sévèrement. Cuco s’y est cru, un petit moment, c’était bon de quitter Paris et de se laisser kidnapper.

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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