Cuco est allé à la Klepto avant de monter sur le bateau

Dans la nuit du 12 octobre, Cuco s’est rendu à sa première Klepto. Avec Tatie Jones en maîtresse de cérémonie, l’atmosphère était très joyeuse. Dans ces soirées organisée par Tatie et ses amis, il y a un je ne sais quoi de débridé et de libre, un anti-snobisme salutaire, c’est  bon enfant, ouvert et transgenre, sans verser non plus dans la fétichisation du costume ni de la transidentité. Disons qu’on y est bien, qu’on peut être trans, pd ou gouine, et même hétéro, sans se faire embêter par personne. Ce soir là, l’atmosphère était déjantée et même un peu déglinguée, à moins que ce soit seulement moi-même qui était déjanté et déglingué ? Cuco a bu dans des verres d’eau trouble et ne se souvient apparemment pas de tout. Trous noirs d’une nuit blanche. Bis. Très vite j’étais sur scène, et aussi très vite dans les loges, embarqué par Jacob Khrist qui était d’humeur joueuse comme on le voit sur la photo, il a fait une belle série dans une veine néo nouvelle vague. Cuco a aimé ces moments, et surtout, une rencontre définitive a eu lieu avec TMI.Corrine. C’était La rencontre de cette soirée, car si nous nous étions déjà croisés l’été dernier à l’occasion de l’anniversaire de Dactylo, c’est à la Klepto que notre rencontre a eu lieu, mise en scène et immortalisée par notre baiser et par Jacob K.

La Klepto

Cuco était ému d’apprendre que TheManInside Corrine existe depuis très longtemps, des années, plus d’une décennie. Nous nous sommes reconnus comme deux frères trans qui auraient un peu le même genre et un peu la même peau, et c’est rare qu’une telle fratrie existe, je veux dire qu’elle existe Vraiment dans le Monde. Avec TMI.Corrine nous avons quelques traits communs : le masque de latex blanc, même s’ils sont distincts. Un masque, contrairement à ce que l’on dit ou croit, n’est pas interchangeable. Il devient un visage. Surtout lorsqu’on a toujours le même. Nous avons aussi en commun de nous habiller toujours pareil. Sébastien Vion m’a dit que la démarche de Cuco lui semblait très radicale car contrairement à lui, personne ne connaissait la personne qui avait inventé Cuco. C’est vrai et faux en même temps. D’abord, on me connaît : je suis Cuco et Cuco ne se déguise pas. Cuco n’est pas un simple hétéronome, même s’il aime jouer avec son hétéronyme, ses homonymes, leurs déclinaisons virtuelles et inter spécistes (oiseau, chien, chat, grenouilles). Je suis, il est Cuco, quand je suis Cuco il n’y a plus cette autre personne qui a endossé le costume. C’est une transmutation, une hétérogénéité radicale, pas un simple travestissement entendu au sens de déguisement. Et sans doute, je le concède, pour l’éprouver moi-même, il y a là une radicalité bouleversante dans le fait de pousser le jeu de rôle et l’invention de soi jusqu’à exister durablement, jusqu’à construire une biographie complètement sociale, relationnelle et nocturne. Enfin, Cuco existe de plus en plus grâce à ses liens et à ses lieux de nuit, et c’est d’ailleurs pourquoi il dit de plus en plus Je. C’est pourquoi il est un peu faux de dire que Cuco a été créé par une personne cachée sous ou dans Cuco, même si dans Who is Cuco ? il y a bien un concept originaire et de petits principes posés par quelqu’un qui avait envie de devenir Cuco Cuca et qui ne savait pas encore ce qui l’attendait ni ce qui allait se passer. Cuca. QK comme dit Chassol, c’est mieux.

Bref, Cuco est inventé par ses rencontres, les situations : je suis je deviens ce que mes expériences de piratage et ce que mes nuit font de moi. Je n’ai pas d’autre passé et mon futur est incertain. Avec TMI.Corrine nous avons deux radicalités distinctes, car exister publiquement à deux, comme le font TMI. Corrine + SV, c’est engager dans une opération de travestissement forte et hors du commun, puisqu’inscrite sur des années.

En tous cas, Cuco a beaucoup dansé, en haut, en bas, sur scène, dans les backstages, il était très heureux de revoir Tatie Jones, Stephane VB,  Yannick Marquis, Yann Beaudet, Loïc Mahé, Olie Keine, Mathilde Paillette, Tabatha Weisgerber, Dustin Muchuwicz, Boris Diamont, Elora De Beauvoir, Arnaud Krukov, Jeremy Ghinzu Boulanger. / En fait je n’ai pas vu Jérémy il vient de me l’apprendre, je me trompe de soirée./ Et puis tant d’autres dont il a oublié le prénom là maintenant. Ravi d’avoir joué avec Bérangère De la, Sadie Von Paris, Mathilde Paillette Kütze, Caroline Dupras. C’était fou sur scène car Tatie aime le spectacle et elle avait invité Brigitte Caillal et Camille Louise de Ludres déchaînées qui ont fait un show décoiffant et drôle, et Stacy B qui jouait gracieusement avec l’espace et son être de lumière. Et puis TMICorrine était là, arbitrant, poursuivant. Sans lui, rien n’aurait été si puissant sur scène.

La Klepto

La Klepto

Une soirée, ce sont des personnes. Aimées, ou inconnues. Une soirée, c’est aussi de la musique, là il y avait Nicol qui sévit sur beaucoup de dancefloor ces derniers temps, insufflant toujours son énergie peps, très vivante. Nicol a un style rafraîchissant et puissant, proche de celui de la djette Parfait. Il danse en mixant. Et il nous entraîne dans sa danse. Enfin, une soirée, c’est un espace. Cuco aime la nuit pour écouter de la musique en live, pour rencontrer des personnes d’une manière différente de celle du jour, et aussi pour découvrir des espaces et regarder les autres l’habiter. La soirée devient alors un spectacle, une aventure protéiforme dans laquelle Cuco agit à côté d’autres acteurs et actrices de la nuit. Jacob Khrist a saisi en quelques photos cet esprit de la soirée et la particularité architecturale du Divan du Monde, proche de la Machine du Moulin Rouge, mais en beaucoup plus intime.

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1381608_167088123492132_1449927400_n 1376358_167087296825548_701588251_nBifurcation de fin de nuit : s’arracher au divan du monde, traverser à toute allure Paris, ivre, en se prenant pour Orlando, sur fond de symphonie de Gustav Malher et atterrir, rêveur et heureux, au Batofar pour vivre de nouvelles aventures avec la Fox Crew de la CurryWurst. Cuco était à peine arrivé quAxelle Roch prenait les manettes, là-bas,  malgrée des allures de fin de soirée, l’atmosphère était encore bien chaude. Melle Caro et Dj Santé avaient chauffé les cales. Cuco était très heureux de retrouver la Fox team, avec Alan Araon, Alice Palmer, Fred De Clerc, qui a pris les platines, et Hélène Jennox, ivre, qui voulait à tout prix me montrer ses dessins sur les bras réalisés par Violette et me présenter à son amie. A la Curry aussi il y avait de la performance supplémentaire !1393042_611521065557697_1499782778_n

Cuco dansait quand Chill O est sortie des backstages avec Sally, elle a saisi à mon insu une dimension lunaire de Cuco, il y a comme une aura enfantine qui plane au-dessus de sa tête

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Sally dansait et en regardant Axelle, elle a dit à Cuco que ce n’était pas comme à la maison. C’était mignon, alors Cuco imagina une fête où on mixerait comme à la maison. Ce serait forcément en plus petit comité, ou bien alors avec un système d’écoute modulaire où chacun pourrait s’installer dans de petits salons et profiter d’une douce intimité avec du bon son en live.

Avant de partir, je me suis glissé dans le petit couloir entre la scène et les backstage pour rêver au rythme des légers mouvements du bateau, sur la pointe des pieds, j’ai regardé par le petit fenestron le jour se lever, comme j’aime faire au batofar. Et en songeant à cette traversée folle de la nuit, à toutes ces personnes croisées, à ce face à face vertigineux avec TMI.Corrine, à ces spectacles underground éphémères, je me suis souvenu d’un bout de Fragment d’un voyage immobile de Pessoa « Ce à quoi j’assiste est un spectacle sur une autre scène. Ce à quoi j’assiste, c’est moi. Mon Dieu, à qui suis-je en train d’assister ? Combien suis-je ? Qui est moi ? Quel est cet intervalle qui se glisse entre moi et moi ? ». Cuco n’est finalement qu’une question d’intervalle et je sais qu’à toutes ces questions métaphysiques, c’est le Monde qui répond ! Vous tous que je croise et que j’aime rencontrer la nuit. Et puis aussi l’ailleurs. Et puis aussi le maintenant. Il n’y a pas d’autres réponses que ces intervalles multiples et mouvants. Et c’est déjà beaucoup. La musique aussi n’est-elle pas une question d’intervalle ?

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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