My Christmast and birthday Flash party with Père Noël Cuco and Mère Noël Dactylo

Stéphane Moshé et Naïla Guiguet avaient donné rendez-vous à Cuco pour le filmer pour une Before Flash, pour la Flash, et pour un after Flash. Cuco voulait en profiter pour fêter ses deux ans. Notre projet fût en partie avorté car nous avons tous eu beaucoup de problèmes. D’abord, Naïla était privée de sortie. Ensuite le projet était de faire la before sur la Grande Roue place de la Concorde. Cuco voulait commencer ce périple et son anniversaire sur cette place de la Révolution, avec une pensée spéciale pour Marie Antoinette qui y mourut  le 16 octobre 1793. Cuco l’aime pour son amour de la fête et son amour des arts. On dit aussi d’elle qu’elle détestait les gens ennuyeux. En novembre dernier, Cuco a entamé cette revisitation des figures royales au château de Versaille. C’est sur cette place de la Concorde, non loin de la Grande Roue, qu’elle se fit décapiter. Mais Stéphane confia à Cuco qu’il avait le vertige et pour clore le débat la Grande Roue ferme à minuit et Cuco ne réussit pas à se libérer à temps. Finalement, la soirée s’est réduite comme peau de chagrin. Mais ne dit-on pas que parfois les soirées ratées sont aussi les meilleures ? Finalement nous nous sommes retrouvés sur les Champs Elysés. Sur le chemin de la Flash, Cuco trouva une boule de noël dorée abandonnée qu’il ramassa, ça lui sembla un cadeau. Cadeau sûrement pas tombé du ciel mais plus bêtement, et peut-être plus poétiquement, d’un sapin. 960265_10151769284426431_446781344_nComme il était déjà tard, quand nous arrivâmes sur les Champs, le marché de Noël avait déjà fermé ses portes, et presque plus personne ne se promenait. L’avenue était bordée d’une double ligne de baraques blanches, style chalet de montagne reconstitué, aux portes et aux fenêtres closes. Nous marchâmes dans cette atmosphère de village désert qui faisait un peu penser à un parc d’attraction abandonné, avec des résidus de décor de fête foraine, des décorations de Noël, comme si Noël avait déjà eu lieu. Ce qui était d’ailleurs une forme de soulagement. Cuco entra dans un petit stand de Père Noël, en enjambant une barrière et il regarda les gens passer. Stéphane qui filmait m’a envoyé quelques clichés.

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Puis je traversai l’avenue et me fis alors traiter de travelo, je répondis en faisant un doigt d’honneur au conducteur, tout en m’éloignant et en espérant qu’il n’allait pas s’arrêter et nous casser la gueule. Puis je me dirigeai vers la patinoire. Là encore, c’étaient des restes de glace, avec des agents d’entretien de la patinoire qui s’agitaient lentement dans la pénombre, comme les marionnettes d’un décor de film improbable. Aux côtés de la piste, un Père Noël tenait les rennes d’un traîneau tiré par un renne. Dans la langue française, on bannit systématiquement les répétitions mais ce serait pourtant poétique de les promouvoir. Cuco dirait par exemple qu’enfant, en Autriche, la reine tirait les rennes d’un renne. Ou bien : après avoir tiré les rennes d’un renne en Autriche, la jeune reine prit les rennes du pouvoir en France.

536903_10151769284436431_1230025208_nNon loin, des touristes se prenaient en photo aux côtés d’un gros Père Noël en plastique. Cuco s’arrêta un instant avec eux, il resta un moment à leurs côtés et regarda le flux disparate des voitures sur l’Avenue. Tandis qu’ils le prenaient en photo, Cuco aima faire concurrence au Père Noël, devenir un court instant un petit peu un Père Noël. Il faisait froid. Nous décidâmes d’abréger cette promenade mélancolique. Cuco bifurqua brusquement à gauche, car juste derrière les baraques blanches, c’était le jardin qui mène à l’Espace Cardin. Cuco fut attiré par une architecture impressionnante se dressant dans la pénombre, comme les barrières étaient ouvertes, il pénétra dans un nouvel espace de jeu bizarrement très facilement accessible. C’était une piste de luge en plastique géante, avec, à ses pieds, trois trampolines, et à côté, d’étranges statues qui attirèrent le regard de Cuco. Il entreprit d’escalader cette grande piste de luges, en empruntant l’immense escalier qui conduisait aux sommets des pistes. Tout était magiquement accessible, comme si un ange gardien nous accompagnait et avait ouvert les portes et les barrières pour notre arrivée.

537297_10151769284431431_207826250_nStéphane me suivit et tous deux nous eûmes la merveilleuse surprise de découvrir que cette piste de luge géante, comme un promontoire surréaliste, surplombait le jardin de l’Espace Cardin.  Cuco songea un instant qu’il était vraiment en haut d’une vraie piste de ski et s’abîma dans la contemplation du skieur. Nous sommes restés un petit moment tout en haut à regarder la Flash et les cocottes fumeuses dans le jardin de l’Espace Cardin, puis nous sommes partis. A l’entrée, nous avons salué le physio Luc. Cuco s’est rendu directement sur le dancefloor, où il eût le bonheur de découvrir Anne-Claire aka Dactylo derrière les platines. La mine radieuse, toute de rouge vêtue, telle Alice au Pays des Merveilles transformée en Mère Noël, elle dansait en faisant onduler doucement sa belle chevelure blonde. Elle arborait une robe rouge ajustée, un peu bouffante, le tout tenu grâce à de gros nœuds. En bas, ses collants rouges mettaient en valeur ses chaussures noires vernis à talons. Cuco dansa un peu, s’installa derrière les platines un petit moment aux côtés de Dactylo.

1471194_10151769284421431_606717799_nPuis j’accompagnai Stéphane dans les loges, où je croisai Johanna Depute avec son magnifique bonnet jaune fluo, affairée car elle prenait les photos de la soirée, les adorables Niz et Esmée qui faisaient des sous entendus de type denox, et enfin, Mila Aragon qu’il n’avait pas vue depuis si longtemps. Il lui demanda si elle avait de nouveaux tatouages, car Mila est magnifiquement tatouée.  Ce que Cuco aime, c’est qu’ainsi tatouée, elle n’est plus une femme bio. Notre duo queer a été immortalisé par des inconnus l’été 2012 lors du concert de Bonaparte au Cabaret Sauvage, où elle dansait presque torse nu. (https://cucoandcuca.wordpress.com/2012/07/21/intrusion/). Ce soir de la Christmast Flash, elle était simplement vêtue de noir, une fente dans le haut laissait apparaître le joli papillon quelle a sur le ventre. Les pieds à plat, elle était charmante. Elle me dit en souriant que c’était l’hiver, voyant que je portais un bonnet. Avec Mila, nous nous connaissons depuis longtemps, et nous ne nous étions pas croisés depuis longtemps non plus. Comme Cuco fêtait ses deux ans ce soir là, c’était la belle rencontre. Mila Aragon est en effet une des premières personnes à avoir accueilli lumineusement Cuco tandis qu’il sortait pour la première fois en club. C’était la Christmast Corps Versus Machine chez Moune en décembre 2011. Derrière les platines, il y avait Léonie Pernet, AZF, et Jef Barbara.   Jef Barbara et Cuco se plurent, comme deux transgenres d’un genre et d’un pays différent.

Stéphane Moshé et Greg aka Numéro-Six-Le-Magnifique entamèrent une conversation technique sur l’état de l’objectif du 5D qui était censé être utilisé pour le film. Il y avait un problème. Nous dûmes interrompre le tournage, ils partirent tous deux dans la nuit en taxi chercher un nouvel objectif, et Cuco alla se promener dans la Flash. Quand il revint vers les platines, Prosumer avait pris les commandes. Très vite, ça dépota. Cuco était heureux de revoir Stéphane Von B, Sally Zemour qui revenait de la Kidnapping qui avait lieu à Nice, Bérangère De la, Joseph Ecorcha Le Cerf. Plus tard, en se promenant, Cuco se fit aborder par Damouch Deuprates et Fahad Alli qui immortalisèrent notre rencontre et la boule de Noël…

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que Bérangère Dela a égarée, tandis que nous avions commencé à jouer au lancer de boule de Noël au-dessus des platines de Prosumer. Il fut d’ailleurs gentil avec nous parce qu’on rata le lancer et la boule de Noël atterrit sur ses platines. Il sourit comme un enfant, d’ailleurs Prosumer a des allures de grand enfant avec un regard espiègle et émerveillé. Et puis plus tard je jouai aussi avec Sally. C’était doux de se retrouver, car ça faisait longtemps. Elle m’a montré son beau tatouage qu’elle a dessiné elle-même et qu’elle a fait faire sur son bras gauche. Puis, c’était la joie des retrouvailles avec Raya Martini, splendide, perchée sur de très hauts talons, elle était si grande qu’elle donnait le vertige. Cuco était heureux de retrouver les visages familiers, les amoureuses Olie Keine et Mathilde Paillette, le lion Arié Benchetrit, Faus O Salem, Mathilda Von Der Meersh,  Jenny All, Ben Depinoy, Dustin Muchuwitz, Elora Beauvoir et Emmanuel P Eéerie qui dansaient gracieusement tels des anges blonds eux aussi tombés du sapin. Je partis me promener et puis tout à coup, est-ce à cause d’une cigarette ? D’un mouvement brutal ? Car il arrive qu’on se pousse un peu, ou d’un effet calorifique, du passage chaud froid ? Ma veste s’est déchirée en deux.

Une chaise sans pieds de chaises est-elle encore une chaise ? Une chaise sans assise est-elle encore une chaise ? Cette vieille question métaphysique, classique depuis les grecs, tomba brusquement sur les fragiles épaules de Cuco. Car si Cuco n’est pas qu’un habit, force est de constater que sans sa peau de latex Cuco n’est plus tout à fait Cuco. Et dénudé, sans sa veste, Cuco ne serait plus tout à fait Cuco non plus. D’ailleurs lors de l’inoubliable Stéréotype qui a eu lieu à la Villette en novembre dernier, Cuco avait  longuement discuté  avec Brieuc de Brest, son doux copain de la nuit qui n’aime pas trop le latex. Nous avons parlé des textures, du costume. Lui défendait la possibilité pour Cuco d’avoir le même costume, exactement le même, en un autre tissu. Par exemple la même tenue en tissu très léger mais rigide pour l’été. Mais Cuco lui expliqua qu’il lui semblait impossible de changer de peau, même s’il était un mutant, c’était sa base. Dernièrement aussi, nous avons évoqué ensemble la possibilité d’un manteau de latex tricoté pour l’hiver. Bref, avis aux créateurs et aux designers de la nuit pour redupliquer de manière fantasque et sensible le costume de Cuco, spécialement pour Cuco.

Pour aggraver mon trouble skizo naissant dû à l’éclatement de mon moi en lambeaux de latex, le lendemain, Yoann Baudet m’a écrit qu’il avait rêvé de moi : nous nous rencontrions et j’avais un masque rose. WTF !

Mais qui sait ? Ce rêve est peut-être prémonitoire ? Cuco bientôt se transformera, il aura abandonné son être oiseau et se promènera devenue complètement Cuca dans les montagnes enneigées, empruntant les remontées mécaniques, les unes après les autres. Il faudra alors inventer d’autres noms.

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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