La réponse de Jean (dans la série « Les correspondances de Cuco »)

Cuco correspond avec des inconnu(e)s qui deviennent des compagnons ou des compagnes de nuits, ou d’insomnie. Ainsi, il reçoit quelquefois des lettres, ou des déclarations.

Jean Sahatdjian est venu à ma rencontre, nous nous sommes écrits, et je lui ai posé la question suivante :

« Jean si vous pouviez me dire une chose importante pour vous, sur le monde, sur vous, sur quelqu’un, que me diriez-vous ? »

Jean a répondu d’abord « là je tombe de fatigue », et puis le lendemain, ceci :

Je voudrais vous dire tellement de chose, mais ce serait trop long. Aujourd’hui, je vous parlerai de rencontres. Pour moi, la vie est une affaire de rencontres. Vous savez, il a ceux qui restent dans l’entre soi, sans connaître aucune mobilité sociale.

J’ai fait un cauchemar cet après midi. J’étais entouré d’une dizaine de personnes, appartenant à un milieu aisé, dont je fais également indéniablement parti ; mais j’estime que cela n’est pas censé définir. Nos origines ne nous définissent pas. Elles nous composent, nous en sommes imprégnés. Mais elles ne définissent pas ce que nous sommes. Et donc, je voyais, tous ces jeunes hommes et femmes, réunis, se complaire à discuter en groupe, sans aller vers l’autre un tant soit plus incongru, inconnu. Et je les imaginais, dans 60 ans, toujours réunis à parler des mêmes choses, à critiquer les mêmes personnes quelques peu marginalisées. Leurs traits n’aurait pas changés, seulement vieillis. Et mon âme me criait, que pour une raison évidente de survie, je me devais de fuir. M’échapper. Ce que je fis d’ailleurs.

Mais je parlais de rencontres. Voyez-vous, il a peu encore, je n’osais sortir seul. Puis, lassé de tout ces gens faisant toujours la même chose, restant toujours entre eux. J’ai pris une personne que j’aimais, et suis parti, ailleurs. Puis, j’ai continué seul. Et j’ai découvert que ce n’était pas si difficile en soi. Et maintenant, maintenant j’applique. Je vis autant que possible, et j’aime. J’aime car c’est ce qui compose ma vie. La partition de mes jours; la symphonie de mes nuits : l’amour. De vous, de moi, de tous ces gens que je rencontre. Je ne suis qu’amour, et ce a mes périls.

Cuco a aimé ce style anachronique, ce néo romantisme, qu’il a envie de rebaptiser le retour de la voix du jeune homme.

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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