au fond du trou Cuco rêve du divan du monde

Après une petite hibernation de trois mois, semblable à son animal fétiche qui attend le printemps pour chanter, Cuco s’est décidé à mettre le nez dehors. Et bien mal lui en a pris.

La soirée s’annonçait pourtant extraordinaire, car il y avait au programme deux soirées clubbing magnifiques. Gardant le souvenir mirifique de Stéréotypes mémorables, notamment celle de novembre 2013 au Social Club où les djettes Louisahh et Ellen Allien avaient chauffé la salle pendant des heures, nous menant inexorablement à une extase sans fin, et d’ailleurs le ou la photographe de la soirée a immortalisé ce moment où Cuco est venu danser sur scène aux côtés d’Ellen Allien

1456076_564507543604742_1186255534_nSans parler des prouesses du duo azf & Parfait, Cuco se souvient d’ailleurs que Naïla portait ce soir là un kimono aux couleurs claires, qu’il aima danser avec son amour Clément G, discuter dans les backstages, avec Tatie, oui Cuco se réjouissait de les retrouver, tous, surtout autour d’une aussi bonne programmation techno, à la mode AZF, d’ailleurs, ça me rappelle que Naïla m’a posté il y a quelques mois une vidéo sur mon mur

Cuco désirait s’éveiller aux rythmes de Mondkopf, et puis c’était sa première fois au Gibus, où il fut accueilli par AZF, l’une des maîtresses de cérémonie. Ce furent des retrouvailles joyeuses avec de nombreuses personnes, et notamment avec Jasmin. Comme elle n’était pas à la Flash de Noël, la dernière sortie de Cuco, ils ne s’étaient pas vus depuis trois mois. Entretemps Jasmin a changé de style, ses cheveux bouclés ont poussé, ainsi que sa veste et sa chemise, oui tout s’est allongé, et assoupli. Yasminou pour Cuco, c’est l’indéfectible ami de la nuit, depuis Chez Moune, les soirées de Corps Versus Machine, et cet after de réveillon du 1er de l’an qu’on a passé ensemble avec Marie Millon. Celle-ci aussi était là, accompagnée de son amoureuse Léala, revenue de Londres, et de Julio Tyrannio. Nous tombâmes dans les bras l’une de l’autre, oui, là aussi c’était la fête, car ça faisait si longtemps, d’ailleurs, ça fait penser à Cuco que leur projet de promenade a été encore repoussé, peut-être que le printemps pourrait être une raison suffisante ? Les nouveaux communards ! Pour revenir à Jasmin, deux années ont passé et il est toujours là pour accueillir Cuco, ou presque. J’aime ses allures néo-romantiques, plus transgenre encore qu’auparavant, elle avait cette nuit des airs de jeune homme, les cheveux noirs ondulés, elle portait élégamment une chemise blanche au col bouffant et par dessus une veste noire de style jaquette, l’ensemble assumait une forme d’anachronisme libérateur. D’ailleurs je vois ce matin que Stephane VB pense la même chose que moi car il envoie ceci à Jasmin : « Jacques Boé, dit Jasmin, né le 6 mars 1798 à Agen, mort le 4 octobre 1864 dans la même ville, est un coiffeur et un poète gascon. Ce perruquier récitait des vers en occitan à ses clients en imprégnants les cheveux de ces derniers de lotion au jasmin. » Oui Jasmin est devenu peu à peu à la réincarnation de Jacques Boé. Mais ce soir là il ne le savait pas encore, alors il ne m’a pas récité de vers en occitan. En tous cas, nous étions heureux de nous revoir, il m’a demandé Pourquoi j’avais disparu aussi longtemps. Il n’avait sans doute pas lu le post de décembre, pour me demander pourquoi. Plus tard, Cuco croisa le délicieux Jérémy Ghinzu Boulanger, il ressentit l’ivresse de la nuit monter, c’était chaque fois comme un shoot, et là, ça faisait longtemps alors c’était d’autant plus bon, la nuit allait être longue. Il ne savait pas encore à quel point. Il se promena dans la grande salle du Gibus, tomba nez à nez avec le lumineux Amin Aoui, nous échangeâmes de la douceur, puis rencontrai Dora Diamant qui brillait dans la nuit comme son nom brille dans le jour. Elle passa aussi vite qu’une étoile filante, mais prit le temps de me glisser un mot d’amour. Et puis il y eut Camille, de la Corps Versus Machine, on parla des soirées, de Léonie qui ne donnait plus trop de nouvelles, et puis d’autre chose que Cuco a oublié. Et sur le chemin, il tomba dans les bras de l’adorable Béranjere Dela, qui portait un bonnet jaune fluo. Cuco la regarda longtemps d’en haut de l’escalier, c’était un joli promontoire, comme une chorégraphie où on aurait choisi de montrer le spectacle d’en haut. Bérangère disant son nom avait réalisé qu’elle disait « j’erre », et ce soir là, elle semblait errer, comme les derviches tourneurs, hypnotisée par la techno de Mondkopf elle tournait doucement sur elle-même, soit à cause des rythmes fous, soit à cause des substances printanières  émanant directement du nuage de pollution qui venait de s’abattre sur Paris, qu’elle avait humé malgré elle.

Sur le dancefloor, Cuco croisa deux filles brunes un peu garçonnes, l’une vint lui dire quelque chose d’incroyable. C’était si intense que Cuco se demande s’il a vraiment bien entendu. Un cadeau, Cuco a reçu un cadeau d’une pudeur extrême. Dans un coin, Cuco aperçut Sally qui se faisait entreprendre par une butch, elle adoptait un air très nonchalant, et détaché.

Cuco recroisa Jasmin qui partait à la Culotté, apparemment il y avait des histoires de filles, très stéréotypiques de filles qui règlent leur compte, c’est normal c’était le nom de la soirée, Cuco lui embraya le pas peu de temps après, et quelle ne fut pas sa surprise, au moment de dire au revoir à AZF, de découvrir à ses côtés la belle Dactylo qui l’invita à une soirée le lendemain soir. J’acceptai, sans savoir encore ce qui m’attendait.

Je partis le coeur léger, la soirée avait été belle, et je rêvais de finir ma nuit allongé sur le divan du monde, en compagnie d’amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. Tatie m’attendait et j’attendais ce moment. Mais ce doux songe se dissipa d’un coup lorsqu’au croisement du Boulevard Rochechouard et Magenta, quatre policiers surgirent et braquèrent sur le visage de Cuco des lampes torches en hurlant, comme bien sûr je n’avais pas de papier, un jour, oui, un jour j’aurai une carte d’identité Cuco Cuca, ils m’obligèrent à descendre de voiture. Un des policiers m’expliqua qu’on aurait pu et qu’on pourrait me tirer dessus, en croyant que je venais de faire un braquage, l’autre me dit que c’était interdit de conduire masqué, un autre me demanda si je revenais de mon donjon, un autre si c’était un uniforme de policier. Pour la première fois Cuco fut violemment arrêté et c’est au poste, dans un sombre cachot où il fut jeté, qu’il pensa au Divan du Monde.

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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