Punk is NOT dead

Ce soir là, j’étais invité à participer à la Parkingstone5  par Rebekka / aka / Julia Lanoë, adorable monstre à deux tête avec lequel j’ai déjà un passif, voire un passing punk radical, puisque nous avons déjà partagé une soirée à Rennes en mai dernier dans le cadre de l’événement Fou de Danse. Avec Riuq et Filip et nous avions mis le feu, c’était wild et très joyeux.Invité  aussi par Simon Thiebaut, le créateur de la soirée Parkingstone qui a tenu à mettre un peu en scène notre show. Le thème était le camouflage…. En ce qui me concerne, i mean physiquement, c’était aussi inutile que redondant, mais j’avais réfléchi et concocté en complicité avec Rebekka, une performance et un piratage spécial, pour surenchérir sur cette question de camouflage piratage. Elle était ok. I was so excited. Nous avions gardé le secret. Si j’avais pu la faire par rapport au thème ça aurait été pertinent…. mais malheureusement le son était trop fort et malgré le micro de Julia / Rebekka, on ne m’a pas entendu quand j’ai tenté de lire ce que je voulais faire entendre. En tous cas Simon a bien fait de mettre sa patte car Riuq chéri était trop beau et Rebekka aussi. Ne trouve pas de photo là tout de suite mais dès que j’en retrouve j’en rajoute. Comme on peut le voir sur cette photo, pendant son set, Julia était joyeuse, plein d’élan et d’alan, si bien qu’elle a même dansé sur sa table de mix.14700833_1668314766813184_277529704692390789_o

Je rembobine. Ce soir là j’ai pris le métro, du côté de Barbès la ligne 4 c’est souvent un peu chaud, des types hurlaient de la rame d’en face Hey ! Tu vas faire un casse alors évidemment tous les gens autour me regardaient bizarrement, avec suspicion. Un autre est venu me demander pourquoi j’étais masqué. Quand le métro est arrivé je me suis enfoncé dans un siège pour me faire le plus discret possible, en tête de train pour rejoindre la 9 plus vite à Strasbourg St Denis, un garçon en face m’a regardé en souriant et m’a dit que j’étais très bien habillé. Ouf. Enfin un lien doux. Je l’ai remercié puis en le regardant  j’ai trouvé que lui aussi et je lui ai dit. Il m’a expliqué qu’il portait une vieille veste japonaise des années 50. Il m’a accompagné m’a demandé à quelle soirée j’allais je l’ai invité à me suivre. Dans la 9 un couple de filles est monté, elles se câlinaient sur la banquette elles m’ont semblé très cool et très sweet. J’ai pensé qu’elles allaient à la soirée, ça n’a pas loupé au milieu de la nuit je suis retombé sur elles. Elles faisaient partie d’un groupe qui dansait à fond où j’ai été intégré immédiatement en mode meute : le cercle s’agrandit, on s’écarte pour t’inclure, puis on te protège. Le principe était aussi le pot commun. Tout le monde posait ses manteaux au milieu, ça formait un énorme tas. Et dans ce cercle, j’ai eu la douce surprise de retrouver des amis de la nuit, d’abord Marco et Arnaud, et puis Borja que j’avais rencontré il y a quatre ans au Rex après la manifestation Oui Oui Oui. J’ai appris qu’il était installé désormais en Espagne, ou plutôt qu’en fait il était retourné vivre en Espagne où il organise des soirées. Nous avons pour projet de nous y retrouver bientôt, notamment à Madrid. On a dansé comme des fous jusque l’aube. Ils dansaient tous super super bien et ils étaient tellement sweet.

Je rembobine : Arrivé au Chinois à Montreuil, il y avait une foule compacte entourée d’un nuage de fumée qui se pressait à l’entrée. J’ai dû à mon tour pousser pour me frayer un chemin et dire que j’étais en retard. En effet j’ai raté le début du show. Il était prévu que nous soyons tous sur scène avec Julia et qu’un nuage de fumée nous enveloppe, qu’il se dissipe peu à peu et que nous fassions alors notre apparition. Je suis arrivé après l’événement, Mathieu Santori, Mathias et Riuq ont assuré moi je me suis posé après, dans le coin de la scène. Très vite je me suis retrouvé tout seul avec Julia. (Tiens dans le coin de la photo si vous zoomez vous pouvez voir le maquillage camouflage de Julia.)14708067_1668315133479814_2589678187570344435_o

J’adore éprouver la porosité des espaces. Au Chinois c’est difficile car il y a une vraie scène, mais lors du set de Julia c’était si wild et déjanté que ça débordait de partout et on dansait les uns avec les autres. Sur scène et en dehors de la scène. A droite de la scène il y avait un être très queer qui dansait librement torse nu, à distance on se souriait et on dansait bien ensemble, c’était Jeanne Jougleux, elle a filmé ma petite danse avec Julia, quand tout le monde était parti.

Il y a eu des moments wild et fou, grâce à l’énergie de Rebekka qui est always en mode warrior, et aussi avec Galimatthiasl’angoisse qui était là avec son faux oeil de verre et ses bouts de dentelles, cultivant un look de vampire et de revenant punk, nous avons bien dansé sauvagement together. Bitchy witchy.

Dans les backstages, j’ai parlé longtemps avec Jess et Maud. Puis avec Arthur qui avait revêtu un très joli haut de latex rouge qu’il avait confectionné dans la journée. Nous avons reparlé de notre projet  à venir de manteau doublé. Et puis j’ai recroisé Mathias qui m’a montré ses scarifications. Il m’a demandé de lui en faire une. Il voulait écrire Cuco sur son bras. Moi je ne voulais pas et en plus j’avais peur de lui faire mal. Et puis la scarification me semble être un cérémonial à ne pas prendre à la légère, car on fait couler le sang et on porte atteinte au corps. Il était si défoncé qu’il a insisté il a voulu me montrer comment faire, que je glisse doucement la lame sur son bras, juste pour essayer. La lame a glissé et s’est enfoncée d’un coup. Il a beaucoup saigné. J’étais effrayé, j’ai voulu qu’on appelle un médecin, me suis occupé de lui. Suis allé chercher des tissus pour le garotter, je me suis beaucoup inquiété  mais pour rien car Mathias est si habitué à se scarifier, qu’il a apprivoisé ce rituel et de voir le  sang couler ne lui fait plus rien du tout. Pour couronner le tout et sceller notre rencontre de sorcier, comme si notre danse et le sang n’avaient pas suffi, il m’a offert un bout de dentelle. Bizarrement, répercussion de magie noire ? à la fin de la soirée j’avais un bout de verre dans le pieds, je ne sais même pas comment c’était possible, moi je n’étais ni ivre ni drogué, juste heureux d’avoir partagé ou suscité ces intensités. J’ai dit au revoir à la sweet and sexy meute qui m’avait accueilli et recueilli, dehors je suis tombé sur Maud Scandale et Jess. Avec Jess on se connaît depuis les soirées Corps Versus Machine Chez Moune, c’est à dire 5 ans. Elle m’a pris sous son aile ce soir là. Quant à Maud, depuis notre aventure rennaise et ses soins d’urgence pour réparer ma peau de latex en lambeau, nous sommes liés en mode sweetness care. Je leur ai demandé si je pouvais faire mon coucou, c’est à dire être moi-même, c’est à dire m’incruster dans leur Uber parce que moi je ne peux pas en commander et attendre alone dans la rue ça me fait peur. Dans le taxi on a poursuivi la conversation entamée dans les backstages avec Jess, on a parlé du film Fukushima mon amour. Malgré le titre très douteux, je n’aurais jamais cru que quelqu’un aurait osé, déjà Hiroshima mon amour il fallait oser mais Marguerite osait tout et on lui passait tout à cause de son génie. Je ne sais pas pourquoi je repensais beaucoup à ce film cette nuit là, ni pourquoi j’en ai parlé si longtemps avec Jess. Peut-être à cause du punk, du camouflage, et de la nuit ? Car la scène de Fukushima mon amour qui m’a marqué est celle du dialogue avec les fantômes. Dans cette atmosphère apocalyptique, une femme, vieille geisha, s’échappe d’un centre d’Etat où les personnes âgées des régions sinistrées ont été recueilli, pour retourner dans la zone contaminée où il y a sa maison. Là tout a été rasé, restent les fantômes. Et c’est alors que le film bascule dans le réalisme magique. On croit vraiment à cette rencontre improbable entre cette vieille japonaise un peu sorcière, cette jeune occidentale allemande rationnelle venue pour aider les japonais, et les fantômes. Et sans doute ce réalisme magique c’est ce qui manque cruellement à nos vies et à notre société à bout de souffle. Avec ces rencontres, ces performances et dérives noctambules, ces liens teintés de queerness et de wildness je crois que je cherche à éprouver et à susciter ce réalisme magique. Parfois ça marche et ça fait des étincelles. C’était le cas cette nuit là, jusqu’au petit jour.

Last but not least, l’insubstituable et adorable Yvette Neliaz qui élabore et invente au fil des ans les archives de notre présent, inventant un genre artistique documentaire underground bien à elle, a concocté un petit montage comme elle sait faire. Le voici :

http://www.damepipi.tv/2016/11/parkingstone-5-au-chinois-montreuil.html

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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