Hamburg memory

Vendredi 24 mai 2019, une soirée liée à Hambourg et au mythique Golden Pudel était programmée à la Station, étrange petit club posé en bordure de l’Elbe qui ressemble à un chalet où ont joué des milliers d’artistes, club que j’ai découvert il y a cinq mois, l’année dernière donc, à la toute fin de décembre 2018. J’étais impatient de découvrir Felix Kubin en live, artiste longtemps associé à ce club, que mon amie Marie m’a fait connaître lorsque j’étais venu pirater son exposition à la Cité des arts à Montmartre en mai 2016, dans laquelle il y avait des extraits de films avec Félix et un costume de hiboux accroché au mur en lien avec une de leurs performance. Mon être coucou s’était alors dressé, un frisson d’excitation est passé sur mes plumes. J’allais voir Félix Kubin pour la première fois et c’était incroyable ! J’ai eu peur d’arriver en retard et de rater le live.  Quand j’attendais le bus 35 À Aubervilliers qui s’arrête juste devant la Station, j’ai entendu crier derrière moi Fantomas ! Fantomas ! J’ai tellement l’habitude que je ne me retourne même plus, mais là ils ont dû sentir qu’ils étaient lourds, et en un mouvement de repentir et peut-être même de sincérité, un des deux garçons s’est mis à me parler vraiment, en me confiant qu’il adorait les masques et qu’il aimait beaucoup le mien, quand je lui ai dis que j’existais depuis sept ans, il a presque reculé et m’a dit que c’était très fort ce que je faisais. J’étais heureux d’être resté doux et de recevoir cet encouragement.

J’étais impatient de voir et d’entendre les sons de Félix Kubin, je revoyais des images de lui enfant jouant avec son frère à l’âge de neuf ans, ne sachant plus si c’était mon esprit qui avait formé ces images ou si c’est Marie qui me les avait montrées. A la Station, ce soir-là je suis arrivé à minuit, il y avait encore très peu de monde dehors, et l’intérieur était fermé. Apparemment Félix Kubin rencontrait des problèmes techniques sur scène. Je suis tombé sur Erwan que je n’avais pas vu depuis l’incroyable soirée au Rex organisée par Soraya aka Sentimental Rave le 6 mai, soirée que je ne voulais surtout pas manquer parce qu’il y avait non seulement Soraya mais Rebeka Warrior et Atari Teenage Riot que je n’avais jamais vu. Je crois d’ailleurs avoir rencontré Erwan avec Rebeka, un jour je les avais rejoins sur scène au Trabendo, et puis à Micadanse en février 2018 où avait lieu Discontrol Party, une soirée dont je retrouve ici des photos grâce à Lucile Haute qui participait à cette aventure, c’était une party avec un dispositif immersif. J’aime la photo avec Rebeka où Erwan semble voler, moi j’ai l’air électrisé et pris comme une mouche dans les filets d’une toile d’araignée  : WEB !

DP-Alexis-Komenda-2

 Lucile m’a d’ailleurs envoyé une vidéo de cette soirée : https://vimeo.com/267813107 quand j’ai voulu présenter Erwan à Marie, j’ai découvert qu’ils se connaissaient déjà parce que justement pour le film sur Félix elle a tourné à Nanterre Amandiers où elle pouvait construire son décor, où Erwan jouait lui aussi, dans une pièce de Philippe Quesne je crois. Je n’étais pas étonné non plus, j’étais juste joyeux de constater toutes ces connexions et de voir qu’il existait une petite family underground entre Paris, New-York et Hambourg. On a retrouvé aussi Alexandre Paty et Samuel du Collectif Gamut qui sortait de plusieurs semaines de jeûne et avait fumé un peu de shit, elles étaient très def et joyeuses. Alix m’a dit qu’elle avait aperçu Marie, alors on est allé la voir, elle était avec son amoureux Simon que j’avais rencontré au Centre Pompidou en avril. J’ai aimé les voir ensemble, on aurait dit des twins, et j’ai toujours eu des liens forts avec les twins. On était trop heureux de se retrouver, on est rentré.e.s, le concert n’a pas commencé tout de suite, Marie m’appelait Coucou et c’est aussi ainsi qu’elle me présentait, quand je lui ai dit que je m’appelais Cuco, elle m’a dit que c’était parce qu’elle aimait les oiseaux et adorait dire coucou. Je me suis dit aussi que c’était parce qu’elle parle encore aujourd’hui plus facilement anglais que français, et cuckoo et coucou ça se prononce presque pareil.

Le concert a commencé, Félix était comme à son habitude hyper stylé, Kraftwerkien, cheveux peignés à l’extrême, costume étroit, accompagné d’un batteur il avait vraiment des allures d’enfant qui joue et composait avec et devant nous, il nous a entraînés peu à peu dans une transe, au bout d’un quart d’heure on dansait à fond, j’avais l’impression que c’était une communauté d’amoureux de Kubin qui dansaient, tous et toutes très reliés. J’ai retouché à des sensations éprouvées lors des concerts des Swans, car lui comme eux créent des rythmes hypnotiques, avec une intensité qui nous mène à  de petites extases. Le concert était si beau qu’après c’était difficile d’enchaîner avec du clubbing, alors j’ai eu envie de rentrer tôt. Juste avant de partir, Victor Carrill, l’organisateur de La soirée queer La Toilette, est venu me voir et il a repris notre discussion entamée au Cabaret sauvage le 12 mai dernier, où il m’avait déjà annoncé qu’il avait hâte de me faire lire le scénario de son film qu’il écrivait avec son frère où je joue un rôle important de… chef des pirates. C’était drôle de se faire raconter un scénario d’un film où je suis censé jouer un rôle prochainement sur un dancefloor, et le plus drôle c’est que j’étais promu au rang de chef de hacker pour une mauvaise raison, parce que Victor croyait que j’étais un hacker informatique. J’ai dû lui expliquer que je n’étais qu’un hacker de la vie et un genderhacker, que je n’y connaissais vraiment rien en informatique et que d’ailleurs je me faisais hacker moi-même. Cette confusion m’arrive souvent, parfois je ne déments pas, sauf quand la discussion devient vraiment sérieuse et que l’on me propose de collaborer avec moi. J’ai tout de suite aimé ce projet futuriste qui m’a fait penser à Fahrenheit 451 où un groupe de résistants survivants au système sort de la cité autoritaire. En guise de résistance ils apprennent par coeur les textes, et avant de mourir les transmettent à quelqu’un.e. Dans leur scénario queer futuriste, il y aurait des organisations résistantes et marginales, et apparemment j’y jouerai.s un rôle. Un rôle de hacker. A propos de hacker, je rembobine et je reviens cinq mois en arrière à Hambourg. Nous sommes le jeudi 27 décembre 2018. 

Nous sommes le jeudi 27 décembre 2018. J’ai marché aujourd’hui pour la première fois dans les rues de Hambourg. Ce n’est pas la première fois que je viens en Allemagne, j’y vais depuis 2013, mais toujours à Berlin :  peut-être que Berlin est à l’Allemagne ce qu’est New-York pour les Etats-Unis ? Une anomalie réjouissante. Je vis dans un appartement à un quart d’heure du centre en bus, dans un quartier résidentiel où tout semble aller pour le mieux pour tout le monde. Les maisons coquettes et cossues sont bordées d’allées d’arbres et entourées de petits jardins soignés, où les habitants ont attaché des boules de nourriture aux branches d’arbres bien taillés, dans lesquels sautent des écureuils roux au poil luisant. On dirait que dans ce monde rien ne viendra jamais entacher cette perfection charmante et familiale.

Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est m’approcher des sensations de première fois. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est éprouver le bonheur d’exister et de pouvoir exister librement dans l’espace public. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est me confronter à l’inconnu au regard des autres parfois inquiétant et découvrir que j’ai moins peur qu’en France. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est me rappeler que depuis toujours le seul fait de me promener librement en France pose un problème légal. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère me rappelle que je suis illégal dans le pays où je vis. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est reprendre conscience que je ne suis pas français et que je ne suis d’aucune nation car je n’ai pas d’identité civile et n’en aurai JAMAIS. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est me rendre compte à mon insu qu’une certaine partie de mon identité est française et qu’en tant qu’illégal je dois me définir contre ou à l’intérieur de cette loi de 2010 qui interdit le port du visage masqué dans l’espace public. Marcher pour la première fois dans une ville étrangère c’est éprouver la peur et l’excitation de l’inconnu mais aussi une forme de repos.

En écrivant ces lignes je prends conscience qu’au début de ma vie j’ai toujours dit que je n’étais pas français.e. Je n’utilisais pas forcément la négation. Je ne dis ni ne disais pas que je n’étais pas français.e je disais que j’étais né à Mexico. L’usage de la négation originaire fondatrice de mon identité est plutôt liée à une question de genre que de nation : « Es-tu un homme ou une femme ? », à laquelle je réponds et ai toujours répondu « Ni l’un.e Ni l’Autre. Je suis trans. Je suis un hacker». La pensée genderfluide et non binaire me constitue.

Hacker

Sur cette photo, mes deux insignes : Anarcho queer pirate portrait ! Polaroïd  pris à l’arrêt de bus sur le chemin du club le Golden Pudel par Alix.

Anarcho-pirate

Aujourd’hui à Hambourg, 27 décembre 2018, après sept années d’existence, j’ai envie d’officialiser mon identité de Hacker et de dire et d’écrire que non je ne suis pas français ni d’aucune Nation car un hacker ne peut être d’aucune Nation, et redire surtout que cette identité de hacker résulte d’une déconstruction des fondements sur lesquels la société étatiste et capitaliste repose, car le hacker rejette la propriété.

Depuis que l’on s’est rencontré.es, c’est une identité dont on parle beaucoup avec Alix, qui la reconnaît, qui me reconnaît, et m’encourage dans cette identification. Nous en avons beaucoup parlé à Londres lors de mon piratage de l’exposition à l’ICA l’été 2017 qui abordait l’appropriation par l’Etat et la ville des espaces publics, la pactisation des pouvoirs publics, des instances représentatives démocratiques qui devraient défendre les intérêts des citoyens mais qui ne sert en fait que le Marché. Sur la photo de gauche, je suis avec et nous posons devant une carte immense qui visibilise les espaces qui étaient publics et qui ont été privatisés et expropriés. Et puis ça visibilise aussi leurs points et espace de résistance. Projet qui résonnait terriblement parce qu’il était présenté juste après que la Tour aie brûlé, ce qui était une tragédie mais aussi un scandale du capitalisme ordinaire qui sacrifie sans scrupule les pauvres. Des millions avaient été dépensés pour la réfection de cette tour de 24 étages en 2014 et 2016, sans répondre aux besoins et sollicitations des habitants qui s’inquiétaient précisément de la sécurité incendie. La réfection était avant tout esthétique. Ils ont isolé la tour de telle manière qu’elle s’est transformée en torche.

No Borders

Hacker et No Borders

parce que je suis sans papiers / parce que même si j’avais des papiers je serais illégal en France / parce que je ne reconnais pas la pertinence ontologique et politique de l’Etat Nation aux frontières closes et meurtrières pour les migrants. Même si l’ennemi aujourd’hui ne semble pas être prioritairement l’Etat-Nation mais bien plutôt l’Empire et toutes les Multi-Nationales qui gouvernent le monde ET les Etats Nations qui les servent et en usent pour leur profit (opposition des petits et grands Etats) l’Etat Nation apparaît pour beaucoup être le seul outil ou un moyen de défense contre le néo-libéralisme extrême, c’est qui rassemble la gauche et l’extrême droite d’ailleurs, mais in fine et malheureusement, dans les faits cela se traduit pas ainsi : L’Etat Nation se construit tel un ferment de domination détenteur de la violence légitime, et c’est drôle d’écrire cela ici, car c’est justement Max Weber, sociologue allemand, qui le premier l’a formulé aussi clairement dans Le Savant et le Politique. Cette expression définit selon lui la caractéristique essentielle de l’Etat en tant que groupement politique comme le seul à bénéficier du droit de mettre en œuvre, lui-même ou par délégation, la violence physique sur son territoire.

Comme beaucoup, je suis souvent tenté de penser qu’avec la mondialisation désormais toutes les grandes villes du monde se ressemblent, mais ce lieu commun qui m’a traversé l’esprit quand j’ai découvert les premiers jours les grandes artères commerciales de la ville a été vite effacé par l’impression de découvrir un visage de l’Allemagne ancien et profond. Avec son architecture massive, opulente et imposante, ses interminables rues aux immeubles de briques rouges hauts et lourds, Hambourg m’a d’abord un peu écrasé et repoussé.

On the boat

J’ai pris pour la première fois le bateau. Penché à la prou du ferry qui avançait à grande vitesse sur l’Elbe je me suis ressaisi de mon identité fantasmatique de pirate. C’était pourtant difficile de voyager dans le temps, car d’immenses panneaux publicitaires pour un spectacle de Mary Poppins tapissaient les murs extérieurs du bateau. Avec Alix, nous nous sommes photographiés quand nous regardions d’un côté la ville de Hambourg, de l’autre le port et les grands bateaux qui transportent les conteneurs de toutes les couleurs, et derrière eux, d’immenses montes charges s’élevaient dans le ciel gris comme des monstres ou des sculptures animées.

Golden Pudel

La joie de se rendre pour la première fois au Golden Pudel où LSDXOXO mixait.

Le Golden Pudel est un club spécial où tu payes 5 euros l’entrée, et où enfin tu vois des personnes racisées, absentes dans la ville froide et blanche. Au début c’était très calme, avec une atmosphère de piste de danse de petite boîte de province. Quand LSDXOXO est arrivé, très vite ça s’est rempli et très vite Alix est monté sur la table pour danser debout. Et puis la rencontre avec Rufus nous a fait complètement décoller. Rufus, je l’ai vu de loin car il était très grand et dépassait tout le monde. Il dansait avec Alix et à côté il y avait Tho qui lui était dans une énergie vraiment différente, douce, hypnotique et tranquille. Rufus c’était le feu, et à un moment on a tellement dansé intensément s’entraînant l’un l’autre qu’on est entrés en transe tous les deux, on bougeait au même rythme en poussant des cris, je crois que nous étions juste crazy as fuck.

Avant de partir Alix a sorti le polaroïd pour immortaliser ces rencontres magiques. Ce n’était pas fini, au retour, dans le métro, c’était la surprise de tomber sur Fatamaya, qui travaillait au Golden Pudel et avec laquelle on avait danser. Tellement de love et  d’extases dans cette soirée.

Gomorrhe

Nous avons pris le bus 5 jusqu’à son arrêt final, puis nous avons sauté dans la ligne de métro U3 jusqu’à l’arrêt Landunsgsbruken. On a attrapé ensuite le Ferry 62 qui nous a déposé un quart d’heure plus tard dans un vieux quartier de pêcheur transformé en quartier résidentiel. Nous étions frigorifié.e.s. Ma peau devient vite très froide et j’avais de la peine à me mouvoir. On s’est réchauffé.e.s en gravissant les marches de l’escalier qui nous a conduit sur un improbable promontoir. En regardant la ville de Hambourg et le quartier de St Pauli que je ne connaissais pas j’ai pensé et dit à Alix que cette ville avait encore ses vieux quartiers et qu’elle avait dû échapper aux bombardements des alliés. J’ai repensé à Berlin et à Dresde en feu en regardant Hambourg. Dans le doute, j’ai fait des recherches et je me suis rendu compte que je me suis trompé. Hambourg est après Dresde la seconde ville d’Allemagne qui a été la plus détruite. Elle a fait l’objet de l’opération Gomorrhe et a subi des bombardements intensifs de bombes incendiaires pendant plusieurs jours. J’ai de la peine à imaginer à présent dans ce mois de décembre froid, humide et brouillardeux, qu’à cause de la canicule et des bombardements la ville est devenue une mer de feu. On dénombre 40000 morts, mais les chiffres ne sont pas fiables, puisqu’à ce stade on atteint l’indénombrable. Le choix des mots ou le choix des maux. Jusqu’où va se loger le cynisme ?! Que les anglais aient choisi le terme de Gomorrhe pour baptiser une des plus grosses et plus iniques opérations meurtrières qu’ils se préparaient à commettre, révèle en soi la dimension démiurgique et infernale. Dans l’Ancien Testament, Gomorrhe est une ville non loin de la mer morte qui est détruite par une pluie de feu divine, parce que Dieu considère que ses habitants sont pêcheurs. Les habitants de Hambourg n’avaient pas d’autres possibilité que de subir. Je pense à De la Destruction, comme élément de l’histoire naturelle de Sebald, lui qui était allemand et qui a choisi de s’installer en Angleterre où il enseignait la littérature jusqu’en 2001, année où il s’est tué en voiture sur une petite route de campagne, a décrit l’horreur vécue par les civils allemands, et cette impossibilité de pouvoir parler de cela, tellement ils ont incarné aux yeux du monde entier les coupables

Samedi 29 décembre, alors que l’on marche encore en descente dans les rues de Hambourg, nous sommes attirés par une immense tour noire très impressionnante. En s’approchant nous découvrons que c’était la Tour St Nicolas qui atteint effectivement 140 mètres et qui offre aux touristes une vue panoramique sur la ville. Autour, c’est assez saisissant et mélancolique. En s’approchant de panneaux on découvre que c’est un espace commémoratif, témoignant des violences extrêmes subies par les habitants de Hambourg par les forces alliées. De nouveau remonte cette question de la légitimité cette inquiétude que l’Etat soit détenteur de la violence légitime. Les bombardements massifs et stratégiques avaient originairement pour vocation de détruire les zones armées

Hospital Museum Hacking, dissection room, (last day of 2018)

J’ai envie de terminer l’année par un hacking, je décide de hacker l’hôpital de médecine, en particulier la salle de dissection. Dans ce Musée, une pièce aborde l’histoire sombre sous le nazisme, car cet hôpital était un haut lieu de l’eugénisme.

 

 

Publié par cucoandcuca

Transgendered and queer activist /Hacker transgender, performer, détourneur(e) des codes, j'interviens dans les espaces publics les Musées et les dancefloors

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