Oui Oui Oui / 1er épisode / Patriarchal life, you are out of date !

Le 8 décembre, Cuco est arrivé à la Machine du Moulin Rouge vers 2h du matin, a traversé très vite le vaste hall surréclairé, en entendant vaguement des gens crier sur son passage  « Cuco ! Cuco ! ». Comme ce genre d’interpellation n’est pas toujours un signe de sympathie, j’ai accéléré.

Arriver sur le promontoire de la Machine, c’est aussi grisant qu’arriver dans un concert en haut d’une colline et apercevoir au loin la scène et la foule. C’est le pendant urbain et noctambule du goût ordinaire et commun pour le point de vue, et comme cette vue n’est pas commune, s’ajoute un sentiment d’ivresse tout particulier. Là-haut, en regardant la scène, la fosse et le bar, en embrasant du regard cette foule en liesse, j’ai senti que ça y est, Cuco était à la Wet For Me. Mon être pirate pouvait se déployer, d’autant qu’en bas, c’est Planningtorock qui officiait, ou plutôt Janine Rostron, figure emblématique transgenre, celle qui chante “patriarchal life, you’re out of date” (  « but it’s in more recent years that some of the most radical and complex investigations of voice as a mode for creating alternative identities have surfaces. » Steph Kretowicz).

Je me suis alors laissé gagner par un micro accès de lyrisme, lié à la présence fraternelle et charismatique de Janine Rostron, qui ne chantait pas d’ailleurs, mais aussi à tous les souvenirs extraordinaires de soirées passées à la Machine, comme si la scène portait encore la mémoire vivante de tant de bonnes énergies. J’ai repris ma respiration et suis descendue dans la fosse aux lionnes.

Sur le chemin j’ai croisé une fille qui m’a demandé si j’étais une fille ou un garçon. Comme cette question est en soi une réponse, je ne devrais peut-être même plus répondre. Pourtant cette fois j’ai encore répondu : « Ni l’une ni l’autre, je m’appelle Cuco ». Arrivé près du bar, Jasmin (Yasminou for ever) m’a aperçu et comme souvent, est venu très gentiment me chercher pour me conduire auprès des siens, avec le groupe ami. La meute. Elle portait des lunettes aux verres teintés, genre lunettes de surf ou de ski, Hélène Thomas avait aux pieds des Moon Boots rouges, elle avait peut-être lu qu’il risquait de neiger ce week-end, en particulier sur la Butte Montmartre, qui est, il est vrai, légèrement en altitude. J’ai cependant une autre hypothèse. Comme Jasmin aime beaucoup les années 80 depuis qu’elle s’occupe du squatt La Main Jaune marqué par le tournage de la Boum, elle a proposé au groupe des Barbieturix que le sous-thème de la soirée de la Wet for Me, ça soit l’équipe du Splendid, ou « les bronzés font du ski », version gouine bien sûr. D’ailleurs, Cuco s’est souvenu en regardant cette scène où Chassol avait joué, qu’il lui avait proposé de se faire passer pour Anne Lorençin quand il viendrait l’écouter. Cuco ne savait pas qui était Anne Lorençin quand Chassol lui avait écrit ça, il trouvait même que ça faisait un peu bourgeoise chic, genre Catherine Deneuve jeune, alors qu’en fait, Anne Lorençin, c’est une monitrice de ski, mais pas n’importe laquelle, c’est la plus belle. Bref, l’atmosphère sur la piste était incroyable, les vieux tires fesses avaient été remplacés par de splendides remontes pente, la poudreuse était là, bien fraîche et bien blanche. Jasmin De Nimbocatin avait bien fait de sortir ses plus belles lunettes, parce qu’après toute cette neige fraîchement tombée, la blancheur était éblouissante et il faisait vraiment très chaud sur la piste. « Normaaal » reprirent en choeur les Barbies qui étaient présentes, c’est la WET FOR ME ! En tous cas, Cuco remercie Chassol, car ce soir là, il s’est promené en se prenant pour la plus belle monitrice de ski. Le temps de quelques mouvements sur le dancefloor, aux rythmes ennivrants de Planningtorock, et surtout après, avec ceux de Chloé, il s’est vraiment senti Anne Lorençin. D’ailleurs, ça a marché, de très charmants pds, de belles gouines et de beaux trans se sont jetés sur lui, c’était Chaud et so so Love.

Sur le dancefloor, c’était fou fou fou, il y avait des mariées et des mariés qui s’entraînaient pour la manifestation du 16 décembre, ou de futurs mariages imminents. A moins que jouer les mariés ne soit plus subversif que se marier vraiment ? Le futur nous le dira. D’ailleurs, derrière Chloé et ses machines, défilaient des photographies de Chill O en diaporama, des photos de soirées, des portraits, parce que chez les Barbieturix, comme dans le blog de Cuco, on se rappelle les bons souvenirs des soirées d’avant, et puis au cas où la nouvelle soirée du jour prendrait moins bien que la dernière, on projette les photos de la dernière Wet For Me, comme dans le film 101 Reykjavick, où les mêmes personnes se réunissent chaque année pour le réveillon de Noël, et à cette occasion, se passent le dvd du réveillon de l’année passée. Mais comme les photographies de Chill O sont vivantes, on ne s’en lasse pas ; et surtout, le diaporama a pris une tournure politique tout à fait militante cette fois-ci. Après les portraits des noctambules à tendance majoritairement lesbiennes et gays, on s’est retrouvé au cœur des manifestations pro mariage gay et PMA. Tout à coup, c’était le revival de la lutte des droits civiques que nous n’avons pas connue, et telle qu’on l’imagine à San Francisco dans les années 80/90, avec cette atmosphère de conquête, ce sentiment de participer à la Marche de l’Histoire, sentir qu’enfin le changement et la révolution ne sont plus des idées mais des actes, des situations palpables, et enfin saisissables. Sur la scène de la Machine, il y avait non seulement Chloé, inspirée, pour un interminable et magnifique set, mais aussi des photos de manifestation.

J’ai aimé danser avec la chère Marie Millon revenue d’Angleterre exprès pour les célébrations des épousailles queer avec sa fiancée anglaise Léala-Rain Shonaiya548587_10200179443348638_1537174729_net puis aussi avec Géraldine Atger en époux, ou en « bon(ne) à marier » Hassiba Hazizi, Julio Tyrannio, qui, avant, était Julia Tyrannia, comme Cuco Cuca en fait, une jolie créature aux yeux de paillette qui veut rester anonyme, Marie Macabre, Olivia Haine, Stephane Von Brach. Aimé croiser aussi Hélène Jennox, amoureuse, Vaïni De Castelbajac, déchirée et déchaînée,  OVDV, exaltée, radieuse; quand je lui ai demandé si c’était parce qu’elle était amoureuse, elle a répondu que non c’était juste à cause de l’amour et à cause du nombre incroyable de lesbiennes réunies au mètre carré. Avec Olivia VDV c’est toujours réjouissant, et puis il y avait aussi Sally  avec la Cold Team : le beau Thomas de Campagne la tête fraîchement rasée, le ténébreux Ben Depinoy aux cheveux bleus, et Dustin Muchuvicz, l’une des plus merveilleuses et douces créatures transgenres de la soirée. Nous aurions dû nous marier d’ailleurs ce soir là.

Au bar, Cuco a croisé une fille sympa mais un peu menaçante qui lui a dit : «  Toi tu as beau te cacher sous ton masque, je te connais » / « Ah bon » j’ai répondu / Après, comme je n’entendais pas bien, je lui ai demandé de répéter et elle m’a dit : « mais tu n’as qu’à te faire des trous comme ça tu entendras» / « non merci j’ai déjà assez de trous comme ça »/ Je me suis demandé pourquoi j’avais répondu ça, peut-être à cause de ma double ouverture de pantalon, j’étais gêné, alors j’ai essayé de rabattre la conversation sur un versant plus technique, en ajoutant « Souvent avec les masques, il n’y a pas de bouche » c’était pire. Bref la conversation a repris. «  Je t’ai déjà vu au Filles de Paris » / « Ah oui, je me souviens »/ « C’était chaud, tu dansais et t’as rendu complètement dingue Martine »/ « Martine ? Ah oui je me souviens, un garçon so charming a partagé un raille de c dans les chiottes avec moi, après j’étais sur des ressorts, et avec Martine, c’était dingue c’est vrai. ». / Sur ce, elle m’a donné une invitation pour une soirée au 3ème lieu que j’ai perdue dans le chaos qui a suivi./

Et Chill O m’a surpris, comme toujours, dans mes rêveries de promeneur solitaire, au milieu de la foule en liesseCuco-1

Le chaos, c’est qu’une partie du dancefloor s’est lancé à l’assaut de la scène, des dizaines de filles et quelques garçons sont véritablement partis à l’abordage. A deux reprises, la scène a été envahie pour fêter la Noce. Qu’on se le dise, le mariage gay et lesbien, ça ne se fêtera jamais ailleurs que sur scène, même quand tous les maires seront obligés de célébrer les mariages dans n’importe quel petit village de France, il y aura toujours après la mairie des mariées nues ou en latex, dansant sur des dancefloors roses. Bref, j’ai touché pour la première fois le cul de Sally, pas par concupiscence, mais pour l’aider à monter sur la scène, parce qu’elle allait tomber, et puis après, on m’a aidé aussi, parce que le plateau de la Machine est trop haut pour pouvoir l’enjamber facilement. Louise De Ville se mariait, mais bien d’autres aussi, derrière, à côté, ou en dessous, sur le dancefloor. Par chance, vous pouvez découvrir une petite vidéo pirate de Aifol Raster, que je remercie au passage, pour me l’avoir envoyée

Je ne sais pas si c’était l’effet grisant du mix de Chloé, ou si c’est parce qu’on le prenait pour Anne lorençin, ou parce qu’il a pris du poppers avec un couple de lesbiennes vraiment charmant et so sexy – déjà croisé là-haut sur le promontoire – une sicilienne + un baby Shanon Funchess – ou si c’est parce qu’il se passait quelque chose de spécial – sorte de contamination rue/dancefloor – toujours est-il que Cuco a passé une merveilleuse soirée. Oui, redire que la fête des Barbieturix était belle, le set de Chloé incroyable, et enfin, qu’un dancefloor, aussi festif et communautaire soit-il, peut être parfois subversif, ou du moins, encourager à l’être, ailleurs, en criant par exemple dès maintenant et dès qu’on peut :

PATRIARCHAL LIFE, YOU ARE OUT OF DATE !

Oui oui oui / 3ème épisode/ Militer en latex au Rex

Le mariage trans-pd-gouine, c’est une lutte de terrain, des droits à conquérir pieds à pieds, en tenant la dragée haute aux ennemis dans la rue, les familles, sur les places publiques, mais aussi sur les dancefloor…. Cuco s’est rendu au Rex dans la nuit du 17 décembre, pour mener une petite action pirate. Cuco s’est promené avec une affiche, tout en dansant aux rythmes de Magda. Bien sûr, il y avait les pds, les trans, et les gouines, parfois des têtes connues, qui m’ont encouragé, soit en me lançant des baisers, soit en me posant la main sur l’épaule. Mais il y avait aussi tous les ignorants qui n’étaient pas au courant que ce dimanche là n’avait pas été un dimanche comme les autres, que c’était, pour la liberté des moeurs, un jour historique, qu’une page de l’histoire des homosexuels en France s’était écrite à 200000 mains, et que cette bataille avait même croisé celle des sans papiers. Ceux là qui ignoraient tout s’arrêtaient, ils s’arrêtaient et lisaient l’affiche, au rythme intermittent des lumières de la boule à facette. Et puis c’est devenu une attraction, tout le monde photographiait. Un hétéro a voulu absolument prendre l’affiche en disant qu’il était pour l’égalité des droits et qu’il voulait danser avec et pour ça, avec sa copine. De la cabine où officiait Magda, des gens me prenaient en photo, puis, des molosses ont débarqué une première fois  pour me demander ce qui était écrit sur l’affiche, après l’avoir lue ils ont décrété (tout ça au rythme de Magda) : « pas de ça ici, on ne fait pas de politique ici. » Cuco a provisoirement renoncé, s’est promené et a dansé, avant de la ressortir un peu plus tard. Le set de Magda était exceptionnel, je l’avais déjà écouté et regardé en février au Show Case, elle semble toujours très concentrée, et son endurance, comme la densité de ses sets amène l’auditeur et le danseur, même sans drogue, à de vrais états de transe. Cuco a aimé danser avec une fille croisée il y a quelques mois à la Grande Halle de la Villette, dont il ignore le nom, et puis aussi avec Tatou, le beau et adorable Tatou, qui m’a dit que le Rex était sa maison et qui m’a envoyée ces photos, l’une de nous deux, l’autre, du piratage, avec l’affiche déchirée sur fond de strillage vidéo du Rex.

Le Oui oui oui retentit encore, on voit sur l’autre photo, malgré de beaux témoignages d’amour en live, et malgré les rythmes énergisants de MAGDA, que ce petit piratage militant était éreintant

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Une nuit échevelée au batofar

Après la Before cheveux au Quai Branly, la soirée échevelée au Batofar, où avait lieu la soirée CurryWurst organisée par le Fox Parisian Crew « un collectif réunissant différents artistes, djs, photographes, graphistes, qui a pour but d’organiser des événements musicaux ouverts à tous dans une ambiance électro décontractée ».

Aux commandes l’autre nuit : Ray Okpara, Kris, Axelle lavaivre-Roch et Fred de Clerc.

Le batofar, c’est un monde. Un microcosme ? avec la vie dans les cales, la vie sur le pont, la vie dans la remise, ou backstage. Lors des Currywurst, passée une certaine heure, règne dans ce bateau une atmosphère endiablée et réjouissante, peut-être parce que la musique est bonne, parce que l’équipe de la Fox est extra, celle du Batofar, adorable, ou peut-être que c’est à cause du beau navire ?

Comme Elodie Benguettat a fait de jolies photos, voici un petit roman photos

Cuco a aimé rencontrer  Julia Palmieri, sa curiosité intense et son regard pénétrant

Cuco a aimé danser avec Sally et Atef Abidi, revêtus de leurs plus beaux atours cette nuit là

Cuco était heureux de voir arriver Hélène Jennox, Olivia Van Der Vinck, et Géraldine Atger. A ce moment là, je dansais sur scène, ivre de joie et de cheveux, ce qui a beaucoup plu à Olivia, car elle a dit toute la soirée « Cuco in the forest » avec un grand sourire

Cuco était heureux de retrouver Caroline De Bonton sur le dancefloor, là il n’y a pas de photo, mais le souvenir d’un doux baiser

Cuco a aimé discuter avec Léa Le, l’occasion de lui dire de nouveau que j’aime ses dessins, dont j’apprécie le minimalisme, cette façon de mélanger le texte et de dessin, avec cette graphie particulière, comme celui-ci

C’est dans la remise du batofar, qu’ont lieu parfois les conversations décisives. Sally a repris son thème préféré : le sexe. Cette fois pour faire l’apologie du fist et de l’Autre Jouissance. C’est si bon, et si fort, que c’est comme voir la Vierge Marie. La vierge Marie ? ont repris en fanfare les autres filles qui étaient là, parmi lesquelles Alice et Julia Palmieri. Sally la mystique ! Léa Le a dit qu’en effet une fois elle avait vu Sally se faire fister, « mais moi, ça ne me tente pas du tout » a-t-elle précisé. Sinon, Sally m’a fait une jolie proposition que j’ai acceptée, qui n’a rien à voir avec le sujet précédent, ni avec l’actualité politique brûlante, je vous donnerai des nouvelles prochainement.

Cuco a aimé parler  longuement en espagnol avec Fred De Clerc, même si son débit était un peu fou, alors c’était parfois difficile à suivre, la conversation était elle aussi d’une tonalité mystique, et presque initiatique.

Cuco était heureux de retrouver la belle Hélène Jennox. Pas de photos cette fois, parce qu’il s’agit de son. Je ne sais pas si c’est à cause de la remise / backstage, ou de l’heure tardive, mais elle semblait émue par mes cheveux végétaux. Hélène me parlait du bruit qu’ils faisaient sur mon corps de latex, sons que je n’avais pas entendus avant qu’elle ne m’en parle, c’était presque érotique (un érotisme très queer, très c2 x 2). Bref, j’ai maintenant envie d’avoir tout le temps des cheveux végétaux, je vais devoir en discuter avec Paolo Ferreira.

Last but not least, Cuco était heureux de finir sur le pont avec Géraldine Atger, moment d’ivresse matinal immortalisé par le téléphone portable d’Amalia Grandi

MKR. Juste avant la fin du monde

Le nouveau numéro de MKR est sorti…juste avant la fin du monde…

Erik Raynal, le rédacteur en chef de la revue, m’a invité il y a quelque semaines à écrire un manifesto sur la question de la fin du monde et de la cruauté.

Comme le sujet était excitant, et comme Cuco n’existe que dans la relation, sans intention de produire d’oeuvre en dehors de ce qui s’invente dans les situations, les expériences, ou les propositions de participation qu’il traverse,  j’ai accepté d’écrire, ça donne Le manifeste eschatologique, juste avant la fin du monde.(p.8/9)

Cuco est très heureux de faire partie de cette aventure et de vous faire partager cette lecture de http://issuu.com/mkrmagazine/docs/issue-02/c/sp0jal5

 

Before cheveux au Musée du Quai Branly

Cuco s’est rendu au Quai Branly pour la before cheveux le vendredi 9 novembre,  il a croisé Esmé Sous-entendue dans les escaliers, en a déduit qu’il avait manqué le show des Travlators, mais plus tard, il  a retrouvé Nue Elle Nahr Sade, Clara Pacotte et Dora Diamant sur le dancefloor désert, où ils ont dansé un petit peu ensemble. Malheureusement, la musique s’est arrêtée avant que Cuco n’ait eu le temps de s’accrocher aux longues et fantastiques nattes de Dora Diamant. Ce qui est joli avec ces nattes, c’est qu’elle s’en sert gracieusement, comme une petite fille d’une corde à sauter.

Dans la file d’attente, j’ai rencontré Taz, une styliste anglaise installée à Paris depuis 2 ans, qui, immédiatement, a été très à l’aise avec moi. Taz me parlait comme si tout était absolument normal, elle m’a simplement demandé si j’étais habillé comme ça parce que je faisais quelque chose ce soir, ou juste parce que ça me plaisait. Taz pensait que j’existais tout le temps, le matin, la nuit, le jour, bref, que j’existais comme tout le monde, dans une continuité temporelle ordinaire. Elle était déçue et même surprise qu’il n’en soit pas ainsi. Quand je lui ai expliqué que j’étais un agent double, elle s’est demandée si elle était vraiment chanceuse de m’avoir rencontré, car  peut-être que l’autre personne était formidable et valait plus la peine d’être connue que Cuco. Ni moi ni elle n’auront jamais la réponse.

Comme je n’avais pas encore compris que l’exposition avait lieu au 2ème étage, j’ai erré longtemps dans le hall où il y avait des animations, dont un atelier d’essayage de perruques ou de coiffes extravagantes, plus loin, Paolo Ferreira, le styliste des cheveux  et son équipe, transfiguraient les personnes ordinaires avec leurs créations végétales extraordinaires. Je n’avais à priori pas l’intention de me faire coiffer, étant donnée ma constitution, mais quand il m’a vu, Paolo a voulu tout de suite s’occuper de moi. Il a regardé ce qui conviendrait, a hésité un peu, puis nous avons choisi ensemble une sculpture végétale volumineuse dans un style échevelé, avec une tonalité verticale. Pour la première fois, Cuco était chevelu. Merci Paolo Fereira.

Je me suis assis comme chez le coiffeur, j’avais une voisine stressée, qui, en découvrant ce que le styliste lui avait mis sur la tête – sorte de petite architecture végétale discrète mais avec une grosse fleur – a décrété que ce n’était pas portable, ça. Il lui a répondu : « Vous avez vu ce que vous avez à côté de vous ? ». Là elle m’a vu, et elle s’est tue.

Après, j’ai rencontré Farid du Fox Crew qui m’a indiqué qu’il y avait bien une exposition là-haut, alors je suis monté à l’étage, apparemment j’ai pris l’exposition dans le mauvais sens et ai commencé par la fin, me suis retrouvé déambulant au milieu de parures, de trophées, de scalpels, de masques et autres talismans aux fonctions magiques ou sacrées. Comme des objets transitionnels, certaines créations avaient une charge poétique et énergétique puissante. Force est de constater que Cuco n’était qu’une sorte de prolongement naturel, présent et vivant, de tout ce qui était exposé dans les vitrines, et peut-être grâce à cette coupe de cheveux, je ne me sentais pas incongru du tout.

Un inconnu m’a photographié et m’a envoyé la photo, trace d’une rencontre et d’une action improvisée et partagée avec Paolo Ferreira. Tout comme sa sculpture végétale, ma présence est éphémère. Cuco aime participer à ce mouvement des invisibles qui perturbe le processus de muséalisation généralisé.

A la fin de l’exposition, un homme est venu me parler et m’a demandé si j’étais nu là-dessous. J’ai répondu que oui bien sûr, puis j’ai quitté le Musée, marché dans les rues, traversé le pont de l’Alma, il faisait déjà bien nuit, quelques voitures ralentissaient quand les phares m’éclairaient.  Me suis engouffré dans la première rame de métro, deux petite filles sont venues me voir, elles souriaient timidement, n’osant même pas me parler, elles ont demandé à leur maman pourquoi je faisais ça, je crois qu’elle a répondu que je faisais ça pour m’amuser.

La soirée ne s’est pas arrêtée là, puisque c’était une before, Cuco écrira bientôt la suite de ses aventures échevelées…

Cuco biche cocotte and diaper lover’s wrestling

 Mon premier est parfois noir

Mon second est un animal sauvage et doux

( devinette de Cuco à Chill O.)

Biche parmi les biches,  Cuco a aimé s’aventurer dans ce pays bondissant et gracieux des biches, qu’on surnomme aussi dans les campagnes les culs blanc, justement  à cause de leurs jolis culs blancs que l’on peut apercevoir lorsqu’elles courent, puisqu’elles lèvent alors gracieusement la queue, en même temps que les deux pattes arrière, et ceci expliquant peut-être cela, Cuco a surtout retrouvé ses amours trans pds queer à cette Trou aux biches, soirée qu’il voulait découvrir depuis l’hiver dernier, attiré par son doux nom…En plus, l’édition du 6 octobre c’était la trou porte bonheur.

Cuco s’est engouffré dans le trou aux biches qui était chaud bouillant. Il a croisé Olie Keine avec laquelle il a aimé danser, il a aussi aperçu une cold team devenue familière, formée de Dustin Muchuwitz, Gaultier Pinard, Ben Depinoy, et Alice Davallan. Sinon, ses amours pds étaient presque tous là, alors c’était vraiment la fête. D’abord, il a retrouvé un garçon avec lequel il avait aimé danser une autre nuit, Cuco sait maintenant que ce garçon qui s’envolait pour Londres à l’aube avec lequel il aime danser le filme sans qu’il s’en soit jamais aperçu, et surtout, qu’il s’appelle Mikael Knafo Jobs. Après, Cuco a retrouvé Clément Giraud, son fiancé de la flash Cocotte de juillet – leur baiser de fiançaille a été immortalisé par Yvette Eliaz – alors bien sûr, ce n’était que joie et bonheur de se retrouver, ils se sont vus si peu finalement depuis leurs fiançailles. 

Cuco a revu Valentin-Jordan Watrelot qui lui dit toutes les fois qu’ils se croisent qu’il est sûr que Cuco oublie comment il s’appelle, eh bien non cher Valentin, voici la preuve, je me souviens de toi comme de ton charme espiègle et de l’air enfantin que tu as sur le visage

Enfin, dans un recoin de La Java, un garçon a surgi en lui sautant presque dans les bras, mais comme il faisait plus sombre, Cuco ne l’a pas reconnu tout de suite, ça a été alors presque une déclaration d’amour, c’était le beau Joseph Ecorchard Le-Cerf.  Malheureusement, le bonheur qu’ils ont goûté a été éphémère, ils ont manqué plusieurs rdvs depuis ; d’abord, dans une de ses photos postées sur son tumblr, dont Cuco apprécie beaucoup la froide et abstraite élégance, Cuco a compris qu’il était invité à dîner, ou du moins, attendu à dîner, sans que l’invitation ne soit complètement officielle ni même explicite, invitation que Joseph a confirmée, en omettant cependant de lui envoyer l’adresse. La table était pourtant bien dressée au goût de Cuco.


Puis, Cuco a découvert sa citation qu’il n’a pas aimée « If somebody ever asks you to do something, do it really bad so you never have to do it again. »  ça lui a rappellé leur rdv manqué et une mauvaise volonté caractéristique de l’adolescent. Enfin, quelques jours plus tard, Joseph l’a presque invité à venir le retrouver à la Flash Cocotte où ils s’étaient retrouvés sous la pluie, Cuco lui a dit To dance in the rain with Joseph it’s a kind of beautiful dream, Joseph a répondu Here comes the rain again, falling on my head like a memory. Cuco est arrivé à 4 heures du matin, Joseph venait juste de partir .

Biche Cuco s’est donc transformé en cocotte, le 13 octobre, et il faisait chaud à cette heure tardive, Cuco était heureux d’arriver pour la fin du mix d’Anne Claire, car c’était bien joyeux sur le dancefloor. Il y avait là un petit groupe aimé, quelques Barbies, accompagnées de Marie Million, Julia Giardino, azf, Naila,  Julia Tyrannia, Jasmin de Nimbocatin, la plupart avaient des tatoos, soit sur la figure, soit sur le corps, qu’apparemment elles n’arrivent plus à enlever depuis, ce qui, bien sûr, est embêtant, Cuco a croisé aussi Lucie Keiser qui est partie à Mexico, Erik Raynal qui prépare un numéro néo punk de Merkure sur le thème du No Future, Quentin Sommier qui revenait de Lille, Charly Nelly-Adam qui portait, comme annoncé sur facebook, un harnais, qui la rendait encore plus sexy, et aussi Dora-Diamand, Yasmina Cheveux, Fayçal Noah, Stéphane Von Brach, Mo Liz, Sally Zemour, Thomas Campagne, Esmée Sous Entendue, Ben Depinoy et Numéro 6, qui a pris ensuite les commandes. L’atmosphère était vraiment très love, sûrement à cause de la poudre de MD qui tombait continument depuis minuit comme une averse de neige sur l’Avenue des Champs Elysées. C’était incroyable, on en parlait à la radio, mais personne ne voulait y croire, quand Cuco est arrivé, il régnait dans le quartier une étrange atmosphère, même les policiers faisaient tout pour arranger les choses, ils acceptaient qu’on se gare vraiment n’importe tout, et bien sûr, l’espace Pierre Cardin n’a pas échappé à ces effluves enivrantes. Tout le monde semblait avoir envie de s’embrasser, évidemment, Sally Zemour aussi, plus que jamais en fait. Leurs retrouvailles étaient belles, Sally était comme à son habitude très sexy, avec une jolie parure sur sa poitrine nue, peut-être est-ce à cause de l’ivresse ou de l’heure tardive, mais elle s’est égarée dans des explications confuses au sujet de son cadeau d’anniversaire, jeu dont elle ne sait finalement que faire.  Qu’est-ce qui nous réunit ? Tu as dit la nuit, mais depuis nous avons découvert que l’île et la ville nous réunissaient. Isola.

Dehors, Cuco a eu la joie de tomber sur Chill O, qui lui a offert une cigarette, puis, sur le dancefloor, OVDV lui a dit dis-donc c’est à cette heure là que tu arrives ? En même temps, l’heure tardive semblait la bonne.

Cuco a aimé revoir et danser avec Céline Caillault aux béquilles qui ne l’empêchaient pas de danser. Cuco était d’accord avec Géraldine Atger, pour dire qu’avec ses béquilles elle était encore plus mignonne, Cuco se demande si ce n’était pas quand même une  perversité commune qui leur a fait penser et dire ça toutes les deux presque en même temps. Et puis quand Cuco voit quels jeux de rôle G Atger aime endosser, ça ne l’étonne pas. Dans la photo ci-dessous, lors d’une lutte, wrestling, elle s’apprête à empoigner la couche-culotte d’une fille.  

Géraldine Atger dans le rôle d’une diaper lover ! DL, à ne pas confondre avec les Adult baby, AB. Certains AB/DL se mettent dans le rôle du bébé et veulent des câlins de leur maman, tandis que d’autres DL veulent une relation sexuelle, dans le rôle de l’adulte, même en portant une couche. On peut d’ailleurs se demander si ce ne sont pas les mamans atteintes de baby blues qui ont inventé ce fétichisme. Cuco lit que la principale différence c’est qu’avec les AB, c’est le bébé qui met les couches tandis qu’avec les DL, ce sont les deux. Le terme DL peut aussi inclure les individus qui ont une attirance sexuelle pour le caoutchouc, le plastique ou les sous-vêtements imperméables, ce qui explique peut-être pourquoi Cuco et GA s’entendent bien. Bon, à quand la lutte queer anglaise importée à Paris Géraldine Atger? A quand une soirée de diaper lover’s wrestling à Paris ? Hélène Jennox a hâte, elle s’est déjà inscrite sur la liste des prétendantes. Léonie Pernet aussi, mais comme elle vit depuis hier à NYC, il faudra ajuster les agendas.

Dada est loin du bel aujourd’hui, dady aussi avec toutes ces histoires d’adult baby, et  l’humour, comme le bon sens, n’est toujours pas la chose du monde la mieux partagée, Cuco  doit donc dissiper quelques doutes et redire qu’il importe de distinguer fétichisme et actions performatives qui empruntent ponctuellement aux codes vestimentaires fétichistes. Bref, contrairement aux apparences, contrairement à Cuco qui est Cuca et vice et versa, et à la différence des drag king et des drag queens qui sont ce qu’ils sont au-delà d’un simple travestissement, dans ces luttes, G.Atger n’est pas une diaper lover, pas plus que les autres filles ne sont de vraies AB ni de vraies DL, et le propos ne semble pas non plus qu’elles le deviennent, il ne s’agit là que d’un jeu de rôle burlesque. Désolée pour les vrais AB qui l’ont cru, mais vous vous en doutiez sans doute un petit peu, non ? L’important est de jouer sérieusement, même dans le burlesque. D’ailleurs, à la suite de ce post, j’ai reçu une photo d’une personne de Guadalajara me demandant s’il s’agissait de moi parce que son enfant rêvait de rencontrer Cuca Cuco…. Cuco Cuca découvre qu’il a un homonyme AB mexicain inversé, puisqu’il fait prévaloir le féminin, ce qui sans doute le prédestinait à rencontrer un jour les AB comme les DP

Gender queer and lesbians performances à La Machine du Moulin Rouge

Ces deux dernières semaines tout s’est passé à Pigalle pour Cuco, en particulier à la Machine du Moulin Rouge. Mila Aragon a proposé à Cuco de venir  le samedi 22 septembre à la Machine pour « foutre le bordel sur scène »  à l’occasion du mix de Guido Minisky pour le Nouvel An belge. Cuco est arrivé à 2h30 à l’entrée, Mila était déjà là, avec Johanna De Pute, Guido Minisky, Alice Davallan, et Sally qui a annoncé à Cuco qu’elle avait ouvert une première enveloppe anniversaire et qu’elle avait trouvé dedans un billet coloré avec la question suivante: qu’est-ce qui nous réunit ?  La règle du jeu anniversaire de Cuco consiste à proposer à SZ d’inventer  une réponse sous forme d’action ou de proposition. Cette soirée, où elles n’étaient pas censées se retrouver, constituait déjà en soi une forme de réponse, mais Sally a glissé à l’oreille de Cuco qu’il avait intérêt à être réceptif, car elle avait quelques idées de réponses.

Cuco a accompagné ce petit groupe dans les loges, avec Crame en plus, où un certain chaos éthylique régnait, normal vue l’heure avancée et la foule présente. Il a assisté  à la préparation de Mila Aragon, véritable opération de travestissement, et a pu mesurer une nouvelle fois toute la proximité qu’il a avec le monde du show, mais aussi tout l’écart qui l’en sépare. Mila Aragon et Sally sont bien sûr du côté du show sexy. Toutes les fois qu’elles dansent, elles jouent des codes érotiques hétéronomés, et, telles des drag queens, surlignent les signes et surjouent les codes de la féminité.

Un nuit, alors qu’il regardait des danseuses de pole dance au club Les filles de Paris, Cuco s’était dit alors qu’il n’était pas touché par ce genre de performance, parce qu’il voyait trop la mécanique des corps, la stéréotypie instrumentale des gestes et dans le regard de ces filles qui le faisaient, comme certaines actrices pornos, une absence à elle-même. Cuco avait constaté que ce soir là en tous cas, ça ne marchait vraiment qu’avec les hommes hétérosexuels. `

La question et la nature de la subversion  se déplace évidemment en fonction de l’historicité des codes de représentation. Dans le cas de Mila et de Sally, lesbiennes lipstick  ultra fem, ça pose autrement la question, et puis elles diffèrent dans leur style. Mila Aragon, avec son corps magnifiquement tatoué, opère une transmutation qui défait le pur côté fem. Même s’il ne suffit pas de l’écrire pour y être ou en être, elle arbore un tatoo textuel QUEER sur le ventre, dans son cas cet acte tautologique fonctionne. Quant à Sally Zemour, elle surjoue la jeune femme libérée et endosse volontiers le rôle de la bitch ingénue ou de la nympho montrant systématiquement ses seins, ou mimant une fellation, comme justement ce soir là, avec un garçon et une bouteille en plastique, élevant le show à la dimension parodique. En tous cas, Cuco a aimé danser avec ces deux faux queens d’un « genre » différent, mais aussi avec Crame, Johana Depute, Alice Davallan, Guido Minisky, et à la fin – car son set s’est terminé avec une foule sur scène – avec Flowinbxl, Hassiba Hazizi, Julia Tyrannia, et Jasmin De Nimbocatin qui a enfilé les chaussures rouges à talons aiguilles de Mila Aragon, la même Mila qui a envoyé à Cuco cette jolie photo qu’elle a intitulée Apparition

Pict by Mila, Machine du Moulin Rouge

Pour ce nouvel an belge, Cuco a rencontré une belge avec laquelle il a poursuivi sa dérive nocturne aux Folies Pigalle, où elles ont dansé jusque tard le matin, au milieu d’une assemblée queer majoritairement constituée de gouines, de pds, de trans, de travs, et de putes. Qu’on se le dise, il n’y a donc pas que NY, Berlin ou Londre pour offrir une vraie scène queer et des backrooms lesbiens.  Cuco a aimé aussi re-croiser Chärly-Nelly Adäms, dansant dans toute sa blonde splendeur sur le dancefloor des Folies Pigalle qui a inscrit sur son profil facebook une devise que Cuco a faite complètement sienne depuis sa naissance : « Oh la nuit c’est mon monde, c’est la nuit qui est flatteuse, dans la nuit, pas de contrôle, je vis dans la forêt de mon rêve, je vis parmi les créatures de la nuit, je dois croire en quelque chose, alors je me persuade de croire que la nuit ne finira jamais ».

An other crazy-and-unlimited-night-with-many-crazy-girls-and-boys c’était la WET FOR ME organisée par la super team des Barbieturix le samedi 29 septembre, nuit de pleine lune. Avec Léonie Pernet, elles sont tombées directement sur G.Atger qui revenait d’Angleterre, c’était festif, puis Cuco a croisé Ragnhild Lafon, djette et créatrice des Barbieturix, dragkinguée et très sexy avec son petit short noir, qui lui a dit qu’elle était la veille au concert de Breton et qu’elle l’avait vu dans un film. Cuco était surpris et heureux d’apprendre que les images filmées en mai étaient déjà utilisées, cette rencontre avec Roman Rappak est une jolie histoire de lune aussi, un jour il m’a dit qu’il voulait me filmer, on s’était vu une fois chez Moune, j’ai dit d’accord faisons une dérive et Roman a demandé : What does it mean a derive ? Le récit de cette virée dans un post de juin what-does-mean-a-derive.

Cuco a passé une merveilleuse soirée et a aimé danser jusqu’à l’aube aux rythmes de  Dinky, de Lady Jane, et de Ragnhild Lafon, avec un garçon vu à la Flash, mais dont il a oublié le nom, avec Thomas De Campagne, Chill O, Hélène Jennox, Céline Caillault, Julia Tyrannia, Olivia Van Der Vinck, Marie Millon, Géraldine Atger, Olivia Haine, Marie Macabre, Jasmin de Nimbocatin, Lubna Lubitsch, Hassiba Azizi, Marie Million, qui avait ce soir là un incroyable look de chevalière queer et un amour anglais en bandoulière

De nouveau, la question transgenre a surgi avec toutes ces lesbiennes butch ou autres dragkings travestis en femmes présentes à la soirée. Ainsi Jasmin de Nimbocatin, titillée depuis la semaine dernière par l’emprunt des chaussures à talons de Mila, habituellement dragkinguée, s’est dragqueenée. Cuco, dont l’adage premier est « Cuco is Cuca et vice et versa » n’a pu qu’apprécier ce redoublement créateur qui signe l’artificialité définitive de l’inscription genrée, mais aussi manifeste sa libre fluctuation, dans ces inscriptions polymorphiques.

Cuco a passé du temps dans le backstage en très bonne compagnie dans une atmosphère digne d’une Wet For Me avec pleine lune

C’était l’aube, personne ne voulait rentrer, alors un grand troupeau s’est mis en mouvement pour une improbable street after Wet For Me.  » Quand on pense que les gens croient qu’ils peuvent dormir avec les barbieturix, ils se trompent » c’est une phrase prononcée dans le dernier film d’Alain Resnais, Vous n’avez encore rien vu.

D’ailleurs, il y a une belle série de photographies de la soirée par Chill O ici : WFM_29_09_12, qui a réalisé, comme toujours, un portrait de Cuco très juste

I was dreaming in my dreaming

Ce vendredi 14 septembre, Cuco a été accueilli à l’entrée du Batofar par Léonie Pernet, pour un 2ème épisode de la CurryWurst, et est arrivé juste à la fin du battle d’Axelle Lavaivre-Roch et de Fred De Clerc. L’atmosphère était chaude et bonne, et sur scène, Atef Abidi dansait, d’ailleurs il a dansé presque tout le temps, comme si on lui avait jeté un sort et qu’il s’était transformé cette nuit en un espiègle et increvable chat danseur. A moins que le sort ne se résume à l’ingurgitation de quelques grammes de c ?  Le mystère restera intact.

Cuco a rencontré sur le pont l’adorable team des Barbieturix et a parlé avec Lubna Lubitch qui portait un joli et étrange bijou triangulaire, Cuco ne sait pas pourquoi ce motif lui a tant plu. Lubna lui a dit qu’elle avait rêvé de Cuco. Elle allait à une soirée, j’en sortais, et je l’accostais pour me plaindre de l’atmosphère que je trouvais décevante, je ne portais pas de masque, et Lubna trouvait cela parfaitement normal. Cuco a oublié de lui demander à quoi ressemblait Cuco démasqué et qu’elle trouvait normal de rencontrer. Mais en même temps, elle lui a donné une piste, en disant qu’elle avait émis l’hypothèse que ce rêve parle d’elle et de son désir d’enlever tout rôle ou représentation sociale.

En écho, Cuco se souvient du rêve de Marie Million qu’elle lui a envoyé, dans lequel, je reprends son récit « ils étaient dans une sorte de workshop, où elle lui expliquait que la meilleure façon de laisser la liberté nécessaire à son personnage était de le considérer sur le registre de l’amitié -donc celui de la tolérance, de l’empathie, du respect – et qu’au contraire, le registre de la passion lui était néfaste à cause de la volonté de pouvoir et de possession qui lui est propre. Et à la manière des rêves qui se moquent de la logique, Cuco Cuca était à la fois démasquée et masquée, son costume était entièrement blanc, et d’ailleurs Marie lui faisait remarquer que c’était une bonne idée, par rapport à ce workshop mystérieux ».

Puis Cuco a dit à Lubna que ça lui faisait penser à un autre rêve qu’il avait fait après la Wet For Me du mois de mars. Il y avait une after Wet For Me chez lui et l’ambiance était dingue, Myako mixait, c’était heureux, et puis à la fin, Cuco se rendait compte que chez lui, en fait, c’était à NYC. C’est sans doute à cause de la discussion qu’il avait eue avec Chill O sur le dancefloor juste avant qu’elle ne parte pour NYC, Cuco lui racontait que du bateau qui part du Sud de Manhattan pour Staten Island, lorsqu’il s’éloigne lentement du rivage, il aimait voir  la ville peu à peu devenir comme une maquette.

Lubna a dit à Cuco qu’il était une espèce d’héroïne, et Cuco lui a répondu que ce sont toutes les personnes que Cuco rencontre et qu’il intègre dans son récit qui deviennent des héros ou héroïnes. Il y a peu à peu des épisodes, des personnages récurrents, des conversations qui se prolongent, des liens qui se tissent, des rencontres qui s’incarnent, et si depuis longtemps Cuco a fait sienne la formule la vie est un roman, c’est de plus en plus, à présent, pour l’inverser. Une des figures récurrentes, c’est Sally, qu’il a retrouvée dansant nue sur scène, quand il est redescendu dans les cales du bateau. Mais ce qu’il a préféré, c’est de voir les coulisses rock’n roll de Sally, qui, après s’être effeuillée, se rhabillait, allongée par terre, derrière la table de mix. Cuco est souvent surpris par Sally. D’abord par son âge. Cuco a appris que Sally n’a pas encore 18 ans et qu’elle a couché cette année avec 60 filles. Et l’année n’est pas finie. Sally fait croire depuis plusieurs années quelle a 18 ans ou qu’elle va les avoir. Dans le backstage, il règnait une atmosphère décadente et joyeuse, et Cuco était heureux de retrouver Axelle, Hélène, Jasmin,  et de rencontrer Fred C, Léonard Collignon, Julia Palmiéri, un artiste qui faisait des installations de fluos sur un des ponts non loin du Batofar, et Sally, qui a exhibé ses nouvelles chaussures fétiches SM, en disant à Cuco qu’elle les avait achetées en pensant à lui, en pensant qu’elles lui plairaient, ce qui était mignon, et ce qui n’est pas faux. Puis elle a proposé à Léonie Pernet qu’elles recouchent ensemble avant qu’elle ne parte à NY, et dit à Léonie que depuis la dernière fois, elle s’était beaucoup améliorée. Quand tu m’as rencontrée, tu m’as dit j’en ai rien à foutre de ton cul, ce qui m’intéresse, c’est ta tête, puis après, tu m’as dit que ma tête ne t’intéressait pas non plus. C’est ce que Sally a dit à Léonie. Un peu plus tard, Sally a fait pipi dans un pot puis en a proposé à Léonie et à Cuco, qui ont décliné l’invitation. Par contre, il semblerait qu’à l’aube, complètement assoiffées, Marie Million et Hassiba Azzizi aient goûté de ce breuvage intime, et sûrement exquis, pensant que dans ce pot, c’était de l’eau. Cuco se dit qu’elle a sans doute fait ça pour exemplifier la théorie qu’elle venait à peine d’esquisser, sur le voyeurisme de Cuco et l’exhibitionnisme de Sally, hypothèse que Cuco rebaptiserait la théorie de l’envers et de l’endroit. Sally pense qu’elle est comme Cuco, mais dans un pôle contraire, elle s’inscrivant dans l’ultra visible. Sally veut d’ailleurs avoir comme Cuco une combinaison de latex, sauf que la sienne sera transparente. Ce n’est pas faux que Cuco a plutôt choisi la stratégie pirate de l’invisibilité. Last but not least, Sally a invité Cuco à son anniversaire car elle veut le présenter à ses parents. Adorable Sally !

Cuco a aimé retrouver Chill O qui revenait d’un road-movie en Amérique avec Hélène Thomas, Olivia Haine et Marie Macabre, ainsi que d’un voyage à Berlin. Chill O a pris cette nuit de très belles photos, et Cuco aime le lien qu’il a avec elle, qui en passe toujours et depuis le début, par la représentation. Cuco apprécie ce détour, ce goût commun pour la forme, c’est pourquoi il aime aussi être son modèle, parce qu’il a l’impression qu’elles se comprennent, et que la photo est à chaque fois la matérialisation étrange d’une expérience commune et singulière. Sans doute parce que Chill, du fait qu’elle est photographe, accepte justement l’aventure de la rencontre dans le dénuement.

Cette nuit, Cuco a accompagné le set de Léonie Pernet, set qui ressemblait à un marathon inspiré et expérimental. Comme à son habitude, Léonie Pernet était impassible, elle a cette grâce d’une puissance fragile et d’une présence dense. Rien en elle ne s’est dissout dans l’expressivisme festif, elle s’est tenue là, devant nous et n’a rien lâché. Cuco a dansé à ses côtés, derrière elle, très longtemps et ébloui par le mur de néon, il est entré peu à peu en transe. Atef Abbidi, puis Sally l’ont rejoint, l’un après l’autre. La scène s’est remplie, l’atmosphère était folle, malheureusement « les forces de l’ordre » du lieu n’étaient pas très conciliantes et plusieurs personnes ont dû redescendre

Cuco a aimé danser en particulier avec Céline Caillault, Jasmin de Nimbocatin, Marie Millon, Hélène Salluste, Atef Abibi, Sally Zemour, et Thomas Campagne, de loin, aux rythmes du mix de Léonie Pernet. Il y avait aussi non loin, Alan Aaron, Julia Giardino, Julia Palmiéri, Alice Davallan

Tandis que le set interminable et hypnotique de Léonie Pernet s’étirait, Cuco a entrecoupé ses moments de danse de pauses contemplatives. Du petit Hublot, l’eau semblait toute proche, Cuco entendait le clapot de l’eau, juste en le regardant. Le jour se levait, une lumière dorée illuminait la surface de la Seine. Et ça n’arrêtait pas de danser, Jasmin de Nimbocatin était déchainée. Cuco a dansé encore, avec Chill O, Hélène Salluste et Fred de Clerc « el doble ».

Cuco est allé une dernière fois dans le backstage, où Marie Million, déchirée, tel un ange déchu, dormait allongée sur le banc, la tête reposant sur les genoux de la belle Hassiba Azizi qui lui caressait doucement le visage et les cheveux.

Cuco a discuté une dernière fois avec l’adorable Julie La Rule, programmatrice des soirées au Batofar, qui lui a remis une invitation pour une très prochaine soirée

Cuco est sorti du bateau, heureux de cette folle nuit, heureux de partir à pieds le long des quais avec Léonie Pernet, et de découvrir qu’elles marchaient ensemble sur l’allée Rimbaud, il a trouvé la coïncidence jolie, car la première fois qu’il est venu au Batofar, il avait justement pensé au poème Le bateau ivre.

Il faisait presque jour, en partant, Cuco aperçu un petit groupe assis au loin, il reconnu Sally et Thomas de Campagne, Chill O est venue lui dire au revoir, elle était radieuse. Et puis Cuco et Léonie sont parties en voiture. Comme c’était beau et étrange de traverser la ville à l’aube, avec ses boulevards vides, la ville, comme dans un rêve, était presque déserte. C’est la première fois que Cuco conduisait, en murmurant secrètement I was dreaming in my dreaming et puisque la réminiscence de cette nuit est placée tout entière sous le signe de NYC, du rêve, et de Rimbaud, j’ajouterais, Cuco murmurait I was dreaming in my dreaming en pensant à Patti Smith, quand elle lit Peaple have the power « LISTEN I believe everything we dream can come to pass through our union, we can turn the world around, we can turn the earth’s revolution, we have the power. People have the power … que je vous fais écouter

Ah les matins de Paris !

La Villette enchantée, ça a mal commencé, avec un videur agressif qui a demandé à Cuco d’enlever son masque, Cuco a refusé de s’exécuter, heureusement, Naïla Guiguet faisait une pause cigarette après son set, alors telle un elfe, elle lui a fait un signe de la main pour qu’il la rejoigne, et l’a sauvé des griffes de ce videur zélé. L’espace était bondé, le dancefloor pavé avait déjà été bien chauffé par AZF et Naïla, Teki Latex était aux commandes, et bien sûr, pour une shemale de latex comme Cuco, un nom pareil ça ne laisse pas indifférent.

A peine rentrée, un charmant garçon à la casquette est venu l’accueillir et lui faire presque des déclarations d’amour. A chaque sortie son ange, c’est ce que Cuco se dit souvent, et hier soir c’était Gaetan, dont l’enthousiasme n’a pas failli. Et les heureuses retrouvailles qui avaient commencé la veille au Klub à la soirée Bikini où mixait AZF, se sont poursuivies, d’abord avec quelques Barbieturix,  Olivia Van Der Vynckt, Lubna Lubitsch, Hélène Salluste. La rencontre était joyeuse, OVDV a dit à Cuco c’est incroyable, ça me sidère de constater comme les gens ont tous l’impression de te connaître, ça a fait réfléchir Cuco, il s’est dit que oui, ça posait vraiment la question de la connaissance de l’autre, mais peut-être dans le bon sens. Dépouillé de tous les attributs sociaux habituels, Cuco ouvre potentiellement pour lui et les autres une nouvelle possibilité de lien liée au présent et à l’inconnu, et c’est ainsi qu’il a trouvé une place dans le monde de la nuit, comme si elle l’attendait.

Cuco a rejoint le backstage et a revu ce garçon à la tenue monacale qui lui avait souri au 1979, il était ce jour là allongé sur la banquette, tandis que Cuco regardait le film Nos nuits sont plus belles que vos jours. Ils ont fait connaissance, il lui a dit qu’il s’appelait Thomas Campagne et lui a appris qu’il travaillait dans le stylisme, comme ils ont parlé du latex et lui a dit qu’il adorait travailler cette matière, alors Cuco s’est dit qu’un jour il lui commanderait un pantalon sur mesure.

Cuco était heureux de revoir Marie Million qu’il avait vue la veille danser en collant fluorescent d’une manière élastique aux rythmes d’AZF et qui avait cette nuit l’allure émouvante d’une ingénue transgenre portant un tee-shirt girly genre Martine à la campagne

Cuco a aimé danser avec OVDV aux rythmes de Teki latex qu’elles ont regardé ensemble. Teki Latex a une présence généreuse, absolument roborative, et arrive, chose rare, à mettre de l’humour dans un set. OVDV s’est alors lancée dans une classification ternaire des types de danse, mais arrivée au 2ème, elle avait oublié le troisième. Cuco se souvient seulement du 1er : les danseurs dauphins, qui prennent de l’espace et qui avec souplesse font de larges mouvements. OVDV bien sûr mimait en même temps qu’elle expliquait, c’est ça qui était bien. Puis une fille est arrivée pour demander si Cuco était un mec ou une meuf. A la question complexe de l’identité, la réponse d’une femme, même lesbienne, semble souvent se résumer à la version la plus naturaliste : avoir une chatte. That is the question a répondu Cuco. Et qu’est-ce qu’une femme ? OVDV a dit que Cuco posait la question et Cuco a répondu qu’il était plutôt une réponse. Sally Zemour est apparue, alors OVDV a dit elle aussi c’est une sacrée question, et Cuco a dit que non c’était plutôt une sacrée réponse. Finalement elles sont tombées d’accord.

Cuco a rencontré une illuminée qui voulait savoir pourquoi il se déguisait comme ça. Cuco a dit que ce n’était pas un déguisement. Son obsession était de savoir s’il était heureux, et surtout s’il était plus heureux comme ça. Cuco lui a répondu que la question du bonheur n’était pas une question pertinente pour lui ni pour l’expérience qu’il vivait. Elle a tenu encore à lui dire à quel point elle était heureuse, elle, toute cette volonté de bonheur lui a soudain donné la nausée

Plus tard, Cuco s’est assis auprès d’AZF qui elle, tout au contraire de l’illuminée, n’était pas ravie à cause de son premier set. Cuco lui a demandé comment elle savait si un set était bon ou moins bon, et elle ne savait pas vraiment dire, alors Cuco s’est dit que l’expérience et la condition du ou de la dj(ette)  rejoignait celle de l’acteur, pour lequel ce n’est jamais une question de pur savoir faire, à cause de la porosité scène salle, mais aussi de l’alchimie de la représentation, où la mystérieuse communion entre soi, la scène et le public n’advient que rarement. En tous cas, Cuco n’a pas vu le premier set, mais le deuxième était fantastique. C’est d’abord Parfait qui a pris les commandes, avec sa présence aussi tonique que légère, elle a vite entraîné la piste sur son rythme trépidant. Oui, il y a autour de Parfait Guiguet comme une aura de fantaisie terriblement énergisante, un style peps et efficace. Un groupe de lesbienne s’est agglutiné sur scène et c’était vraiment la fête avec Hassiba Azizi, Jasmin De Nimbocatin, Chloé Ditto, Juliana Giardino, Axelle Lavaivre-Roch, Hélène Salluste,  Julia Tyrannia, Sally Zemour. Et aussi Nelson d’Araujo au beau pull bleu. Non loin, il y avait aussi Eric Raynal de la revue Mercure, et Dora Diamand Doury.

Cuco a beaucoup ri en voyant Sally Zemour embrasser Hassiba Azizi, ou plutôt en voyant la mine inquiète et désemparée d’Hassiba Azizi après ce baiser lorsqu’elle a constaté qu’elle avait du rouge à lèvre jusqu’au nez, ça a rappelé à Cuco l’épisode de la Flash Cocotte, et elles ont bien ri avec Chloé Ditto

Puis AZF a pris les commandes et c’était bon. AZF a un style brut et cash que Cuco apprécie vraiment depuis qu’il connaît les Corps VS Machine et leur label « techno brute et minimale de gauche ». Il y a rarement de l’humour et de la légèreté dans ses sets, mais de la puissance, oui, avec parfois même une forme de brutalité, qui dans une veine punk, insuffle une énergie libératrice. Autour d’elle, ça s’est déchaîné avec les mêmes, et avec en plus quelques membres des Travlators fraîchement débarqués, ainsi que Thomas Campagne.

En tous cas, Cuco s’est complètement trompé, personne ne lui a demandé s’il se prenait pour une Pussy Riot, ni pourquoi il faisait du face kini à Paris quand il n’y a plus de soleil et que le vent se lève.  Sans grande envie de partir, mais comme il faut savoir finir et s’en aller au moment opportun, Cuco s’est arraché au dancefloor et a dit au revoir, puis il a regardé la fête de dehors, parce qu’à la Villette Enchantée il n’y a pas de mur mais des vitres et c’est ça qui est beau. Cuco a regardé AZF qui mettait encore le feu, avec les filles et les quelques garçons autour d’elle sur scène, il n’entendait plus rien, c’était presque l’aube, et comme dans la chanson, Cuco le cœur serré a soupiré Ah ! Les matins de Paris !….en hommage à Teki latex, à regarder jusqu’au bout, ça dure 3 minutes et demi

Face Kini à Paris ?

Cuco ne peut plus sortir.

Cuco est débordé par les actualités de l’été et ne sait pas comment répondre à toutes les sollicitations qui arrivent de tous les pays sur sa boîte mail, notamment de Russie et de Chine. Convié à participer à des vidéos, ou à signer des pétitions pour les Pussy Riots, même si ce n’est pas suffisant, il répond parfois qu’il l’a déjà fait le 6 avril dernier, en les surnommant les bérurières rouges.

Le plus troublant, c’est que lui arrivent depuis peu des messages de Chine, pour lui demander de soutenir les groupes de face-kini. Face-kini ? Non, ce n’est pas la version chinoise du cuni, ni d’une autre activité pornographique – comme par exemple l’éjaculation faciale des femmes fontaine lors d’un cuni – mais le nom d’une nouvelle pratique vestimentaire, oscillant entre l’hygiénique et l’esthétique.

Comme dans la France du XVIIIème siècle, et ce, jusqu’au XIXème siècle, la Chine voue un culte esthétique à la blancheur de la peau. Avant la démocratisation des vacances,  le teint hâlé était une caractéristique des prolétaires liée aux activités ouvrières ou agricoles en plein air, de laquelle les aristocrates et bourgeois voulaient évidemment se distinguer. Sur la plage de Qingdao, dans la province du Shandong, une tendance nouvelle est apparue chez les baigneurs qui craignent le bronzage : le « face-kini ». Ce nom, donné par les internautes chinois, désigne une cagoule en silicone trouée au niveau de  chaque orifice, qui permet de protéger le visage.

Avant ces actualités, on demandait systématiquement à Cuco s’il avait vu La piel que habito, ou Spiderman, ou encore Fantomas. Cuco connut aussi quelques jours difficiles en juin 2012 quand le dépeceur de Montréal était présent dans la Capitale. Il n’osa plus sortir de peur d’être pris pour Luka Rocco Magnotta, et de semer un vent de panique, auprès des personnes qu’il croisait.

En ces temps touristiques et idéologiques, Cuco n’ose plus sortir de peur qu’on lui demande s’il se prend pour une Pussy Riot, ou de crainte de croiser des groupes de chinois et chinoises qui s’empresseront de lui demander depuis combien de temps il fait du face-kini à Paris.